Taïder ne voudrait pas devoir retourner jouer aux États-Unis

Le milieu de terrain de l’Impact de Montréal, Saphir Taïder, en 2019.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le milieu de terrain de l’Impact de Montréal, Saphir Taïder, en 2019.

Même s’il s’agit encore d’un scénario très hypothétique, la possibilité que l’Impact de Montréal doive de nouveau s’installer aux États-Unis pour jouer d’autres matchs en MLS, cet automne, semble perturber plusieurs joueurs de l’équipe. Tout particulièrement Saphir Taïder.

Lors d’une visioconférence organisée par l’Impact vendredi après-midi, le milieu de terrain n’a pas caché une vive inquiétude à l’idée de devoir s’éloigner, une fois de plus, de sa famille et de ses trois enfants comme ce fut le cas pendant le tournoi de relance à Orlando.

« C’est clair que je ne préfère pas y penser parce que ça serait fou et illogique. Je pense à moi, mais il y a aussi beaucoup de joueurs qui sont dans des situations délicates. Moi, j’ai une famille et même si tu n’as pas de famille, partir deux mois, comme ça, aux États-Unis, pour un sportif de haut niveau, c’est impossible. Parce que psychologiquement, au bout de quelques semaines, tu lâches », a-t-il affirmé.

« Partir deux mois, ce n’est pas la solution parce que psychologiquement, les joueurs n’y seront plus. C’est impossible. Pour jouer au football, il faut être libéré, être bien dans sa tête, sinon ça gâche la moitié du spectacle. »

Au fil de la visioconférence, Taïder a précisé qu’il avait envoyé ses enfants en France en juin et qu’il ne les avait pas vus depuis. Selon ce qu’il a expliqué, ses enfants étant Français, il leur fallait une autorisation du gouvernement canadien pour revenir au pays.

La bonne nouvelle, c’est que Taïder devait les retrouver vendredi soir, au moment où l’esprit de la grande majorité des amateurs de sportifs du Québec allait être tourné vers le duel entre le Canadien de Montréal et les Flyers de Philadelphie.

« Si vous vous imaginez bien, ils sont partis fin juin, on est déjà fin août, je ne les ai pas vus. Si nous devons partir dans trois semaines, je ne peux pas laisser mes enfants six mois dans l’année de côté et ne pas les voir. C’est complètement impossible. Donc, si c’est pour aller là-bas et ne pas être bien dans ma tête, je ne vois pas où est l’intérêt parce que moi, je joue au football pour prendre du plaisir, pour avoir le sourire sur le terrain et en dehors avec mes coéquipiers. Mais en étant aussi loin et aussi longtemps, non, je ne peux pas. Je ne peux pas sacrifier ça, c’est impossible. »

Un format pas idéal

Avec les enfants qui seront de retour dans le giron familial, Taïder aura sans doute l’esprit plus en paix mardi soir prochain alors que l’Impact disputera son premier match du volet canadien de la relance de la saison de la MLS.

À l’occasion de la visite des Whitecaps de Vancouver, Taïder et ses coéquipiers auront non seulement l’occasion de renouer avec la pelouse du stade Saputo, ils retrouveront aussi une poignée de spectateurs, soit un maximum de 250.

« C’est bien, ça nous fait plaisir, surtout pour eux parce que nous, on ne ressentira pas la différence, honnêtement », a déclaré Taïder.

Ce volet canadien comptera un total de six matchs pour chacune des trois formations du pays et permettra, en plus de compter pour le classement régulier de la MLS, de déterminer l’équipe finaliste en vue du Championnat canadien de soccer.

« C’est vrai que ce n’est pas la plus belle des choses de se rencontrer trois fois en deux semaines, a ajouté Taïder. Mais voilà, la ligue a essayé de faire de son mieux. Nous, on ne peut pas sortir du Canada, donc on n’a pas d’autre choix que d’accepter. C’est comme ça. On va essayer d’en tirer les points positifs et de soutirer le maximum de points possible. »

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