L'équipe de la NFL à Washington a survécu à une année tumultueuse

«Il s’agit de l’expérience la plus différente que j’ai vécue, et pas seulement la course pour les séries éliminatoires mais l’année entière», a admis l’entraîneur-chef Ron Rivera.
Photo: Chris Szagola Associated Press «Il s’agit de l’expérience la plus différente que j’ai vécue, et pas seulement la course pour les séries éliminatoires mais l’année entière», a admis l’entraîneur-chef Ron Rivera.

Un changement de nom qui était destiné à survenir ; des traitements d’une durée de deux mois pour soigner le cancer d’un entraîneur-chef tant aimé ; des trois-quarts partants ; un total de quatre victoires contre les grands rivaux que sont Dallas et Philadelphie ; cinq mois d’une enquête, toujours en cours, pour des comportements inappropriés sur les lieux de travail ; d’innombrables procédures judiciaires par les propriétaires minoritaires et Dan Snyder au sujet de la vente possible d’actions de l’équipe.

Tout ça est arrivé en l’espace de moins de six mois pour la concession maintenant connue par le nom d’Équipe de football de Washington.

Même pour une organisation tristement célèbre pour des décennies de drames depuis trois triomphes au Super Bowl, il s’agit là d’une période parmi les plus houleuses dans l’histoire du sport professionnel nord-américain.

« Il s’agit de l’expérience la plus différente que j’ai vécue, et pas seulement la course pour les séries éliminatoires mais l’année entière », a admis l’entraîneur-chef Ron Rivera, qui a été nommé le 1er janvier dernier, qui a reçu un diagnostic de carcinome cellulaire squameux au mois d’août et qui a accompli son boulot tout en se soumettant à de la protonthérapie.

« Il s’agira d’une année mémorable. Elle le sera vraiment. »

Il y a un peu plus d’un an, Snyder a congédié Bruce Allen, président de longue date de l’équipe, mettant en marche, du coup, une tentative pour changer la culture organisationnelle.

Au milieu de juillet, pendant que la nation américaine dénonçait le racisme, et face à la pression de commanditaires majeurs, il a abandonné le surnom Redskins, adopté depuis 1933 au moment où l’équipe était toujours établie à Boston.

La même semaine, 15 femmes, toutes d’anciennes employées, ont dit avoir été harcelées sexuellement pendant qu’elles travaillaient pour l’organisation. Une enquête indépendante a été lancée, que la NFL a finalement pris sous sa responsabilité. Le Washington Post a rapporté des allégations selon lesquelles Snyder était impliqué dans le harcèlement, ce qu’il a nié.

Depuis, Snyder est mêlé à un litige judiciaire avec les propriétaires minoritaires Robert Rothman, Dwight Schar et Frederick Smith en lien avec leur intention de vendre leurs parts de Washington Football Inc.

Son équipe participera aux séries éliminatoires pour la première fois en cinq ans, mais aucun spectateur ne sera admis dans les gradins samedi soir, lors de la visite de Tom Brady et des Buccaneers de Tampa Bay, à cause de la pandémie du coronavirus.

« Nous ne savions pas ce qui allait se produire cette année avec tout ce qui est arrivé », a déclaré l’ailier défensif Chase Young. « Avec la pandémie, le changement de nom — tout ce qui s’est produit autour de notre équipe. »

Tout ce qui est arrivé sur le terrain inclut la superbe saison recrue de Young, le remarquable retour du quart Alex Smith, deux ans après une effroyable blessure à sa jambe droite, et la remontée de l’équipe après avoir affiché un dossier de 2-7 pour finalement remporter le titre de la section Est de l’Association nationale, en dépit d’une fiche déficitaire.

« Ç’a été une année mouvementée, c’est certain », a reconnu le secondeur Thomas Davis, qui s’est joint à l’équipe en mars, avant le changement de nom.

« Je sais hors de tout doute que, s’il existe une personne qui pouvait gérer tout ce qui est arrivé cette année, ce serait “Coach Rivera”. »

L’expérimenté entraîneur-chef de 58 ans a rendu hommage à toute la ligue pour avoir traversé la saison dans un contexte de protocoles de la COVID-19, et il a loué ses joueurs et son personnel pour avoir tenu bon.

Sa lutte contre le cancer est devenue une source d’inspiration, même si Rivera, qui n’a pas raté un seul match, avait demandé d’agir « comme si de rien n’était » au complexe d’entraînement.

« Il voulait que nous nous préoccupions de football pour qu’il puisse prendre soin de lui », a expliqué le coordonnateur à l’attaque Scott Turner.

« Il y a des jours où vous pouviez voir qu’il était fatigué, qu’il était vidé. Parfois, il arrivait tardivement à une séance d’entraînement. Il n’était pas ici aussi souvent qu’il l’aurait normalement été, ou quelques fois, il manquait une ou deux réunions ici et là. Mais nous savions tous ce qu’il vivait et nous étions prêts à prendre la relève. »

Et avec tout ce qui est arrivé au cours des derniers mois, Washington aura l’occasion d’ajouter un autre chapitre contre les Buccaneers, qui sont favoris par plus d’un touché.

« Un vieux dicton dit : tout ce dont vous avez besoin, c’est d’une chance », a déclaré Rivera. « C’est la raison pour laquelle nous serons présents samedi soir. »

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