Jacques Doucet entre au Temple de la renommée canadien

Jacques Doucet a couvert les activités des Expos de leur arrivée en 1969, jusqu’à leur départ, en 2004.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Jacques Doucet a couvert les activités des Expos de leur arrivée en 1969, jusqu’à leur départ, en 2004.

Jacques Doucet ne savait pas s’il allait aimer le travail de descripteur quand le président des Expos de Montréal en 1972, John McHale père, le lui a offert. Il a finalement été la voix des Expos pendant 33 ans. Mardi, le Temple de la renommée du baseball canadien lui a rendu hommage en lui ouvrant ses portes. « Ça me fait très chaud au coeur, a-t-il dit en entrevue à La Presse canadienne. Ce qui me rend le plus fier est d’être le premier Canadien français qui n’a pas joué au baseball et qui n’a jamais fait partie de la direction d’une équipe à être élu. »

Doucet a été choisi par le comité de sélection du Temple, composé de 24 membres. Parmi les 50 candidats en lice, seuls l’ancien premier-but des Blue Jays John Olerud, le Britanno-Colombien Justin Morneau, l’ex-lanceur des Jays Duane Ward et lui ont obtenu les 18 votes nécessaires pour être intronisés. Ils feront leur entrée à St. Marys au cours d’une cérémonie qui aura lieu le 20 juin.

« J’ai reçu le communiqué ce matin. Ils m’avaient informé de vive voix il y a une dizaine de jours que je faisais partie des candidats. Avec la Médaille d’honneur de l’Assemblée nationale, c’est le plus grand honneur que j’ai reçu dans ma carrière de commentateur. Ça ne se fait pas tout seul : je pense à tous mes collègues qui ont travaillé avec moi. Je pense à Jean-Pierre Roy, Claude Raymond, Rodger Brulotte, Marc Griffin, Pierre Arsenault, Alain Chantelois, Derek Aucoin et Denis Casavant. Ce sont tous des gens qui ont eu un grand rôle à jouer dans l’honneur que je reçois aujourd’hui. »

Ce qui me rend le plus fier est d’être le premier Canadien français qui n’a pas joué au baseball et qui n’a jamais fait partie de la direction d’une équipe à être élu

Et pourtant, au moment d’accepter l’offre du regretté McHale, Doucet avait exprimé ses doutes quant à ce changement de carrière. « Je me revois encore dans le bureau de John McHale accepter mon contrat de deux ans pour être commentateur. J’étais encore très indécis, je ne savais pas si c’était pour me plaire : je ne connaissais rien à ce travail ! J’étais chroniqueur à La Presse. J’étais habitué à écrire, pas à parler ! Je pense que j’ai fait le bon choix. Je remercie les Expos de m’avoir fait confiance. […] Je ne savais pas si les gens allaient m’adopter. Tu as beau faire le meilleur travail comme commentateur, si les gens ne t’adoptent pas, tu ne feras pas long feu. »

5500 matchs décrits

Les 33 années suivantes lui ont démontré qu’il s’inquiétait pour rien. Non seulement Doucet a été adopté par les partisans des Expos, mais sa voix a bercé trois générations d’amateurs de baseball. Celui qui aura 80 ans en mars prochain a couvert les activités des Expos de leur arrivée, en 1969, jusqu’à leur départ, en 2004. Lors des trois premières saisons, il a été le journaliste attitré à la couverture de l’équipe pour le quotidien La Presse. À compter de 1972, il a été embauché comme descripteur des matchs à la radio, poste qu’il occupera jusqu’au tout dernier retrait du club, en octobre 2004. Il a décrit plus de 5500 matchs au cours de sa glorieuse carrière, dont le match parfait de Dennis Martinez, le 28 juillet 1991, en plus de plusieurs matchs éliminatoires et de la Série mondiale.

Photo: Roch Théroux Collection Assemblée nationale Le descripteur avait déjà été honoré en 2011 à l’échelle du Québec en recevant la Médaille d’honneur de l’Assemblée nationale.

Alors qu’il croyait sa carrière au micro terminée, Doucet a reçu un appel surprise des Capitales de Québec, de la Ligue Can-Am, qui l’invitaient à devenir leur commentateur, poste qu’il a occupé de 2006 à 2011, avant d’accepter l’offre de TVA Sports, où il décrit maintenant les matchs des Blue Jays de Toronto, ainsi que les éliminatoires du Baseball majeur.

Jacques Doucet a été intronisé au Temple de la renommée de Baseball Québec en 2002, puis à celui des Expos un an plus tard. En 2004, il a reçu le prix Jack-Graney, remis annuellement à un membre des médias ayant apporté une contribution spéciale au baseball canadien au cours de sa carrière. « Je vais vivre la cérémonie d’intronisation intensément avec ma conjointe et mes enfants. Je ne m’attendais jamais à ça. J’étais un peu frustré, je l’admets, d’être titulaire du Jack-Graney sans pouvoir dire que j’étais membre du Temple. […] Quand on me présentait, avant une conférence ou lorsque je remettais un prix, comme membre du Temple de la renommée, je devais apporter une correction. Je n’aurai plus à le faire. »