Catriona Le May Doan sera cheffe de mission du Canada à Pékin

La Saskatchewanaise, qui aura 50 ans le 23 décembre, réalisera ainsi un rêve.
Photo: La Presse canadienne/HO-Leah Hennel/Team Canada La Saskatchewanaise, qui aura 50 ans le 23 décembre, réalisera ainsi un rêve.

Catriona Le May Doan dirigera la délégation canadienne aux Jeux d’hiver de Pékin, en 2022. Le Comité olympique canadien a révélé que l’ex-patineuse de vitesse sera la cheffe de mission de l’équipe canadienne aux XXIVes Jeux olympiques d’hiver.

La Saskatchewanaise, qui aura 50 ans le 23 décembre, réalisera ainsi un rêve.

« C’est vraiment quelque chose que je voulais faire depuis plusieurs années, a déclaré à La Presse canadienne la double championne olympique sur 500 mètres, en 1998 et 2002. Mais c’est vraiment en 2018, à Pyeongchang, quand j’ai vu travailler Isabelle Charest et que j’agissais comme mentor auprès des athlètes, que j’en ai eu vraiment envie. »

« J’ai regardé comment elle agissait comme chef de mission. Quand les Jeux se sont terminés, j’ai immédiatement dit que je souhaitais tenir ce rôle. »

Pour elle, cette étape constitue la suite logique de sa carrière. « J’ai tout fait aux JO : j’ai été athlète, je les ai couverts comme membre des médias, j’ai fait partie de l’équipe de mission. Mais il me manquait ce rôle. J’étais très contente quand j’ai reçu cet appel. »

Le Comité olympique canadien l’a informée il y a quelques semaines déjà de sa nomination, qu’elle devait garder pour elle.

« Quand j’ai reçu cet appel, j’ai fondu en larmes, a raconté celle qui a gagné 11 médailles, dont cinq d’or, aux Championnats du monde. Ça a été très difficile de garder le secret, de ne pas annoncer à personne cette grande nouvelle, pas même à ma famille. Les seuls à qui je l’ai dit, ce sont mes enfants, Greta et Easton. »

Le May Doan, qui a aussi gagné le bronze aux Jeux de Nagano sur 1000 mètres, n’a pas encore d’adjoints. Elle a bien quelques noms en tête, mais elle a une idée de leur rôle.

« Le choix n’est pas arrêté. C’est une décision prise en équipe. J’ignore quand ils seront nommés, mais ce sera dans les prochains mois. Il y a des gens que j’aimerais suggérer. Je suis très fière des athlètes que j’ai côtoyés, comme athlète et à Pyeongchang. […] Les gens qui vont représenter les athlètes à Pékin 2022 doivent savoir que le sport est important. »

Redonner au suivant

 

Le May Doan a beaucoup aimé le travail d’Isabelle Charest, cheffe de mission aux JO 2018, et compte comme elle s’inspirer de son expérience d’athlète pour appuyer la nouvelle génération.

« J’ai l’expérience comme athlète. Je sais ce que c’est que d’avoir une expérience magnifique, de gagner des médailles, comme aussi d’être très déçue, comme après ma chute en 1994. Je sais quelle est la pression imposée par les médias, ce que signifie d’offrir une performance aux Jeux olympiques, qui sont différents de toutes les autres compétitions, même les Championnats du monde. »

« Quand j’ai décidé de quitter le monde des médias et de redonner aux athlètes, c’était parce que je voulais faire partie, juste un peu, de leurs performances. Je voulais aider à leur préparation avant les compétitions et être là aussi après, que ça ait bien été ou non. C’est une autre étape à laquelle je voulais passer dans ma vie et Isabelle a été un très bon exemple. »

« Comme c’est le cas pour Isabelle, ce que vous voyez de moi, c’est ce que je suis. Je veux aider les athlètes. Je veux que tous les membres de l’équipe puissent donner leur meilleure performance possible. »

Avec la pandémie de COVID-19, les athlètes olympiques vivent un peu dans le néant actuellement. Si la situation peut être moins stressante pour les athlètes qui participeront aux Jeux d’hiver — dans 15 mois seulement —, leur calendrier ne s’en trouve pas moins chamboulé.

« Les athlètes canadiens se demandent ce qui va arriver avec leurs qualifications. Qu’elles aient lieu cette année ou l’hiver prochain, nous disons aux athlètes que les qualifications seront tenues selon les règles de l’art et que nous enverrons la meilleure équipe à Pékin 2022, a indiqué la lauréate du prix Lou-Marsh en 1998. Moi, comme cheffe de mission, si je peux aider à les calmer, c’est mon rôle. Quand nous serons à la cérémonie d’ouverture, nous aurons la meilleure équipe possible. »

« C’est vrai que nous vivons des moments très différents, mais c’est le cas partout dans le monde, a ajouté Le May Doan. Quand la pandémie a commencé, pour les athlètes de sports d’hiver, ça n’a pas fait beaucoup de différence dans leur entraînement, car ils s’entraînaient à l’extérieur. Mais maintenant, on ne sait pas si les compétitions, nationales comme internationales, auront lieu. »

« Les athlètes sont par contre très bons pour ne pas perdre de vue leurs objectifs et pour ces athlètes, l’objectif est février 2022. Pour eux, ils savent qu’il reste 15 mois. Que peuvent-ils faire d’ici là ? Ils peuvent s’ajuster. […] Les athlètes partout dans le monde doivent s’ajuster à l’entraînement et en compétitions. »

Outre la performance de la délégation canadienne – Le May Doan parle déjà d’améliorer la récolte de 29 médailles réussie à Pyeongchang — la cheffe de mission souhaite laisser sa fierté en héritage après Pékin 2022.

« J’espère qu’on se rappellera que j’ai été très fière de faire partie de l’équipe. On veut récolter beaucoup de médailles, on veut célébrer des records et des performances spectaculaires. Mais ce qui est vraiment important, c’est que chaque membre de l’équipe sache quelles sont les valeurs associées à l’équipe canadienne. J’espère que je pourrai être la meneuse qui donnera l’exemple dans toutes ces sphères. »

Les Jeux olympiques de Pékin seront disputés du 4 au 20 février 2022.

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