Samuel Piette avance une journée à la fois

«Ce qui me fait peur, entre guillemets, c’est la phase 2 et c’est la même chose pour tous les joueurs», confie Samuel Piette.
Photo: Paul Chiasson Archives La Presse canadienne «Ce qui me fait peur, entre guillemets, c’est la phase 2 et c’est la même chose pour tous les joueurs», confie Samuel Piette.

Ce ne sont pas les préoccupations ni les questionnements qui manquent dans le quotidien de Samuel Piette en ce moment. À un point tel, avoue-t-il, qu’il essaie de ne pas regarder trop loin devant.

Le milieu de terrain de l’Impact de Montréal doit bien sûr se préparer pour un segment de six matchs en trois semaines contre les deux autres formations canadiennes de la MLS. Cette séquence commencera le 25 août contre les Whitecaps de Vancouver, au stade Saputo.

Aussi, au moment où il était sur le point d’amorcer sa visioconférence avec les journalistes montréalais mercredi après-midi, Soccer Canada dévoilait les adversaires de l’équipe nationale masculine — pour laquelle il a joué quelques fois — en vue des qualifications de la zone de la Concacaf pour la Coupe du monde de 2022 au Qatar.

Le site Internet de la FIFA indique que les quatre matchs du Canada auront lieu entre le 8 octobre et le 17 novembre.

Il y a aussi sa vie personnelle qui, très prochainement, ne sera plus la même.

Avant que la formation montréalaise ne parte pour la bulle d’Orlando, Piette avait confié que sa conjointe attendait un enfant pour la fin de l’été. Or, le moment approche, a-t-il fait savoir mercredi.

« Ma copine a atteint les 37 semaines hier [mardi]. Il n’en reste plus beaucoup. On a bien hâte de voir la face de ce petit bébé-là. Donc, tout se passe bien de ce côté-là », a-t-il déclaré avec le sourire aux lèvres.

Selon Piette, l’accouchement est prévu pour le 8 septembre, soit la veille du troisième et dernier rendez-vous contre le Toronto FC, au stade Saputo, dans le cadre du volet canadien de la reprise des activités de la MLS.

Après ce match, l’Impact aura deux autres rencontres au calendrier, toutes deux à Vancouver, les 13 et 16 septembre, dans le cadre d’un voyage unique.

Les deux autres parties de l’Impact, dans ce qui est appelé la phase 1 de la relance du calendrier régulier, auront lieu le 28 août, contre Toronto à Montréal, et le 1er septembre, dans la Ville Reine.

Après le 16 septembre, sur le plan professionnel, c’est le grand mystère. On ne sait encore rien de la suite du calendrier de la MLS, et des répercussions de la COVID-19.

L’un des scénarios qui circulent, c’est celui où les équipes canadiennes devraient de nouveau s’exiler aux États-Unis — si les formations américaines ne peuvent entrer au pays.

« En ce moment, je suis plus dans un état d’esprit d’un jour à la fois. Ce qui me fait peur, entre guillemets, c’est la phase 2 et c’est la même chose pour tous les joueurs. Il va peut-être falloir se réinstaller aux États-Unis pour une période de deux ou de trois mois. C’est sûr que ce n’est pas très attirant pour les joueurs. De mon côté, j’ai plus regardé le calendrier de la phase 1 avec la grossesse de ma copine. Ça peut arriver du jour au lendemain. Je vis au jour le jour et c’est une chose à la fois », a-t-il fait remarquer.

« Présentement, d’ici jusqu’au match, on regarde s’il va y avoir un accouchement. Après ça, on se concentre sur le match du 25, et celui du 28. Après, le voyage à Toronto c’est le premier, c’est une semaine avant la date de l’accouchement s’il n’y a toujours pas eu naissance. C’est vraiment au jour le jour », a-t-il répété.

Un contexte difficile

Il y a maintenant neuf jours que les joueurs de l’Impact ont recommencé à s’entraîner après leur participation au tournoi de relance de la MLS à Orlando, suivie par une quarantaine de 14 jours à leur retour au pays.

Piette admet que le fait de reprendre des entraînements après des pauses de longueurs variées n’est pas évident à gérer, particulièrement sur le plan physique, car il faut éviter d’aller trop vite et de se blesser.

« C’est un peu difficile de trouver son rythme, de garder la cadence. […] Faire du vélo à l’intérieur de la maison, ce n’est pas pareil que de s’entraîner sur un terrain de gazon avec des ballons », a-t-il d’abord noté.

« Mais là, je pense qu’on est parti pour une bonne séquence. On a six matchs importants pour la saison régulière et pour le Championnat canadien. On sait que la ligue et les clubs travaillent très, très fort pour la phase 2, qu’il y a eu une proposition. Je sais qu’il reste beaucoup de choses à régler, mais on sent du côté des joueurs qu’il va y avoir une suite. »

Comme le mentionnait Piette, les joueurs de l’Impact ont tous hâte à ce match du 25 août, non seulement parce que ce sera le premier de l’équipe en un mois, mais aussi le premier au stade Saputo en 2020. Même s’il se pourrait qu’il se joue à huis clos ou devant une poignée d’amateurs.

« À Orlando, il n’y avait pas de spectateurs, mais il n’y avait pas de place non plus pour les spectateurs, a-t-il fait remarquer. On ne sentait pas qu’on était dans un stade vide. […] Là, de jouer dans un stade vide ou avec quelques partisans, ça va faire bizarre, surtout qu’on est habitués à voir un stade avec plusieurs milliers de personnes. Ça va être étrange.


« Au final, a-t-il ajouté, on est content de retrouver notre stade Saputo. C’est notre maison. Ça peut paraître un peu banal et stupide, mais on connaît les dimensions du terrain, on a des repères, contrairement à un autre terrain, comme à Orlando, sur lequel on n’a jamais joué. Notre vestiaire. C’est plein de petits trucs qui font en sorte qu’on est un peu plus à l’aise. C’est sûr que de ne pas avoir de partisans, ça va être étrange. Mais je pense qu’après le premier match, la glace va être cassée, comme ça a été le cas à Orlando. On va s’habituer rapidement. »

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