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Les directeurs généraux de la LNH en territoire inconnu

«Ce sera très difficile d’effectuer des transactions avec les 24 équipes basées aux États-Unis», estime le directeur général des Sénateurs d’Ottawa, Pierre Dorion.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne «Ce sera très difficile d’effectuer des transactions avec les 24 équipes basées aux États-Unis», estime le directeur général des Sénateurs d’Ottawa, Pierre Dorion.

Les directeurs généraux de la Ligue nationale de hockey s’apprêtent à entrer dans un nouveau territoire inconnu.

Comme le reste du monde, c’est une chose à laquelle ils se sont habitués au cours des 10 derniers mois.

La saison 2019-2020 a été suspendue en mars dernier en raison de la COVID-19 avant que le circuit Bettman ne soit relancé en deux bulles sanitaires l’été dernier, pour des rencontres toutes disputées à huis clos.

Le repêchage et l’ouverture du marché des joueurs autonomes ont été reportés à octobre, tandis que le plafond salarial est gelé pour un certain temps en raison de l’impact financier de la pandémie.

Maintenant, la saison 2021 réduite à 56 rencontres doit se mettre en branle la semaine prochaine. Les sections ont été revues afin de réunir les sept équipes canadiennes en raison des restrictions frontalières. Maintenant, les d.g. ont d’autres questions.

L’une d’elles : en raison des quarantaines imposées autant par les gouvernements que la LNH, à quel point sera-t-il difficile de conclure des transactions ?

« Tout le monde se le demande, a déclaré le patron des Maple Leafs de Toronto, Kyle Dubas. Mais comme personne n’est passé par là, difficile de dire comment ça va se passer. »

Son homologue chez les Sénateurs d’Ottawa, Pierre Dorion, avait une opinion plus tranchée. Du moins, d’un point de vue canadien.

« Ce sera très difficile d’effectuer des transactions avec les 24 équipes basées aux États-Unis. Les autres 6 équipes seront vos compétiteurs directs dans votre section. Je crois que ce sera beaucoup plus difficile de faire des échanges. »

Les transactions ont déjà été rendues plus difficiles par l’introduction salariale à la suite du lockout de 2004-2005. Ces échanges doivent souvent impliquer des contrats aux montants similaires, plusieurs équipes étant souvent près de la limite du plafond.

Cette année, un joueur passant d’un club américain à un club canadien devrait se plier à une quarantaine de 14 jours.

Et si deux d.g. au nord de la frontière trouvaient un terrain d’entente, les joueurs échangés devraient aussi se soumettre à une quarantaine de sept jours, imposée par la LNH, et subir quatre tests négatifs de détection de la COVID.

Ce sera différent, a dit le directeur général des Flames, Brad Treliving. Mais si ç’a du sens et que vous croyez que ça aidera votre équipe, je ne suis pas du genre à me défiler. Mais les conditions n’aident pas à la conclusion de transactions. »

Les équipes américaines auront une plus grande marge de manœuvre, mais il existe aussi des règles de quarantaines dans certaines régions.

Pour le directeur général des Rangers, Jeff Gorton, les conditions ne seront pas égales pour tous.

« Vous devrez vous demander à quel point c’est urgent pour votre club de compter sur tel joueur, a-t-il noté. Si vous en avez besoin maintenant, êtes-vous capable de patienter jusqu’à la fin de la quarantaine ? Est-ce pour l’avenir ? Vous devrez évaluer tout cela. »

Une autre difficulté sera l’information recueillie.

« Nous ne savons pas quel accès nos dépisteurs auront dans les autres marchés, a souligné le patron hockey des Golden Knights, Kelly McCrimmon. Ça aura un impact sur la préparation des clubs avant d’arriver à la date limite des transactions. »

Dubas a aussi fait un lien avec la saison 2020 de la MLB : comptant moins de rencontres, les transactions ont aussi été moins nombreuses. Pour lui, c’est en raison de l’importance accrue de chaque match et le fait que plusieurs équipes se retrouvent plus longtemps dans la course aux séries.

La date limite des transactions a été fixée au 12 avril cette saison. Si les règles de quarantaine demeurent les mêmes, certains d.g. croient que les échanges auront lieu plus tôt.

« Nous devrons en tenir compte, c’est certain », a noté Treliving.

« Qui sait quelles seront les conditions [sanitaires] quand arrivera la date limite des transactions ?, a ajouté le patron hockey du Canadien, Marc Bergevin. C’était difficile de faire des transactions dans le passé ; ce le sera davantage en raison de la COVID. »

Mais comme toujours, il y aura des blessures et les besoins des clubs fluctueront.

« Il y aura des transactions, a assuré Treliving. Nous devrons voir comment tout va se développer. »

Comme nous le faisons depuis 10 mois.

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