Deux ans de prison pour l’ex-président de la fédération internationale d’athlétisme

Lamine Diack a été reconnu coupable de nombreuses accusations de corruption et d’abus de confiance, mais a été blanchi des accusations de blanchiment d’argent.
Photo: Rafael Yaghobzadeh Associated Press Lamine Diack a été reconnu coupable de nombreuses accusations de corruption et d’abus de confiance, mais a été blanchi des accusations de blanchiment d’argent.

L’ex-président de la fédération internationale d’athlétisme, Lamine Diack, a écopé d’une peine d’emprisonnement de deux ans mercredi pour corruption pendant son règne de 16 ans à la tête de l’organisation.

Il a notamment contribué à l’élaboration du stratagème qui permettait aux athlètes russes de poursuivre leurs activités alors qu’ils auraient dû être suspendus pour dopage sportif, en retour de pots-de-vin de plusieurs millions de dollars.

Le verdict de culpabilité a été prononcé devant un tribunal parisien, et confirme la chute spectaculaire de Diack, un homme âgé de 87 ans qui a dirigé l’IAAF de 1999 à 2015 et qui côtoyait régulièrement les dirigeants de la planète ainsi que ceux impliqués dans le mouvement olympique.

Le tribunal a aussi imposé une peine d’emprisonnement supplémentaire de deux ans avec sursis et une amende de 500 000 euros (779 438 $Can).

Ses avocats ont déjà indiqué qu’ils contesteraient le verdict, ce qui signifie que Diack demeurera pour l’instant en liberté. Diack a refusé de commenter la décision à sa sortie du tribunal.

L’un des avocats de Diack, Simon Ndiaye, a qualifié le verdict «d’injuste et inhumain», et ajouté que la justice avait pris son client comme «bouc émissaire».

Diack a été reconnu coupable de nombreuses accusations de corruption et d’abus de confiance, mais a été blanchi des accusations de blanchiment d’argent.

À l’ouverture du procès de Diack en juin, les procureurs avaient requis une peine d’emprisonnement de quatre ans et une amende de 500 000 euros.

Diack, qui était vêtu de blanc, est demeuré de marbre alors que la juge lisait le verdict de culpabilité et imposait sa sentence. La juge, Rose-Marie Hunault, a détaillé son rôle dans le stratagème frauduleux, surnommé «la protection complète», qui lui a permis de soutirer environ 3,2 millions d’euros (4,987 M$Can) en pots-de-vin aux athlètes russes suspectés de dopage sportif.

«L’argent était versé en retour d’un programme de ’protection complète’», a-t-elle déclaré, en ajoutant que ce stratagème avait permis aux athlètes qui auraient dû être suspendus «d’éviter purement et simplement des sanctions».

«Vous avez enfreint toutes les règles (du sport)», a-t-elle martelé.

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