La Vuelta espère imiter le Tour de France

La Vuelta a pris plusieurs mesures qui, on l’espère, permettront aux coureurs de rester en bonne santé et de continuer la course jusqu’à Madrid.
Photo: Javier Lizon EPA La Vuelta a pris plusieurs mesures qui, on l’espère, permettront aux coureurs de rester en bonne santé et de continuer la course jusqu’à Madrid.

La course cycliste de la Vuelta se met en branle, mardi, dans un contexte de restrictions sanitaires strictes dans l’espoir d’éviter les infections à coronavirus qui ont entraîné l’exclusion de certains coureurs, y compris des favoris, du Giro d’Italie.

Primoz Roglic est de retour pour défendre son titre quelques semaines après avoir perdu le Tour de France lors de l’avant-dernière étape. Le double champion Chris Froome sera son principal rival à son dernier grand tour pour Ineos, anciennement Team Sky, avant de rejoindre Israël Start-Up Nation la saison prochaine. Thibaut Pinot, Alejandro Valverde et Johan Esteban Chaves font également partie des aspirants.

Malgré un peloton relevé, les protocoles de santé de la Vuelta seront à l’avant-scène.

La Vuelta démarre avant la fin du Giro le week-end prochain. Les deux grands tours, comme le Tour de France, ont été reportés en raison de la pandémie, et le calendrier serré a forcé la Vuelta et le Giro à se chevaucher.

Le Tour de France s’est terminé sans aucune infection, à l’exception du directeur de course Christian Prudhomme. Le Giro a toutefois perdu deux équipes complètes à cause du virus. Mitchelton-Scott et Jumbo-Visma se sont retirées de la course italienne la semaine dernière après une série de résultats positifs dès le premier jour de repos. Les aspirants Simon Yates et Steven Kruijswijk étaient parmi ceux qui ont été déclarés positifs.

L’Espagne ayant du mal à contenir sa propre résurgence de contagion, le directeur du Giro, Mauro Vegni, a déclaré la semaine dernière : « Vu les chiffres en Espagne, je serais très inquiet pour la Vuelta, si j’étais à la place de Javier Guillén [directeur de course]. »

Guillén a tenté de rassurer les participants et le personnel de la Vuelta sur le fait que la course peut se dérouler en toute sécurité, à l’instar du Tour de France. Le Tour et la Vuelta sont gérés par la même société.

« Nous avons travaillé ensemble sur les protocoles et échangé des informations pendant le Tour, a déclaré Guillén au quotidien sportif espagnol Mundo Deportivo. Les mesures prises pendant le Tour ont permis de contrer la COVID-19 et ont permis à la course de commencer et de se terminer. Je n’ai aucune information sur le Giro. »

Tous les coureurs et le personnel des équipes et de la course ont subi des tests, dimanche. La Vuelta suivra la même procédure que le Tour, soit de répéter les tests lors des deux jours de repos de la course.

Une différence avec le Tour est qu’à la Vuelta, une équipe sera invitée à quitter la course si deux coureurs sont déclarés positifs, par opposition à deux membres de l’équipe, y compris le personnel, au Tour.

Mesures sanitaires rigoureuses

La Vuelta a pris plusieurs mesures qui, on l’espère, permettront aux coureurs de rester en bonne santé et de continuer la course jusqu’à Madrid.

Le public est encouragé à ne pas se rassembler aux lignes d’arrivée, et les organisateurs couperont l’accès aux cols de montagne qui sont des lieux de rassemblement populaire pour encourager les coureurs dans les ascensions exténuantes. On envoie le message sur les réseaux sociaux demandant aux amateurs de rester chez eux et de regarder la course à la télévision cette année.

Une application téléphonique de reconnaissance faciale remplacera la signature traditionnelle des coureurs au départ de chaque étape pour réduire le contact avec les stylos et les surfaces.

Tous les membres de l’équipe et le personnel de course sont invités à porter des couvre-visages, à se laver fréquemment les mains, à respecter la distance physique et à n’avoir aucun contact en dehors de la « bulle de course ».

Un laboratoire mobile suivra la course dans une remorque de 14 mètres. Le laboratoire analysera tous les tests pendant la course. Avec 18 spécialistes, il a la capacité d’analyser jusqu’à 1000 tests par jour avec des résultats en 24 heures, ont déclaré les organisateurs de la course.

Toute personne accréditée pour la course doit présenter un résultat de test négatif dans les cinq jours suivant le départ de la course.

Plus court, plus froid et plus pluvieux ?

Normalement organisée pendant les semaines chaudes de fin août et début septembre, la course se déroule désormais à l’automne, et entièrement dans la moitié nord de l’Espagne, qui peut recevoir des précipitations importantes et enregistrer du temps froid à cette période de l’année.

La 75e édition de la course ne comportera que 18 étapes, au lieu du récent standard de 21.

Les organisateurs ont annulé le plan de tenir les trois premières étapes aux Pays-Bas. Le départ de la course a été déplacé dans la région du Pays basque, qui abrite de nombreux amateurs de cyclisme parmi les plus passionnés d’Espagne. Le projet de passage au Portugal pendant les 15 et 16 étapes a également été abandonné.

Compte tenu des collines et des montagnes du nord de l’Espagne, la course ne comportera que trois étapes sur le plat. Il y a également un seul contre-la-montre, lors de la 13e étape.

Le départ de mardi donnera le ton de cette course en montagne avec un parcours de 151 kilomètres au départ d’Irun, où les coureurs passeront trois sommets de 3e catégorie avant un sommet de première catégorie à Arrate.

L’arrivée de la 17e étape au sommet de La Covatilla décidera du vainqueur avant le défilé dans la capitale espagnole, le 8 novembre.

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