Mikaël Kingsbury défend son titre à la Coupe du monde de Mont-Tremblant

Mikaël Kingsbury a amassé 86,80 points pour sa descente en super-finale.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Mikaël Kingsbury a amassé 86,80 points pour sa descente en super-finale.

Deux dixièmes de point. C’est tout ce qui a séparé Mikaël Kingsbury et son éternel rival, Ikuma Horishima, en super-finale de l’épreuve masculine des bosses à la Coupe du monde de ski acrobatique de Mont-Tremblant, samedi après-midi.

Kingsbury, de Deux-Montagnes, a ainsi défendu son titre avec succès à Mont-Tremblant et enregistré sa 59e victoire en carrière, de même que son 85e podium, en 103 départs en carrière sur le circuit. Et surtout, il a remis la monnaie de sa pièce à Horishima, qui avait devancé le Québécois par 0,4 point à Thaiwoo, en Chine, en décembre.

« Sans dire que ça fait du bien de prendre ma revanche, je suis heureux d’avoir pu garder mon calme au haut du parcours et d’avoir suivi mon plan à la lettre », a confié Kingsbury.

Cette fois-ci, le bosseur âgé de 27 ans a amassé 86,80 points pour sa descente en super-finale. Kingsbury a devancé dans l’ordre Horishima et le Français Benjamin Cavet, auteurs de pointages de 86,60 et 83,99 points, respectivement.

Kingsbury, qui s’élançait en dernier en super-finale, a été témoin de la performance de Horishima juste avant lui. Il savait donc ce qu’il devait faire pour triompher.

« J’ai coupé peut-être une demi-seconde sur Ikuma, et c’est ce qui a fait la différence selon moi. […] Les gars, Ikuma et Ben, ont haussé leur niveau d’un cran [en super-finale] et obtenu 86 points, et je savais qu’ils avaient un temps de 23 secondes », a-t-il expliqué.

« Donc, je savais que j’avais le gros bout du bâton en passant en dernier, et qu’il me suffisait de couper une demi-seconde pour passer devant. J’ai donc redressé mes skis pendant une vingtaine de mètres après le premier saut, et ensuite je savais que j’avais juste à garder ce rythme-là jusqu’à la fin. Et c’est ce que j’ai fait », a conclu Kingsbury, auteur d’un chrono de 22,46 secondes.

Il s’agissait de sa troisième victoire cette saison, après celles acquises en individuel à Ruka, en Finlande, et en parallèle à Thaiwoo. En vertu de cette victoire, Kingbury a creusé l’écart en tête du classement mondial de la Coupe du monde à 60 points, devant Horishima.

L’autre bosseur canadien qui a accédé aux finales, Gabriel Dufresne, s’est contenté du 12e échelon.

Un résultat décevant pour Justine Dufour-Lapointe

Justine Dufour-Lapointe cinquième

Chez les dames, la Française Perrine Laffont a signé une troisième victoire consécutive à la Coupe du monde de Mont-Tremblant, et une quatrième en autant d’épreuves cette saison sur le circuit.

Laffont a survolé toutes ses adversaires avec un pointage de 82,14 points. Elle a devancé dans l’ordre la Kazakhe Yulia Galysheva (80,99) et la Russe Anastasia Smirnova (80,18).

À l’instar de Kingsbury, Laffont a étoffé son avance en tête du classement général de la Coupe du monde, avec un total de 400 points — soit 218 points devant sa plus proche poursuivante, Galysheva.

Justine Dufour-Lapointe, qui avait obtenu la médaille de bronze l’an dernier à Mont-Tremblant, paraissait particulièrement amère de sa cinquième position en super-finale.

Les émotions ont même brièvement pris le dessus de celle qui convoitait un deuxième podium cette saison, après avoir terminé troisième à Thaiwoo en individuel.

« Je ne regrette rien, j’ai tout donné. Ça n’a pas été facile en finale, et je savais que je devais relever mon niveau pour la super-finale. Et là j’ai skié plus clean et j’ai effectué des sauts qui ont frôlé la perfection. Donc, rendu là, je pense simplement que les juges ne voulaient pas voir une Canadienne sur le podium aujourd’hui », a déclaré la Montréalaise.

« Je ne sais honnêtement plus trop ce qu’ils veulent, a-t-elle renchéri, en référence aux juges. Je fais mon possible pour faire exactement ce que la foule veut voir. Donc, cinquième, je suis vraiment déçue. »

À l’autre bout du spectre, Valérie Gilbert rayonnait après avoir terminé la compétition en huitième place. Et pour cause.

« Je suis super contente ; c’est mon meilleur résultat en carrière. Vous savez, je reviens d’une année sabbatique, donc je ne pouvais vraiment rien demander de mieux », a souligné la bosseuse qui est originaire de Sainte-Adèle.

« Ce résultat-là, on dirait que ça veut dire : Watch out ! Valérie est là, elle est de retour dans la game. Alors, faites attention », a-t-elle déclaré, le sourire aux lèvres.

Sa compatriote Berkley Brown, d’Aurora, en Ontario, a été incapable de compléter sa descente en finale — elle a été victime d’une vilaine chute après le deuxième saut — et elle a fini 16e.

De son côté, la soeur aînée de Justine, Chloé Dufour-Lapointe, a vu son parcours s’arrêter en qualifications samedi matin.

La prochaine étape de bosses à la Coupe du monde de ski acrobatique aura lieu le 1er février à Calgary.