Pour Marc Gagnon, le moment était venu de rejoindre l'équipe nationale

Quintuple médaillé olympique, Marc Gagnon faisait partie du personnel d’entraîneurs du CRCE depuis 2010.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Quintuple médaillé olympique, Marc Gagnon faisait partie du personnel d’entraîneurs du CRCE depuis 2010.

Pour Marc Gagnon, l’offre de Sébastien Cros de venir l’assister au sein des équipes nationales de courte piste est venue au bon moment.

Cros, déjà entraîneur-chef par intérim, a obtenu le poste de façon officielle mardi de la part de Patinage de vitesse Canada. Du même souffle, la fédération a annoncé que Gagnon, quintuple médaillé olympique, l’y rejoignait à titre d’entraîneur adjoint.

Gagnon, de Chicoutimi, faisait partie du personnel d’entraîneurs du Centre régional canadien d’entraînement (CRCE) à Montréal depuis 2010. Depuis 2014, il en était l’entraîneur-chef.

Mais maintenant que sa famille a grandi, il aspirait à davantage.

« Le CRCE me convenait beaucoup, a-t-il admis au cours d’un généreux entretien avec La Presse canadienne. Partir deux ou trois semaines en Coupes du monde quatre ou cinq fois par an, ça me convenait moins.

« Par contre, je suis quand même un gars de haute performance et ça me fait vibrer. À travers les années, j’ai développé le désir très intense de voir mes athlètes performer. […] Je suis rendu au moment où je me dis que je peux peut-être faire la différence pour des gens qui sont très près de gagner une médaille olympique ou en Coupe du monde. Mes enfants sont rendus à 15 et 13 ans : c’est plus opportun. Quand le poste s’est ouvert l’été dernier, j’étais pas mal plus à l’écoute. »

Encore fallait-il qu’il y ait une bonne chimie avec l’éventuel entraîneur-chef. En Cros, Gagnon estime avoir un complice.

« Sébastien est celui qui a mené Marianne St-Gelais jusqu’à sa médaille aux Jeux de Vancouver (en 2010). Par la suite, il s’est expatrié en Russie pour aller chercher de grosses médailles, des médailles importantes pour la Russie en 2014, avant de revenir. Quand il est revenu, il s’est chargé de la NextGen, qui devait faire le lien entre le CRCE et l’équipe nationale. C’est là qu’on s’est connus.

« La vision que j’avais pour le Centre régional canadien d’entraînement, Sébastien est venu la solidifier. J’ai pu voir comment il entrevoyait l’avenir du patinage : c’est un gars ouvert, qui n’a aucun problème à partager ses connaissances. On a donc eu beaucoup de discussions au fil des ans. »

Cros a travaillé au sein du programme national et du programme NextGen dans différents rôles depuis 2007. Il a notamment mené l’équipe féminine à la conquête de deux médailles d’argent à Vancouver en 2010 et il a aidé l’équipe masculine à remporter sept médailles au circuit de la Coupe du monde la saison dernière. Gagnon est heureux d’être celui qui l’aidera à mettre en place sa vision.

« Il veut développer davantage le côté tactique, la prise de risques et de décisions, ce qui correspond davantage à ce qu’est un patineur de vitesse de nos jours. Oui, il y a le côté physique, mais il y a tellement d’aspects autour. […] De pouvoir être son extension, de développer des jeunes de cette façon-là, c’est ce que je veux. Je veux en faire de meilleurs athlètes, mais aussi en faire de meilleurs humains.

« On pense souvent à toute la machine derrière les athlètes, mais s’ils ne sont pas bien dans leur tête rendus aux JO, ils ne pourront pas offrir de bonnes performances. Il y a beaucoup de travail à faire de ce côté-là. Même s’il y a un préparateur mental qui fait un job extraordinaire, il y a une partie qui revient au coach. »

Le temps presse toutefois : les Jeux olympiques de 2022 s’ouvriront dans moins de 13 mois.

« C’est certain que le temps est limité et nous le sommes encore plus en raison de la COVID. […] Est-ce qu’on a le temps de tout faire d’ici les Jeux ? Probablement que non ; c’est un travail qu’on va faire sur cinq ans. Par contre, ça ne veut pas dire qu’on n’aura pas de bons résultats à Pékin. Mais il ne faut pas oublier qu’à l’exception de Kim Boutin et Charles Hamelin, on a beaucoup de jeunes au sein de l’équipe nationale qui en seront à leurs premiers Jeux. »

Marc Gagnon est triple champion olympique, au 500m et au relais 5000m masculin des Jeux de Salt Lake City, où il a aussi gagné le bronze sur 1500m, ainsi qu’au relais des Jeux de Nagano, en 1998. Il avait gagné sa première médaille olympique, le bronze sur 1000m, à Lillehammer, en Norvège, en 1994.

 

Il a de plus été champion du monde au classement général en 1993, 1994, 1996 et 1998, en plus d’être le vice-champion deux fois, en 1995 et 1997. Il a mis la main sur 22 médailles individuelles aux Championnats du monde, dont 10 d’or, en plus de six, dont deux d’or, au relais.



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