Flushing Meadows sera bien différent sans spectateurs

Cette année, il n’y aura pas de spectateurs au Billie Jean King National Tennis Center.
Photo: Eduardo Munoz Alvarez Associated Press Cette année, il n’y aura pas de spectateurs au Billie Jean King National Tennis Center.

L’un des moments les plus mémorables à Flushing Meadows, en 2019, ne risque pas de se produire cette année : Daniil Medvedev, qui allait être finaliste, cherchant expressément à attirer encore plus les huées de la foule.

Plus tard dans le tournoi, il avait rallié les amateurs à sa cause. Au stade Arthur-Ashe, le public l’encourageait passionnément en finale contre Rafael Nadal, le vainqueur en cinq sets.

En 2020, il n’y aura ni acclamations ni huées à l’étape américaine du Grand Chelem, qui débute lundi. En ces temps de pandémie, il n’y aura pas de spectateurs au Billie Jean King National Tennis Center.

« Ça va être vraiment triste sans la foule new-yorkaise, a dit Medvedev. Pour les joueurs, ça va paraître très étrange. »

Pour tout le monde, en fait. Le public ne va pas donner un surplus d’énergie aux athlètes — ou nuire à leur concentration. Les entraîneurs donneront plus facilement des conseils à leurs protégés.

Les arbitres n’auront pas à demander le silence ou à retarder le déroulement d’un match. « J’adore jouer devant des gens. J’adore que le public vienne voir la performance que moi et ma rivale pouvons donner, a dit l’Anglaise Johanna Konta, neuvième tête de série. Mais évidemment, ce n’est pas la réalité en ce moment. »

Elle et d’autres ont eu un aperçu du nouveau contexte à l’Omnium Western & Southern. Il se tient d’habitude en Ohio, mais étant donné la pandémie, on le présente au site des Internationaux des États-Unis. « On s’entend respirer, a dit la Française Kristina Mladenovic, championne de quatre tournois majeurs en double. Mais c’est quand même mieux que de rester chez soi à ne rien faire. »

Après un match à l’Omnium Western & Southern, Félix Auger-Aliassime a envoyé avec humour une balle dans les gradins vers son entraîneur, à la manière qu’on voit les joueurs le faire en direction des partisans.

« Qu’il n’y ait personne, pas de foule, ça donne une impression bizarre », a dit le Québécois, qui sera la 15e tête de série au grand tournoi.

L’absence de partisans risque d’être encore plus évidente à New York, où les supporters enflammés ont tendance à être plus bruyants qu’à Roland-Garros, au All England Club ou en Australie.

Qu’il n’y ait personne, pas de foule, ça donne une impression bizarre

 

« Mentalement, ça va être dur pour les joueurs, a dit Chris Evert, qui a remporté six de ses 18 titres de simple en Grand Chelem dans la Grosse Pomme. Ceux qui feront le mieux la part des choses vont se débrouiller un peu mieux que ceux qui ne sont pas aussi concentrés. »

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