L’ex-gérant des Dodgers Tommy Lasorda est décédé

Tommy Lasorda s’est éteint à l’âge de 93 ans.
Photo: Gregory Bull Associated Press Tommy Lasorda s’est éteint à l’âge de 93 ans.

L’ex-gérant des Dodgers de Los Angeles et porte-couleurs des Royaux de Montréal Tommy Lasorda est décédé à l’âge de 93 ans.

La formation de la Californie a confirmé vendredi son décès, survenu tard jeudi soir.

Lasorda a subi un arrêt cardiovasculaire à son domicile un peu après 22 h, heure du Pacifique, et a immédiatement été conduit à l’hôpital, où son décès a été constaté à 22 h 57.

S’il a grandement marqué les partisans des Dodgers au cours des 21 années passées à la barre du club, il a aussi fait sa marque à Montréal, où il a été une grande vedette des Royaux et où Claude Lavoie l’a connu.

Alors préposé à l’équipement du club-école AAA des Dodgers de Brooklyn, le jeune Lavoie a rapidement appris à négocier avec le bouillant lanceur gaucher.

« Tommy en prenait de la place dans un vestiaire et quand ça ne faisait pas son affaire, il cassait des choses, s’est rappelé Lavoie lorsque joint par La Presse canadienne, vendredi. Ce n’était pas non plus le meilleur ami de l’arbitre Ed Vargo. Quand ce dernier l’expulsait ou ne connaissait pas une soirée au goût de Tommy, il allait l’attendre près de la chambre des arbitres, qui était tout juste à côté de notre vestiaire. J’en ai vu des engueulades dans les corridors du stade Delorimier !

« J’étais jeune à l’époque, peut-être 16 ou 17 ans, mais quand Tommy perdait ou se faisait expulser, je sortais du vestiaire pour un petit moment : les choses revolaient ! »

Lasorda a quitté Montréal en même temps que les Royaux, après la saison 1960. Lavoie a quant à lui amorcé une carrière à la Sûreté du Québec. Mais quand le Baseball majeur est venu s’installer à Montréal, Lavoie s’est retrouvé au sein de l’équipe de sécurité des Expos, puis comme responsable du vestiaire des visiteurs, un poste qu’il a occupé près de 25 ans et qui lui a permis de retrouver Lasorda.

« J’étais toujours sur mes gardes quand les Dodgers étaient à Montréal. Il m’avait connu comme’batboy’et voulait toujours me mettre à l’épreuve ! Le vestiaire n’était jamais à son goût, le lunch n’était pas bon… mais il n’en restait jamais ! J’ai appris à mieux le connaître avec les années. Une chose est certaine : il a dû se faire payer le lunch plus souvent qu’il n’en a payé ! »

Il en a été témoin en au moins une occasion.

« Tommy était ami avec Ron La Dora, qui avait un restaurant au coin de Haig et Sherbrooke. Parfois, il allait manger là ou faisait venir un repas au stade. Il me demandait de lui organiser ça.

« Un dimanche, après leur séjour au Stade olympique, l’avion des Dodgers est retardé et leur départ n’aura lieu que plus tard en soirée. Il me demande donc de vérifier avec Ron si c’est possible d’amener toute l’équipe manger au restaurant. Ron est évidemment très heureux de les accueillir », a raconté Lavoie.

« Tout le monde s’amuse, rigole, mange et boit très bien. Quand est venu le temps de partir, Tommy avait toutefois oublié de régler la facture… C’était la deuxième fois que Tommy faisait le coup à Ron La Dora, qui l’avait tout de même bien pris : il connaissait le personnage », a poursuivi Lavoie.

« Il était comme ça, Tommy : il avait bon coeur, il était fort en gueule, mais jamais tu ne pouvais vraiment savoir s’il était sérieux ou pas », a-t-il conclu.

Glorieuse carrière de gérant

Né Thomas Charles Lasorda le 22 septembre 1927 à Norristown, en Pennsylvanie, il a amorcé sa carrière professionnelle en 1945, quand il a été mis sous contrat par les Phillies de Philadelphie. Il a raté les saisons 1946 et 1947 en raison de son service militaire.

Quand les Dodgers l’ont réclamé quelques années plus tard, c’est à Montréal qu’il a brillé, récoltant plus de 100 victoires entre 1950 et 1960.

Sa carrière dans les Majeures a été moins glorieuse : il a compilé une fiche de 0-4 et une moyenne de points mérités de 6,48 en 26 matchs entre 1954 et 1956, avec les Dodgers et les Athletics de Kansas City.

C’est comme gérant qu’il a fait sa marque.

De 1976 jusqu’à son départ en 1996, il a été la tête de la formation, compilant une fiche de 1599-1439, méritant deux fois le titre de gérant de l’année dans la Nationale, en 1983 et 1988. Il a mené l’équipe à huit titres de la section Ouest, quatre titres de la Nationale et deux conquêtes de la Série mondiale, en 1981 et 1988.

Il a toujours prétendu que son sang était du bleu des Dodgers.

Lasorda a réalisé son rêve de voir l’organisation mettre la main une nouvelle fois sur le trophée du Commissaire en octobre dernier, quand il s’est rendu à Arlington, au Texas, pour le sixième match de la série remportée aux dépens des Rays de Tampa Bay.

Au cours des 14 dernières années, Lasorda a occupé le poste de conseiller spécial au président. Il était l’employé de plus longue date de l’équipe depuis que le descripteur Vin Scully s’était retiré en 2016, après 67 ans au micro.

Lasorda avait des antécédents cardiaques, dont un infarctus subi en 1996 qui l’a forcé à quitter son poste de gérant. Un autre incident, en 2012, a nécessité qu’on lui installe un stimulateur cardiaque, remplacé cinq ans plus tard.

Lasorda venait tout juste de regagner son domicile, mardi, après avoir été hospitalisé depuis le 8 novembre en raison de nouveaux problèmes cardiaques.

Membre du Temple de la renommée du baseball depuis 1997, Lasorda a passé plus de 70 ans dans l’organisation des Dodgers. Une fois ses crampons accrochés, il a été tour à tour dépisteur, gérant et membre de la direction.

« Au sein d’une franchise où sont passées autant de légendes, personne ne portait l’uniforme ou représentait ce que sont les Dodgers comme Tommy Lasorda, a déclaré par communiqué le président et chef de la direction des Dodgers, Stan Kasten. Porte-parole infatigable du baseball, son dévouement pour ce sport et l’équipe qu’il aimait tant était sans égal. […] Tommy est inoubliable et irremplaçable. »

Il laisse dans le deuil son épouse des 70 dernières années, Jo, leur fille, Laura, et leur petite-fille, Emily Tess. Leur fils, Tom, est décédé en 1991 de complications liées au sida.

Avec l’Associated Press

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