La Suisse demeure prudente quant à une éventuelle candidature olympique

La Suisse a accueilli les Jeux olympiques de la jeunesse à Lausanne.
Photo: Simon Bruty OIS via AFP La Suisse a accueilli les Jeux olympiques de la jeunesse à Lausanne.

Après 72 ans, la Suisse a renoué avec l’olympisme. Les Jeux olympiques de la jeunesse de Lausanne, qui ont pris fin cette semaine, ont été un grand succès populaire. Alors, quand les JO reviendront-ils au bercail ?

Les organisateurs des JOJ de Lausanne ont pendant longtemps espéré que d’organiser un festival amusant sur deux semaines avec un budget très limité de 40 millions $ US raviverait la flamme olympique dans le coeur des Helvètes, traditionnellement prudents. Suffisamment d’électeurs ont été à ce point sceptiques des coûts et bénéfices entourant l’organisation de Jeux olympiques que les trois récentes propositions suisses ont été torpillées par référendum.

Mais plusieurs seraient ravis des résultats de Lausanne 2020, selon le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach.

« Pour moi, je dois l’admettre, c’est une grande surprise, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, mardi, encensant la réponse positive des Suisses dont il a été témoin. La porte est ouverte (pour une prochaine candidature). »

Celle-ci ne pourrait pas survenir avant l’attribution des JO 2034, qui auront lieu 86 ans après la dernière mouture suisse, soit les Jeux de Saint-Moritz de 1948.

Les Jeux de 2022 auraient sûrement eu lieu dans la cossue ville suisse et sa voisine de Davos n’eut été d’une défaite dans un référendum régional il y a sept ans, ce qui a pavé la voie à Pékin. Il s’agissait de la première de trois défaites en cinq ans, ternissant terriblement l’image du CIO chez lui.

La potentielle campagne vers les JO 2026 a aussi pris fin aux urnes. D’abord dans le canton de St-Moritz, puis dans la région de Sion, tous deux rejetés par le scrutin du CIO en vue des Jeux de 2006, octroyés à Turin, en Italie.

Les électeurs ont dit non à Sion même si le gouvernement fédéral suisse s’était engagé à hauteur de 1 milliard de francs suisses. Ce message clair a sûrement été influencé par les 51 milliards $ dépensés par la Russie pour les Jeux d’hiver de Sotchi, en 2014.

Le CIO a jeté le blâme sur les électeurs de la Suisse, indiquant qu’ils n’avaient pas compris le nouvel appel de candidatures qui limiterait les coûts, orienterait la construction des infrastructures et laisserait plus grande place aux autorités locales au lieu d’imposer et d’exiger. Peut-être que les gens comprennent mieux maintenant, a déclaré à l’Associated Press le président et chef de la direction de Lausanne 2020, Ian Logan.

« Ils disent : « Ça pourrait être la façon de faire si nous le faisons » (comme Lausanne 2020) », a dit Logan de son projet, qui reposait sur le réseau de transport public et l’utilisation d’infrastructures existantes, autant à Lausanne qu’en France ou encore Saint-Moritz, à cinq heures de train.

« Premièrement, il faudrait trouver une façon de motiver la région, de leur parler de l’impact direct, de l’engagement des gens et du plaisir éprouvé, pas des sommes impliquées », a-t-il ajouté.

La prochaine étape pour le Comité olympique suisse est possiblement de travailler sur une candidature nationale pour mieux partager les demandes et les récompenses.

Trois villes travaillent déjà sur les JO 2030 : Sapporo (Japon), Barcelone (Espagne) et Salt Lake City (États-Unis). Les Nippons semblent pour l’instant favoris.

Par communiqué, le comité suisse a admis que « Lausanne 2020 a été une expérience incroyable » et ajouté qu’il était déjà un partenaire financier des Jeux étudiants, qui auront lieu en janvier à Lucerne.

« Seulement après l’analyse approfondie de ces deux événements pourrons-nous songer à étudier une éventuelle candidature (olympique). »