Les espoirs du CH gardent le cap malgré l’inconnu

Alexandre Alain, comme la majeure partie des joueurs qui porteront les couleurs du Rocket cette saison, a décidé de demeurer au Québec. 
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Alexandre Alain, comme la majeure partie des joueurs qui porteront les couleurs du Rocket cette saison, a décidé de demeurer au Québec. 

Les espoirs du Canadien de Montréal qui s’alignent avec le Rocket de Laval doivent garder le cap afin de maintenir la forme, malgré toute l’incertitude entourant la suite des choses dans la Ligue américaine de hockey, mais aussi au Québec.

Certains ont choisi d’aller peaufiner leur jeu en Europe, comme Josh Brook, que le Tricolore a prêté jeudi aux Pinguine de Krefeld, dans la Ligue élite allemande. Mais la majeure partie des joueurs qui porteront les couleurs du Rocket cette saison ont décidé de demeurer au Québec.

Alexandre Alain et Raphaël Harvey-Pinard sont de ceux-là. Mais comme la pandémie de COVID-19 a plongé plusieurs régions du Québec en zone rouge, ils doivent se montrer imaginatifs pour poursuivre leur préparation.

« Avec la zone rouge, c’est plus compliqué pour les patinoires, a admis Alain, qui se retrouve dans la région de Québec. J’ai beaucoup de poids à la maison et des appareils, alors ça me permet de continuer ce que je faisais en salle de sport. Je patine toutefois moins que d’habitude, mais la saison n’est pas sur le point de commencer et je ne suis pas inquiet de pouvoir avoir accès à une glace prochainement. »

« Je n’ai pas grand-chose à la maison et mon gym est fermé, a pour sa part indiqué Harvey-Pinard, qui se trouve à Blainville. Je vais dans la cour arrière de Joël Teasdale. Nous sommes allés chercher du matériel à gauche et à droite : on a un vélo stationnaire, des poids. On a acheté des ballons, des tapis. On s’entraîne fort malgré notre matériel plus limité.

« Sur la glace, c’était limité : tous les mercredis, j’ai pu participer à des entraînements seul avec un entraîneur à Montréal. Depuis cette semaine, on peut être deux personnes de deux adresses différentes dans mon coin, ce qui fait que je peux aller sur la glace trois fois semaine. »

Malgré ces embûches, les deux joueurs n’ont pas lorgné du côté de l’Europe.

« Je ne l’ai pas envisagé pour le moment, ça ne fait pas longtemps qu’on a su que la ligue allait recommencer en février, a dit Alain. C’est certain qu’à Québec, où je suis, j’ai pas mal de ressources, même si ça a beaucoup changé après le passage en zone rouge. Y a moyen de se développer autrement qu’en jouant en Europe. »

« J’en ai parlé avec mon agent, mais la discussion a été quand même assez courte, a admis Harvey-Pinard. Je suis à Blainville, je peux donc m’entraîner avec des joueurs qui ont joué dans la ligue ou qui vont jouer dans la ligue. C’est aussi bon pour mon développement de rester ici. »

Même si mentalement, ça peut être plus difficile de s’entraîner seul.

« Ce n’est pas facile, faut trouver des moyens de se surpasser, même si en raison de cette situation particulière, on n’a pas accès à tout, a mentionné Harvey-Pinard. Mon but c’est de retourner jouer sur la patinoire le plus rapidement possible. »

« Ce n’est pas l’idéal : dans une pandémie, chaque personne vit des moments plus ou moins faciles, a ajouté Alain. C’est important de garder la motivation, de se garder occupé. Je prends encore des cours à l’école, et je reste occupé avec l’entraînement. Faut juste trouver un moyen de rester motivé. »

L’entraîneur du Rocket, Joël Bouchard, a d’ailleurs mentionné la semaine dernière que ceux qui se garderont occupés auront une longueur d’avance sur les autres quand les camps reprendront. Alain et Harvey-Pinard n’avaient toutefois pas besoin de se le faire rappeler.

« Rendus au point où nous sommes, c’est à nous de faire les efforts pour arriver prêts, a argué Alain. Que Joël le dise ou non, on est assez intelligents pour savoir qu’on ne peut pas prendre l’année off et revenir au point où nous étions. Peut-être que ça a pu en réveiller quelques-uns, mais on est assez vieux pour savoir qu’il faut arriver prêts au camp. »

« Oui, c’était un message, mais tous ceux qui veulent percer savent qu’il fallait s’entraîner pendant ce temps mort, a fait valoir Harvey-Pinard. C’était une belle occasion de travailler sur les points à améliorer. Je n’ai pas eu besoin qu’on me le rappelle. »

Maintenant, tous deux espèrent que la date du 5 février avancée par la LAH pour la reprise de la saison tiendra la route.

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