Stroll accompagne son coéquipier Perez sur le podium à Bahreïn

Sergio Perez, vainqueur dimanche, a été félicité par son coéquiper d’écurie Lance Stroll, qui n’avait pas encore pris le temps de retirer son casque.
Giuseppe Cacace Agence France-Presse Sergio Perez, vainqueur dimanche, a été félicité par son coéquiper d’écurie Lance Stroll, qui n’avait pas encore pris le temps de retirer son casque.

Quand le chat n’est pas là, les souris dansent. C’est exactement ce qu’ont fait Sergio Perez et Lance Stroll, notamment, en l’absence de Lewis Hamilton. Le Mexicain a remporté le Grand Prix de Sakhir, dimanche, signant du même coup la première victoire de sa carrière en Formule 1. Pour sa part, Stroll a fini troisième.

« Je suis bouche bée. J’espère que je ne rêve pas, car j’ai déjà rêvé à ce
moment-là, a confié celui qui n’a toujours pas de volant en vue de 2021. Je croyais que la course était réglée après le premier tour, mais nous avions beaucoup de rythme, et nous étions conscients du potentiel de la voiture aujourd’hui. »

« J’ignore ce qui m’arrivera la saison prochaine, mais je veux poursuivre dans cette direction », a-t-il ajouté.

Le pilote Racing Point a remporté une course rocambolesque sur le circuit international de Sakhir, qui a été reconfiguré pour l’occasion, avec une avance de 10,518 secondes devant le pilote Renault Esteban Ocon.

« J’ai pleuré en franchissant le fil d’arrivée. Nous avons travaillé fort, nous sommes restés motivés, et ça s’est concrétisé », a évoqué Ocon, qui a obtenu le premier podium de sa carrière.

Stroll, de Mont-Tremblant, a accompagné son coéquipier sortant sur le podium en terminant à 11,869 secondes de lui. Il s’agissait de son deuxième podium cette saison, après sa troisième place au Grand Prix d’Italie en septembre, et le troisième de sa carrière.

« C’est une course merveilleuse pour l’équipe, mais, personnellement, je suis déçu parce que je sais que j’aurais pu gagner, a confié le Québécois. Quand je suis sorti des puits, je n’avais pas le rythme, et Esteban en a profité pour me dépasser. C’est un détail, mais au moins ça s’est bien terminé pour Sergio… »

Mercedes patine

Il faut dire que le trio de tête a été aidé par l’équipe Mercedes, principale responsable des déboires de ses pilotes George Russell — il a été prêté par Williams à l’équipe allemande à la suite du diagnostic positif à la COVID-19 de Hamilton plus tôt cette semaine — et Valtteri Bottas.

« C’est un podium rafraîchissant, et “Checo” [Perez] avait du rythme. Mais nous avons commis une bourde monumentale », a reconnu le directeur de Mercedes, Toto Wolff.

Tout s’est joué à la suite d’un drapeau jaune décrété pour la sortie de piste du pilote Williams Jack Aitken, vers le 60e tour de cette course qui en comptait 87.

Russell et Bottas, qui partait de la position de tête, ont été appelés aux puits simultanément. Et pour une rare fois chez Mercedes, la confusion a régné, entraînant les arrêts catastrophiques de leurs pilotes.

Russell et Bottas n’étaient pas au bout de leur peine. Après être retourné à l’avant du peloton, le Britannique a subi une crevaison lente qui l’a repoussé en queue de peloton, tandis que les pneus de Bottas l’empêchaient de lutter avec ses principaux adversaires.

« J’ai bien géré le début de la course, je me sentais à l’aise. Je suis déçu, mais très fier de ce que nous avons accompli et heureux d’avoir obtenu cette occasion, a confié Russell, qui est âgé de 22 ans. C’est ça, la course automobile ; nous sommes tous dans le même bateau. Parfois, le pilote commet une erreur, comme je l’ai fait une fois ou deux cette saison avec Williams. Ils [Mercedes] m’ont demandé d’entrer aux puits à la dernière seconde, et ils ont mêlangé les pneus. »

Cela a ouvert la porte à Perez, Ocon et Stroll, qui ont dû s’accrocher pendant une vingtaine de tours avant de pouvoir célébrer la victoire.

Le Finlandais a fini huitième, et Russell neuvième. Ce dernier peut se consoler : il a obtenu ses premiers points de classement en F1.

Pour sa part, le pilote Ferrari Charles Leclerc a été contraint à l’abandon à la suite d’un accrochage survenu au premier tour avec Perez.

Le pilote Racing Point s’est alors retrouvé en queue de peloton, et a dû amorcer une remontée irrésistible pour concrétiser sa première victoire.

Le pilote Red Bull Max Verstappen a aussi dû abandonner, après avoir été une victime collatérale de cet incident entre le Monégasque et Perez.

Le Torontois Nicholas Latifi a également été incapable d’atteindre le fil d’arrivée, en raison d’une défaillance mécanique. Son coéquipier pour le week-end en remplacement de Russell, Aitken, s’est contenté du 16e échelon.

Pour sa part, le Brésilien Pietro Fittipaldi, qui a été appelé en renfort chez Haas afin de remplacer le Français Romain Grosjean à la suite de son spectaculaire accident du week-end dernier au Grand Prix de Bahreïn, a fini 17e.

On ignore toujours si Hamilton sera en mesure de participer au dernier Grand Prix de la saison, le week-end prochain, à Abou Dhabi.

Grosjean termine sa carrière sur un miracle

Pas de tour d’honneur pour Romain Grosjean : le pilote français rentre en Suisse pour soigner les brûlures subies lors de son accident au Grand Prix de Bahreïn dimanche dernier et sera donc forfait pour celui d’Abou Dhabi le 13 décembre, qui devait être son dernier en F1. « On a tout essayé, on a attendu un maximum, mais, pour la suite de ma vie, pour ma main gauche, on doit faire attention », a-t-il expliqué dans une vidéo sur Instagram. C’est une « décision difficile, je ne pensais pas terminer ma carrière en F1 comme ça, mais je pense que c’est pour le mieux ». Désireux de reprendre le volant à la fois pour faire ses adieux à la catégorie reine du sport automobile comme il l’avait prévu et pour voir s’il en est capable après avoir frôlé la mort, le pilote de 34 ans avait tout fait pour se préparer à courir à Abou Dhabi, reprenant le sport dès sa sortie de l’hôpital mercredi et se réinstallant dans sa voiture, à l’arrêt, dimanche. Malheureusement, « le risque pris pour courir est trop gros pour mon rétablissement et ma santé », a-t-il affirmé. Dimanche dernier, il s’était extrait seul de sa F1 en flammes 28 secondes après qu’elle se fut encastrée à 220 km/h dans une barrière de sécurité et coupée en deux. « J’ai vu la mort de trop près », disait-il mercredi à l’AFP, les deux mains brûlées (la gauche plus gravement), une entorse à la cheville gauche et des contusions de ce côté du corps. Le Franco-Suisse aura donc pris le départ de 179 Grand Prix, ce qui fait de lui le troisième Français parmi ceux ayant eu la plus grande longévité en F1, derrière Jean Alesi (201) et Alain Prost (199).