JO repoussés: la bonne décision a été prise croient les athlètes canadiens

L’annonce du CIO, mardi, de finalement remettre les Jeux de Tokyo à 2021 a donc été accueillie avec des sentiments positifs.
Photo: Jae C. Hong Associated Press L’annonce du CIO, mardi, de finalement remettre les Jeux de Tokyo à 2021 a donc été accueillie avec des sentiments positifs.

Les athlètes canadiens ont pu pousser un soupir de soulagement mardi matin, quand ils ont enfin appris que les Jeux olympiques de Tokyo étaient remis à l’an prochain en raison de la pandémie du nouveau coronavirus.

Le Comité olympique canadien (COC) et le Comité paralympique canadien (CPC) avaient mis la pression sur le Comité international olympique (CIO) dimanche en annonçant que le Canada n’enverrait pas d’athlètes aux Jeux de Tokyo s’ils avaient lieu en 2020. Cette décision unilatérale avait pris par surprise les athlètes canadiens, qui reconnaissaient toutefois à l’unisson qu’elle était la bonne.

L’annonce du CIO, mardi, de finalement remettre les Jeux de Tokyo à 2021 a donc été accueillie avec des sentiments positifs.

« Je suis content de la décision, a dit le cycliste Hugo Houle, lors d’un entretien téléphonique avec La Presse canadienne. Je crois que ça allait de soi dans les circonstances. C’était ce que j’espérais, que les Jeux soient repoussés. J’aurais été déçu s’ils avaient été annulés, mais le report à l’an prochain, c’était la meilleure solution dans le contexte actuel. »

La COVID-19 a infecté des centaines de milliers de personnes et en a tué des milliers à travers le monde, forçant l’isolement de la population dans de nombreux pays.

Les compétitions sportives sont paralysées aux quatre coins du globe et seulement 57 pour cent des qualifications pour les Jeux de Tokyo étaient complétées. De nombreux athlètes n’ont plus accès à leurs installations d’entraînement.

«C’est un sentiment de soulagement, même si ça peut paraître égoïste avec tout ce qui se passe dans le monde. Le sport, c’est le dernier des soucis de bien de gens, a noté la plongeuse Mélissa Citrini-Beaulieu, de Saint-Constant, qui s’apprêtait à participer à ses premiers Jeux. Ça enlève un peu de pression sur les athlètes qui continuaient à se préparer.»

« Nous ne voulons pas aller aux Jeux dans un esprit négatif où des gens sont plus prêts que d’autres. Maintenant, nous sommes tous dans le même bateau ou presque. C’est bien. Ça favorise l’esprit sportif. […] Nous allons tous partir de la même place dans notre préparation olympique. »

Les cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques de Tokyo devaient avoir lieu le 24 juillet, puis celles des Jeux paralympiques, le 25 août.

Le CIO avait affirmé dimanche qu’il se donnait quatre semaines pour prendre une décision.

Cependant, le Comité olympique australien a emboîté le pas des comités canadiens en recommandant à ses athlètes de se préparer pour des JO en 2021. Des déclarations semblables ont suivi du côté de la Norvège, du Portugal et de l’Allemagne. Les fédérations américaines de natation, d’athlétisme et de gymnastique ont aussi plaidé en faveur d’un report.

« La décision du COC était la bonne, a insisté Houle, qui est originaire de Sainte-Perpétue et qui habite maintenant Monaco. D’autres pays ont aussi réagi et ç’a précipité la décision du CIO. »

Pour leur part, le COC et le CPC étaient bien évidemment ravis de la décision du CIO.

Dans un communiqué, ils ont remercié le président du CIO, Thomas Bach, le premier ministre japonais, Abe Shinzo, et le comité d’organisation de Tokyo 2020 « pour avoir pris cette décision et respecté son engagement de protéger la santé et la sécurité des athlètes et de la communauté mondiale ».

Les comités canadiens ont donc pu rapidement enterrer la hache de guerre.

« Nous renouvelons notre engagement à travailler avec le CIO, le Comité international paralympique (CIP) et le comité d’organisation de Tokyo 2020 et nous leur offrons notre soutien total ainsi que notre collaboration pour faire face à toutes les complexités créées par le report des Jeux », a-t-il été écrit dans un communiqué.

Des décisions à prendre

Si le report des Jeux de Tokyo semblait rendu inévitable et représente la bonne décision aux yeux de tous en terme de sécurité et de santé, il va aussi forcer les athlètes qui devaient en être à leurs derniers Jeux à prendre des décisions difficiles.

La nageuse Katerine Savard, de Pont-Rouge, avait décidé d’effectuer un retour à la compétition dans l’objectif de participer aux Jeux de Tokyo cet été.

« Nous étions dans le noir, maintenant nous savons que nous pouvons encore rêver aux Jeux de Tokyo, a mentionné Savard. Pour ma part, j’ai une décision à prendre. Un an, ça représente beaucoup. »

Savard a insisté qu’un après-carrière l’attendait. Elle possède un baccalauréat en enseignement, donne des conférences et a fait ses débuts comme actrice l’automne dernier lors du tournage d’un film dont la sortie est prévue cette année.

« Ça fait peur émotionnellement. Est-ce que je peux encore faire du sport pendant un an ? J’avais tellement en tête que je m’entraînais pour cet été. Ça bouscule les plans. Je suis encore dans l’inconnu et c’est ça qui me fait peur. »

Savard s’attendait à obtenir rapidement quelques réponses sur le déroulement des prochains jours, mois, année. Elle a indiqué que le COC avait organisé une conférence téléphonique avec les athlètes plus tard mardi et que Natation Canada devait faire la même chose mercredi.