Tour de France - 12e étape - Armstrong fait le ménage

La Mongie, France — L'Américain Lance Armstrong a distancé ses rivaux directs dès la première arrivée au sommet du Tour de France cycliste, hier à La Mongie, où l'Italien Ivan Basso (CSC) a remporté la douzième étape. Armstrong a franchi la ligne d'arrivée dans le sillage de Basso, sans même sprinter, à l'altitude de 1715 mètres, en contrebas du col du Tourmalet, dans cette première étape pyrénéenne.

Le quintuple vainqueur du Tour est remonté à la deuxième place du classement général, à cinq minutes 24 secondes du Français Thomas Voeckler (La Boulangère), qui a défendu au courage son maillot jaune dans la montée finale (12,8 km).

Mais, pour le champion américain, l'essentiel tient à la différence creusée sur ceux qui visaient la victoire finale au départ de Liège, principalement l'Allemand Jan Ullrich et l'Américain Tyler Hamilton.

Dans cette étape de 197,5 kilomètres en partie contrariée par la pluie, Ullrich (20e) a perdu pied dans les huit derniers kilomètres. En grande difficulté, malgré le soutien de son équipier italien Giuseppe Guerini, le vainqueur du Tour 1997, grimaçant, a cédé deux minutes et demie.

Hamilton défaillant

Hamilton, lui, a perdu près d'une minute supplémentaire (34e). L'Américain, qui a été marqué par le récent décès de son chien, a été irrémédiablement distancé quand les «postiers» d'Armstrong (Hincapie surtout) ont haussé le rythme à neuf kilomètres de la ligne.

Le peloton, fort encore d'une trentaine d'éléments malgré la montée précédente d'Aspin, un col de première catégorie, s'est alors effiloché davantage sous la conduite du Portugais José Azevedo, le dernier lieutenant d'Armstrong.

Après deux démarrages de l'Espagnol Carlos Sastre, un autre coureur de l'équipe CSC, Armstrong et Basso se sont dégagés avant le passage des trois derniers kilomètres.

La troisième place est revenue à un coéquipier d'Ullrich, le champion d'Allemagne Andreas Kloeden, distancé de 20 secondes seulement, devant le champion d'Espagne Francisco Mancebo, courbé sur son vélo pendant plusieurs minutes après avoir franchi la ligne pour récupérer.

Iban Mayo, attendu par la foule de ses supporteurs basques habillés couleur orange, n'a pu faire mieux que 9e. Deux autres Espagnols, Oscar Sevilla (25e) et Roberto Heras (29e), ont également déçu dans cette étape, au contraire de leur compatriote Oscar Pereiro (6e à 50 sec) et de l'étonnant baroudeur danois Jakob Piil.

Basso, 26 ans, a enlevé pour la première fois de sa carrière une étape du Tour. Meilleur jeune du Tour de France 2002, l'Italien de Varese a pris l'an dernier la septième place du classement final.

«C'était ma journée. Je n'avais pas gagné depuis longtemps mais j'étais avec les meilleurs. Et puis, il arrive un jour où les choses changent, il faut plusieurs facteurs, la chance, le soutien de l'équipe», a déclaré Basso dont la dernière victoire officielle remontait à 2001.

Voeckler d'arrache-pied

«Il y a eu des circonstances atmosphériques particulières, la chaleur puis la pluie, dans cette première étape de montagne», a ajouté Basso pour expliquer les difficultés des adversaires d'Armstrong. Avant d'ajouter: «Sur ce qu'on a vu aujourd'hui, Lance est le plus fort de ce Tour. À mon avis, il en a encore sous la pédale!»

Voeckler s'est défendu d'arrache-pied dans l'ascension finale (à 6,8 %) après avoir été lâché en même temps que Richard Virenque, le porteur du maillot à pois de meilleur grimpeur.

«La montagne, c'est toujours dur, cela roule très vite. J'ai terminé comme j'ai pu dans la dernière montée. J'avais un capital de plus neuf minutes sur Armstrong, qui a diminué de moitié», a constaté le champion de France, qui s'est classé 41e de l'étape, à trois min 59 s de Basso.

Aujourd'hui, la grande étape pyrénéenne mène de Lannemezan au Plateau de Beille (205,5 km), avec six cols au programme avant la montée finale classée hors catégorie.