La boxeuse Tammara Thibeault est surclassée médaillée d’argent des Jeux panaméricains

La boxeuse Tammara Thibeault
Photo: La Presse canadienne/HO-Canadian Olympic Committee-Johany Jutras/Team Canada La boxeuse Tammara Thibeault

Les parcours de l’ex-haltérophile Christine Girard et de la boxeuse Tammara Thibeault se ressemblent jusqu’à un certain point. Elles ont chacune accompli un exploit dans un événement sportif international, et ont chacune été « volée » par une adversaire dopée.

Il aura fallu six ans à Girard pour obtenir sa médaille d’or olympique — elle avait terminé troisième chez les moins de 63 kg aux Jeux de Londres en 2012, mais avait été propulsée sur la première marche du podium après que les deux autres médaillées avaient échoué aux tests antidopage.

Heureusement pour Thibeault, elle n’a pas eu à patienter aussi longtemps pour recevoir l’objet tant convoité. Plus d’un an après les faits, elle peut désormais se targuer d’être médaillée d’argent des Jeux panaméricains de Lima, au Pérou.

« Ça fait des mois qu’on travaille là-dessus. C’est un processus qui est déjà long en partant, et là avec la COVID-19, c’était une éternité. Il était temps que ça arrive. Je suis vraiment contente, c’est vraiment une belle nouvelle, surtout après une année comme celle qu’on vient de connaître », a-t-elle déclaré en entrevue à La Presse canadienne.

La boxeuse de 23 ans, de Saint-Georges, s’était initialement classée troisième chez les 75 kilos après avoir perdu une décision partagée en demi-finale contre la Colombienne Jessica Caicedo, la future médaillée d’or. Plus tôt cette année, Caicedo a été disqualifiée pour dopage.

Même si la nouvelle était connue depuis quelques mois, Thibeault n’a reçu sa médaille que récemment en raison du long processus dans la foulée de la COVID-19. Elle a reçu sa médaille dans un cadre privé à Montréal des mains de Daniel Trépanier, directeur de la haute performance de Boxe Canada.

Interrogée sur le fait de savoir si elle considérait que son sport, qui a déjà été frappé de nombreux scandales de corruption et de dopage — à l’instar de l’haltérophilie —, était maintenant plus équitable, Thibeault a donné une réponse très lucide.

« C’est un pas dans la bonne direction. On s’entend ; il y a déjà eu beaucoup de controverse, mais je crois que tout le monde fait de son mieux pour que le sport devienne équitable », a-t-elle confié­.

« C’est sûr qu’en sachant que quelqu’un a triché… Tout le monde s’est occupé de ça, notamment le Comité olympique canadien. C’est formidable de voir que les valeurs du sport ont été respectées, qu’elles ont été renforcées. C’est important de se rappeler qu’on pratique un sport parce qu’on aime ça. C’est viscéral. Donc, c’était bien de voir ça », a-t-elle répété.

Et cette mésaventure aux dépens d’une adversaire dopée lui a même servi de motivation pour la suite de sa carrière.

« Sur le coup, ce n’est pas joyeux comme événement. Personnellement, j’ai été très déçue de mes performances aux Panam en général. Ça m’a obligée à réévaluer un peu ma préparation, et comment entrer dans les tournois. Cette défaite-là [contre Caicedo] a vraiment été un moment clé pour moi et, à cause de ça, j’ai été en mesure d’obtenir une médaille de bronze aux Mondiaux [d’Oulan-Oude, en Russie] quelques mois plus tard », a rappelé la principale intéressée.

Des 152 médailles de l’équipe canadienne à Lima, les boxeurs en ont remporté deux d’argent. Celle de Thibeault s’ajoute à celle de sa coéquipière Myriam Da Silva, deuxième dans la catégorie féminine des 69 kilos.

Le regard tourné vers Tokyo 2021

Comme la plupart des athlètes qui espèrent se qualifier pour les Jeux olympiques de Tokyo à l’été 2021, Thibeault a dû faire face à son lot d’obstacles ces derniers mois en raison de la pandémie de COVID-19.

Heureusement pour elle, Boxe Canada s’est assurée que ses collègues et elle peuvent poursuivre leur préparation dans un environnement sécuritaire.

« Heureusement, nous, les athlètes de Boxe Canada, sommes centralisés à l’Institut national du Sport du Québec (INSQ), à Montréal. C’est la même chose que si nous nous entraînions normalement pour les JO. Notre environnement est plus qu’adéquat pour les prochains JO. Évidemment, c’est un peu plus complexe que normalement [pour entrer à l’INSQ], mais je dois admettre que les gymnases n’ont jamais été aussi propres », s’est-elle esclaffée.

Thibeault espère maintenant pouvoir obtenir son billet pour les jeux lors de la qualification continentale qui doit avoir lieu en mai 2021, à un endroit qui reste à déterminer. Elle devra alors finir dans le top 3 de sa catégorie pour atteindre son objectif. Si elle n’y parvient pas, alors elle devra se soumettre à la qualification mondiale en juin, encore une fois sur un site à déterminer.

D’ici là, l’agenda de la pugiliste qui n’a pas livré de combat officiel depuis février 2020 demeure un mystère.

« Je n’ai toujours pas de date pour une prochaine compétition ; on attend des nouvelles des dirigeants. Pour l’instant, ça ne sert à rien de prendre des risques. […] Il faut prendre une journée à la fois. Personnellement, je me mets de petits objectifs quotidiens, ou hebdomadaires. C’est moins lourd ainsi, a-t-elle dit.

« Mais je pense que je serai beaucoup plus fraîche lorsque je me présenterai à mon prochain tournoi, a-t-elle ajouté. L’équipe qui m’entoure a travaillé très fort pour qu’on maximise mes entraînements malgré les restrictions sanitaires. Quand le temps viendra, je pense vraiment que je vais sortir en grand. »

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