Tour de France - Virenque et Voeckler célèbrent en grand le 14 juillet

Il est bleu, il est blanc, il est rouge: il est français et il était aussi agité que ce mordu de la Grande Boucle venu avec le Tricolore encourager les cyclistes sur les routes ensoleillées de l’Hexagone en ce 14 juillet bien républicain.
Photo: Agence Reuters Il est bleu, il est blanc, il est rouge: il est français et il était aussi agité que ce mordu de la Grande Boucle venu avec le Tricolore encourager les cyclistes sur les routes ensoleillées de l’Hexagone en ce 14 juillet bien républicain.

Saint-Flour — Richard Virenque et Thomas Voeckler ont fêté en beauté la prise de la Bastille, hier.

Dix ans après sa première victoire dans le Tour de France, Virenque (QuickStep) a remporté en solitaire la première étape de montagne au programme de la 91e édition de la course, tandis que Voeckler (Brioches La Boulangère) a conservé son maillot jaune de leader une cinquième fois.

Au terme des 237 kilomètres séparant Limoges de Saint-Flour, Virenque est devenu le premier coureur français à s'imposer un 14 juillet depuis Laurent Jalabert en 2001. Sous le soleil, le Varois s'est également emparé du maillot à pois de meilleur grimpeur, son objectif principal cette année.

«Gagner le 14 juillet n'était pas prémédité, a commenté Virenque, lauréat de la plus longue étape du Tour 2004. Ce qui l'était, c'était d'aller chercher des points pour le maillot à pois. Pour moi, sur le Tour, c'est tous les jours le 14 juillet.»

L'enfant chéri des spectateurs de la Grande Boucle, désormais âgé de 34 ans, s'est imposé hier dans son style habituel, avec panache, après une échappée au long cours de plus de 200 kilomètres à travers les monts du Cantal.

Il a franchi la ligne d'arrivée avec 5:19 minutes d'avance sur le peloton, réglé par les Allemands Andreas Kloden (T-Mobile) et Erik Zabel (T-Mobile). Virenque est désormais 4e du classement général, à 6:52 minutes de Voeckler.

Parti très tôt (au kilomètre 35) en compagnie du Belge Axel Merckx (Lotto), Virenque est passé en tête au sommet des neuf ascensions du jour. Vainqueur mercredi de sa 7e étape sur le Tour, il a lâché son compagnon dans la montée du col du Pas-de-Peyrol (1re catégorie), la principale difficulté du jour avec ses 5,5 km à 8 pour cent de moyenne. L'ancien coureur de la formation Festina a ensuite parcouru les 65 derniers kilomètres de course seul et a franchi la ligne d'arrivée les index pointés vers le ciel.

Virenque, qui a obtenu son septième succès d'étape dans le Tour, entrera dans l'histoire s'il remporte une nouvelle fois le classement du meilleur grimpeur. Sextuple vainqueur du maillot à pois (1994, 95, 96, 97, 99 et 2003), le Varois battrait en cas de nouveau succès dans le Grand Prix de la montagne le record qu'il détient avec l'Espagnol Federico Bahamontès et le Belge Lucien Van Impe.

Comme tous les jours depuis sa prise de pouvoir à Chartres, Thomas Voeckler a défendu avec autorité son maillot jaune. Le jeune Alsacien de 25 ans a été un moment distancé dans l'ascension du Col du Pas-de-Peyrol, mais il a fait l'effort de le franchir avec les premiers, neuf minutes après le passage de Virenque.

Avec l'aide de ses coéquipiers, il a pris la 5e place de l'étape, juste devant Lance Armstrong, à 5:19 minutes de son compatriote.

«On en referait pas des comme ça tous les jours!», a commenté «Ti Blanc» après avoir passé la ligne d'arrivée en 5e position, juste devant Armstrong.

«Mon Dieu merci, c'est la seule qui était aussi longue. On ne sait pas comment ça va se passer, mais par respect pour tout le boulot que les mecs de l'équipe font pour moi, on va tenter de confirmer le maillot une journée de plus.»

Au classement général, Voeckler devance l'Écossais Stuart O'Grady (Cofidis) de trois minutes et son compatriote Sandy Casar, 3e à 4:13 minutes. Comme prévu, les favoris se sont jaugés lors de cette première étape de montagne, et aucun bouleversement de taille au général n'est à noter.

«Il ne s'est rien passé de spécial aujourd'hui, a commenté l'Allemand Jan Ullrich (T-Mobile), qui a franchi la ligne dans le même temps qu'Armstrong. Il y avait deux types devant et au départ le peloton a réagi vivement, mais une fois qu'ils sont partis, tout est rentré dans l'ordre. Je suis content du déroulement de la course.»

L'un des candidats à la victoire finale, l'Américain Tyler Hamilton (Phonak) a tout de même concédé sept secondes à Armstrong et Ullrich en fin de parcours.

«Tout s'est bien passé, mais il était mal placé dans le dernier kilomètre, ça explique les secondes perdues», a commenté le directeur de la Phonak, Urs Freuler.

Aujourd'hui, la 11e étape, longue de 164 km, conduira le peloton de Saint-Flour à Figeac sur un parcours piégeux mais sans grosse difficulté. Le Tour prendra ensuite la direction des Pyrénées.