Liverpool muselé, le PSG battu

Les deux buts d'Erling Haaland, buteur prodige de 19 ans, ont assommé le PSG.
Photo: Martin Meissner Associated Press Les deux buts d'Erling Haaland, buteur prodige de 19 ans, ont assommé le PSG.

Mané, Salah, Firmino, muselés : le trio d’attaque de feu de Liverpool, le tenant du titre archifavori, a été réduit au silence mardi soir à Madrid en 8e de finale aller de la Ligue des champions par l’Atlético (1-0). En Allemagne, le Borussia Dortmund s’est quant à lui imposé 2-1 face au Paris-Saint-Germain.

Dans ce même stade Wanda-Metropolitano où ils avaient conquis leur titre européen le 1er juin dernier contre Tottenham (2-0), les Reds sont restés muets mardi, et ont buté sur l’étanche rideau madrilène après l’ouverture du score rapide et efficace de Saul Niguez (4e).

Mais où est passé le jeu de Liverpool ? Alors que Diego Simeone, l’entraîneur des Colchoneros, a confessé lui-même « admirer » le jeu des Anglais lundi, c’est bien son équipe, en grosse difficulté depuis le début de l’année, qui s’est hissée au niveau des champions en titre pour aborder le match retour avec un but d’avance… et une cage maintenue inviolée.

La « MSF », le trio d’attaque des Reds qui fait trembler toute l’Europe, auteure de 44 buts depuis le début de saison, soit six de plus que l’équipe de l’Atlético tout entière (38), s’est montrée totalement impuissante mardi, maîtrisée par le bloc « rojiblanco » mené par un Felipe à la hauteur de l’événement… et qui n’a rien eu à envier au meilleur défenseur du monde Virgil van Dijk.

« Jouer contre l’Atlético est une des choses les plus difficiles de la vie », lançait le technicien allemand du club anglais, Jürgen Klopp, lundi en conférence de presse, et le match lui a donné raison : tout au long de la première période, ses joueurs, immobiles, ont multiplié les passes latérales, en mode essuie-glace, sans parvenir à casser les lignes. Ce qui leur a valu quelques sifflets appuyés du Wanda-Metropolitano.

« Ils sont impressionnants, ils ont mis une pression exceptionnelle. Le niveau de concentration de la défense de l’Atlético a été exceptionnel. Ils ont défendu avec du coeur, mais aussi avec une concentration incroyable », a souligné Klopp après le match.

Mais avec aucune frappe cadrée et un Mohamed Salah imprécis de la tête (52e) aux pieds (35e), les Reds se sont dirigés tout droit vers leur 4e défaite de la saison, la deuxième en C1 après celle contre Naples en phase de poules (2-0).

Pour l’Atlético, c’est tout le contraire : hargneux et volontaires, motivés par le bruyant accueil de leurs partisans, les Madrilènes se sont montrés ultra-réalistes en attaque.

« On a commencé à gagner le match quand on a tourné au rond-point pour venir au stade. L’accueil a été impressionnant. Durant les huit années que j’ai passées ici, je n’ai jamais vu un soutien comme celui-là », a savouré Diego Simeone au coup de sifflet final.

Réputés pour leur jeu agressif qu’ils ont bien assumé mardi, mais aussi pour leurs grosses carences offensives cette saison, les hommes de Diego Simeone, survolté lui aussi, se sont procuré les premières occasions du match (Morata 3e, Lemar 34e) et ont marqué très tôt, dès la 4e minute, sur un ballon traînant dans la surface après un coup de pied de coin de Koke propulsé dans les filets par Saul Niguez.

Et après une telle entame, l’issue ne pouvait être autre : l’Atlético Madrid n’a jamais perdu un match de Ligue des champions où il a marqué un but dans les 20 premières minutes, avec 17 victoires et 2 nuls en 19 matchs.

Haaland en état de grâce !

Deux buts, ses 9e et 10e en Ligue des champions cette saison ont assommé le PSG (2-1). Erling Haaland, le buteur prodige de 19 ans, semble ne pas connaître de limites depuis son arrivée à Dortmund en janvier.

« Ce sont ces moments pour lesquels on joue au foot, j’ai vraiment profité », a dit sur DAZN l’homme du match, apparemment plus intimidé par les micros que par les défenseurs adverses.

Au classement des buteurs de la C1, il revient à égalité avec Robert Lewandowski, le canonnier du Bayern, qui avait marqué dix fois en phase de poules.

Haaland, lui, avait fait mouche à huit reprises sous le maillot de Salzbourg, le champion d’Autriche qu’il a quitté au mercato hivernal.

Il avait déjà ébloui la Bundesliga en trois semaines, mais l’on se demandait ce que ce jeune joueur, totalement inconnu il y a six mois, serait capable de faire dans les matchs couperets de la compétition reine.

La réponse a été cinglante. En huit minutes (69e et 77e), il a marqué deux fois, dont un superbe deuxième but, un tir tendu surpuissant de 20 mètres sous la barre de Keylor Navas.

La liste de ses records de précocité commence à être connue : il est le premier joueur âgé de moins de vingt ans à avoir marqué lors de ses cinq premiers matchs de C1. Il est aussi devenu en septembre, à 19 ans et 58 jours, le troisième plus jeune auteur d’un triplé (contre Genk) dans la compétition. Seuls les légendaires Raul et Wayne Rooney avaient réussi à être plus précoces !

Dominés dans les grandes largeurs par le Borussia, les Parisiens avaient cru arracher un nul miraculeux après l’égalisation de Neymar (75e). C’était sans compter le génie du prodige Haaland.

Dans ce duel de magicien, « Ney » a failli répondre mais son baroud d’honneur sur un tir désespéré a fini sur le poteau adverse (82e). Rendez-vous dans trois semaines pour la revanche.