Luc Brodeur-Jourdain sera entraîneur tant que la passion sera toujours là

Brodeur-Jourdain estime qu’il a pu connaître une aussi longue et fructueuse carrière dans la LCF non pas en raison de ses habiletés, mais de son ardeur au travail.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Brodeur-Jourdain estime qu’il a pu connaître une aussi longue et fructueuse carrière dans la LCF non pas en raison de ses habiletés, mais de son ardeur au travail.

Ce n’était pas le choix de Luc Brodeur-Jourdain de passer du poste de centre des Alouettes de Montréal aux lignes de côté, le 4 juillet 2019. Mais de revenir au sein du personnel d’entraîneurs de Khari Jones en 2021 l’était complètement.

La formation montréalaise a annoncé mercredi que Brodeur-Jourdain avait obtenu une promotion, alors qu’il va maintenant diriger la ligne à l’attaque de Jones pour 2021.

La décision n’a pas été difficile à prendre : sa passion pour les Alouettes est toujours aussi vive et il n’avait pas l’intention de quitter.

« Après tout, si on me demandait de remettre les épaulettes, je dirais oui, a-t-il dit jeudi au cours d’un entretien avec La Presse canadienne. Je serai un Alouette pour le reste de mes jours. Quand je ne serai plus entraîneur, je serai un partisan, un détenteur d’abonnement de saison. Il n’y a pas de limite à cette passion. »

Vrai, il n’a pas quitté la surface de jeu de son propre aveu. Mais « LBJ » a immédiatement compris qu’une porte s’ouvrait devant lui.

« C’était une opportunité en or, exceptionnelle pour moi. Même sur le coup, j’étais capable de le reconnaître. Combien d’athlètes prennent leur retraite et se retrouvent devant rien ? Combien ont l’opportunité d’enseigner leur savoir dès le lendemain ? »

Même recette

Brodeur-Jourdain estime qu’il a pu connaître une aussi longue et fructueuse carrière dans la LCF non pas en raison de ses habiletés, mais de son ardeur au travail. Il appliquera la même recette dans ses nouvelles fonctions et espère inspirer ses protégés au passage.

« J’ai toujours été un joueur qui montrait l’exemple. Quand tu montres l’exemple, tu n’as pas besoin de parler. Il y a des matins où j’arrivais au stade avant mes entraîneurs.

« Je pense que mes coéquipiers ont toujours respecté l’effort que je mettais, mais ça ne vient pas de moi. Quand je suis arrivé chez les pros, j’ai vu les Scott Flory, Anthony Calvillo, Ben Cahoon. J’ai compris quels étaient leurs ingrédients secrets : en savoir plus que les autres.

« Tes qualités athlétiques te lâchent avec le temps. Si ta quête du savoir est présente et que les efforts sont alliés à cette quête, tu te donnes le maximum de possibilités à long terme. Tu n’es peut-être pas obligé de mettre le même nombre d’heures que moi, mais je veux que tu comprennes comme moi. Ça a été la quête de ma carrière comme joueur. »

Au fil de la conversation, il résumera tout cela en une phrase.

« Être un pro, ce n’est pas la journée du match ; c’est une attitude à avoir dans ton savoir être tous les jours. »

Stratège

Après avoir adoré mettre à exécution les stratégies préparées par ses entraîneurs quand il était posté devant Calvillo, Brodeur-Jourdain ressent dorénavant une aussi vive émotion à coucher sur papier ces stratégies.

« Être entraîneur, c’est de planifier des stratégies en concoctant la meilleure recette pour le résultat optimal. Comme joueur, je ne me permettais pas de discuter de stratégies ou de techniques, ce n’était pas mon rôle. Maintenant, c’est mon rôle. Je le fais d’une façon positive, afin que ça nous amène à un résultat optimal ou supérieur.

« La préparation est maintenant plus cérébrale que physique, mais ça demeure extrêmement dynamique et motivant. »

Assez motivant pour demeurer dans les mêmes fonctions pour un long moment ? Aspire-t-il à plus ?

« Mon aspiration principale, ce sera toujours la quête du savoir. J’ai envie d’en connaître le plus possible. Pour quelque chose que j’aime autant que le football, ça veut dire que je veux tout apprendre. Je ne me contenterai pas de la ligne à l’attaque, je chercherai à en savoir plus.

« En même temps, je ne peux pas dire que je veux être entraîneur de la ligne à l’attaque des Alouettes pour les 30 prochaines années. Est-ce que je veux faire une carrière d’entraîneur dans la LCF ? Pour vrai, mon feu sacré est ici à Montréal. Je ne vois pas dans 5, 8, 10 ans sur le sujet. Mon attention est tournée vers 2021. Après la saison, j’évaluerai où j’en suis.

« C’est comme ça pour les organisations également : même si tu as un contrat de cinq ans, tu es réévalué sur une base annuelle. »

En attendant de retrouver ses collègues et les joueurs des Alouettes au Stade olympique, Brodeur-Jourdain continue d’apprécier ce que 2020 lui a apporté de mieux : vivre sa vie de père.

« Je pense à la première journée d’école de mon fils, qui est entré à la maternelle cette année, s’il y avait eu une saison, il y aurait eu aucune chance que je vive cela. Je l’ai grandement apprécié. »