Kobe Bryant: l’enquête se poursuit au milieu des hommages

Fleurs, bougies, maillots… Quelques centaines de fans continuaient de se recueillir lundi devant le Staples Center de Los Angeles.
Photo: Mark Ralston Agence France-Presse Fleurs, bougies, maillots… Quelques centaines de fans continuaient de se recueillir lundi devant le Staples Center de Los Angeles.

L’émotion était encore vive aux États-Unis au lendemain de la mort tragique du basketteur Kobe Bryant dans un accident d’hélicoptère, dont les circonstances doivent être éclaircies par l’enquête qui se poursuit dans les environs de Los Angeles.

Les enquêteurs fédéraux ont examiné l’épave de l’hélicoptère qui s’est écrasé sur une colline près de Los Angeles, tuant la légende des Lakers, 41 ans, sa fille Gianna, 13 ans, et sept autres personnes, dans l’espoir de trouver des indices sur ce qui a causé l’accident.

L’agence américaine chargée de la sécurité dans les transports (NTSB), qui a annoncé avoir dépêché une équipe de 18 personnes en Californie, mène l’enquête aux côtés du régulateur américain de l’aviation, la FAA.

Alex Villanueva, le shérif du comté de Los Angeles, a prévenu que celle-ci « pourrait prendre du temps », tout en appelant les fans à ne pas se rendre sur les lieux du sinistre, difficilement accessibles, dans les collines escarpées de Calabasas, au nord-ouest de L.A.

L’hélicoptère à bord duquel se trouvaient les neuf victimes, un Sikorsky S-76B, s’y est écrasé peu avant 10 h (heure locale) alors qu’un épais brouillard enveloppait la région. Il avait décollé d’Orange County, où résidait Bryant, en direction de la Mamba Academy, un centre sportif propriété de la star situé à Newbury Park, à 135 km de là.

Selon les premiers éléments de l’enquête relayés par les médias américains, les données de vol font état de difficultés apparues alors que l’engin survolait le zoo de Los Angeles.

Le pilote aurait alors été averti qu’il volait trop bas. Quelques minutes plus tard, l’hélicoptère a semble-t-il heurté une colline haute d’environ 520 mètres, avant de prendre feu.

Des témoins ont déclaré aux médias locaux que l’hélicoptère semblait voler très bas et avoir du mal à se stabiliser, avant de percuter la colline.

Autorités et experts semblent pour l’heure privilégier la piste météorologique plutôt que d’éventuels problèmes mécaniques.

Interrogée par l’AFP, la police de Los Angeles a indiqué que le manque de visibilité était tel que ses propres hélicoptères avaient été laissés au sol en matinée.

Le Washington Post, citant des enregistrements audio du contrôle aérien, a cependant indiqué que le pilote de Bryant avait reçu l’autorisation de voler.

Construit en 1991, l’hélicoptère appartenait à la compagnie privée de transport Island Express et pouvait accueillir jusqu’à deux membres d’équipage et 12 passagers.

« La probabilité d’une grave défaillance des deux moteurs de cet engin est quasi nulle », a confié au Los Angeles Times un ancien pilote de la compagnie Island Express, Kurt Deetz, qui a transporté à plusieurs reprises Kobe Bryant.

Selon l’association locale des opérateurs d’hélicoptères, Island Express, habituée à transporter des célébrités dans la région de Los Angeles, « a toujours fait de la sécurité sa priorité ».

Outre Kobe et Gianna Bryant, les autres passagers du vol comprenaient un entraîneur de baseball, John Altobelli, sa femme, Keri, et leur fille Alyssa qui jouait au basket dans le même club que Gianna. S’y trouvaient également Christina Mauser, entraîneuse adjointe de l’équipe de basket des deux adolescentes, Sarah et Payton Chester, une mère et sa fille, ainsi que le pilote, Ara Zobayan.

Kobe Bryant était une légende de la NBA et de basket tout court. L’un des sept joueurs de l’histoire de la Ligue à avoir inscrit plus de 30 000 points durant sa carrière. Quintuple champion de la NBA, il avait également remporté deux médailles d’or olympiques en 2008 et 2012 avec les États-Unis.

Fleurs, bougies, maillots… Quelques centaines de fans continuaient de se recueillir lundi devant le Staples Center de Los Angeles, qui devait accueillir mardi soir le derby Lakers-Clippers.

Son héritier sous le maillot or et pourpre, LeBron James, n’avait lundi matin pas encore joint sa voix à la pluie d’hommages qui continuait d’affluer à travers le monde. Ses larmes de tristesse, filmées subrepticement à son arrivée à l’aéroport de Los Angeles la veille en provenance de Philadelphie, où il avait joué samedi, ont en revanche fait le tour du monde.

Après ceux de Donald Trump et de son prédécesseur à la Maison-Blanche, Barack Obama, du monde du sport et de millions de gens à travers la planète, les hommages se poursuivaient pour saluer sa mémoire.

« Il m’a fallu des heures pour trouver quoi écrire et mes mots ne suffiront pourtant jamais à décrire ce que je ressens après la disparition tragique de Kobe », a écrit lundi matin sur Instagram l’ancien footballeur anglais David Beckham, qui assistait régulièrement aux matchs des Lakers lorsqu’il évoluait dans le championnat nord-américain.

« Kobe était vraiment plus grand que nature, une légende. Que lui et tous ceux qui ont perdu la vie reposent en paix. Amour et condoléances à sa famille. L.A. ne sera plus jamais la même », a tweeté la star Leonardo DiCaprio.