Le PSG et le Basaksehir Istanbul se retrouvent sur une forte note symbolique

Juste avant la reprise du jeu, les joueurs et les nouveaux arbitres désignés se sont rassemblés dans le rond central, posant un genou à terre, un geste devenu un symbole du mouvement  Black Lives Matter contre le racisme et les violences policières.
Frank Fife Agence France-Presse Juste avant la reprise du jeu, les joueurs et les nouveaux arbitres désignés se sont rassemblés dans le rond central, posant un genou à terre, un geste devenu un symbole du mouvement  Black Lives Matter contre le racisme et les violences policières.

Devenue symbolique de la lutte contre le racisme dans le monde du soccer, l’affiche de Ligue des champions entre le Paris SG et le Basaksehir Istanbul a trouvé mercredi un épilogue émouvant et spectaculaire (5-1), au lendemain de son interruption sur fond d’accusations visant un arbitre.

Au parc des Princes, des banderoles ont été déployées et les joueurs ont posé un genou à terre, un geste associé à la lutte antiraciste, pour montrer que l’atmosphère a bien changé en un jour, au lendemain d’une soirée au retentissement mondial : mardi, les joueurs avaient choisi de quitter la pelouse et de ne pas reprendre le jeu en réaction aux propos du quatrième arbitre.

Souhaitant sanctionner d’un carton rouge l’entraîneur adjoint de Basaksehir, le Camerounais Pierre Achille Webo, le Roumain Sebastian Coltescu l’avait désigné à l’arbitre principal comme « le Noir » en roumain(« negru »), provoquant la colère et l’indignation des deux équipes.

Le match ayant été arrêté à 0-0 à la 13e minute de jeu, il a repris mercredi soir au même chronométrage, avec une nouvelle équipe arbitrale. Le Paris SG, déjà assuré d’être en huitièmes de finale, s’est imposé sur un score de 5-1, avec un somptueux triplé du Brésilien Neymar (21e , 38e , 50e ), s’assurant la première place de sa poule et un tirage a priori plus favorable.

« Inacceptable »

Mais si le spectacle et le jeu ont été au rendez-vous, l’issue sportive était presque secondaire dans cette rencontre qui a marqué les esprits.

« Ce qui s’est passé hier [mardi] est inacceptable. À notre époque, nous ne pouvons pas accepter ce genre de chose, qu’on fasse des différences [entre les gens] pour la couleur de peau, la race », a déclaré Neymar au micro de RMC Sport. « Cela n’a plus sa place dans le foot ni dans la vie, ni dans n’importe quel sport. Cela n’a plus sa place dans le monde. »

Durant l’échauffement, les joueurs et les arbitres avaient revêtu un t-shirt affichant les mots « NO TO RACISM » (Non au racisme). Puis, juste avant la reprise du jeu, les joueurs et les nouveaux arbitres désignés se sont rassemblés dans le rond central, posant un genou à terre, un geste devenu un symbole du mouvement  Black Lives Matter contre le racisme et les violences policières.

La majorité d’entre eux, dont les superstars Neymar et Kylian Mbappé, ont également levé le poing et, pour certains, baissé la tête.

« Non au racisme », pouvait-on lire sur une bâche installée dans l’une des tribunes centrales, alors que dans le virage Auteuil les ultras ont affiché leur « soutien à M. Webo » et leur « fierté » devant l’attitude des joueurs.

Webo bien présent

 

Sur le banc de touche, Pierre Achille Webo était bien présent, un autre symbole fort. Malgré lui, il a été l’un des protagonistes de cette polémique conclue par le retour au vestiaire de tous les joueurs, un geste inédit à ce niveau, dans un monde du soccer souvent taxé de laxisme et d’indifférence sur ce sujet.

L’UEFA avait finalement annoncé tard mardi, après plusieurs heures de polémique, l’ouverture d’une « enquête approfondie ». Mercredi, elle a désigné un inspecteur disciplinaire et suspendu le carton rouge visant Webo.

Le controversé arbitre, Ovidiu Hategan, a été remplacé au sifflet par l’expérimenté Néerlandais Danny Makkelie. Un changement d’arbitre était l’une des conditions des joueurs pour reprendre le match.

Le règlement disciplinaire prévoit une suspension d’au moins dix matchs pour un comportement raciste ou discriminatoire.

Mercredi, le monde sportif a salué à l’unanimité la décision des joueurs parisiens et stambouliotes de rentrer au vestiaire.

Second plan

 

« Une symbolique forte », a déclaré en France la ministre déléguée aux Sports, Roxana Maracineanu, tandis que son homologue roumain, Ionut Stroea, présentait ses « excuses au nom du sport roumain ».

La dimension sportive est passée au second plan d’une rencontre qui symbolise la fin d’une année 2020 marquée par l’engagement militant croissant du monde sportif, notamment dans le football, alors que l’UEFA, jusque-là, voulait éloigner au maximum la politique des stades.

L’indignation de nombreux sportifs américains contre l’injustice raciale, au sein du mouvement  Black Lives Matter, a marqué une prise de conscience collective de l’autre côté de l’Atlantique.

En France récemment, plusieurs footballeurs, comme Mbappé ou Antoine Griezmann, se sont élevés contre les violences policières.

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