Coup à la tête: les joueuses de soccer sont plus prudentes que leurs collègues masculins

Les chercheurs ont analysé trois tournois internationaux masculins et la Coupe du monde de soccer féminin.
Photo: Alessandra Tarantino Associated Press Les chercheurs ont analysé trois tournois internationaux masculins et la Coupe du monde de soccer féminin.

La moitié des joueuses de soccer qui ont subi des coups à la tête ont demandé l’intervention d’un médecin, comparativement au tiers de leurs collègues masculins, selon une étude canadienne diffusée mardi dans le Journal of the American Medical Association.

L’étude relève cependant que la différence n’est pas significative entre le nombre de joueuses retirées du terrain dans les tournois internationaux d’envergure par rapport à leurs collègues masculins qui sont dans la même situation.

Le neurochirurgien qui a mené cette étude à l’hôpital St. Michael’s de Toronto pense que les joueuses de soccer sont plus ouvertes à l’idée de rapporter les symptômes d’une commotion cérébrale, ce qui signifie qu’elles recevront plus de traitements médicaux.

En moyenne, un match féminin est interrompu pendant environ 70 secondes lors de l’intervention d’un thérapeute, contre environ 50 secondes pour un match masculin.

Les chercheurs ont rappelé qu’au moins 10 minutes sont nécessaires pour soumettre un athlète au protocole initial de dépistage d’une commotion cérébrale.

« Dans les matchs féminins, les arbitres sont toujours des femmes. Je crois donc qu’il pourrait y avoir un aspect culturel pour expliquer la situation. Ça pourrait jouer un rôle, a déclaré le Dr Michael Cusimano, directeur de l’étude et neurochirurgien à l’hôpital St. Michael’s de Toronto. Je crois que les gens sont plus conscients des dangers parce que les femmes rapportent davantage les symptômes d’une commotion cérébrale.

« Nous croyons donc que ces constats justifient probablement l’écart entre les sexes dans les conclusions de notre recherche, mais, pour être bien honnête, ni les hommes ni les femmes n’obtiennent la note de passage à ce chapitre », a-t-il ajouté.

Cusimano a suggéré qu’on répande l’utilisation de la reprise vidéo (pour les coups à la tête), qu’on embauche des évaluateurs médicaux indépendants et même qu’on instaure un règlement qui permette aux entraîneurs d’effectuer des substitutions temporaires — le temps que le processus de dépistage d’une commotion soit correctement terminé.

« Je crois que nous devons intervenir là-dessus. Nous avons analysé trois tournois internationaux masculins — deux Coupes du monde et un Championnat européen — et la Coupe du monde de soccer féminin, et nos résultats sont sensiblement les mêmes, a souligné Cusimano. Nous devons changer les mentalités.»

« Une partie du problème provient des gens qui financent le sport, des commanditaires dans ces tournois d’envergure ; il faut qu’ils adoptent une position qui favorise la santé des joueurs. Il faut que les bottines suivent les babines, car nous entendons constamment des groupes et des organisations dire que la santé des joueurs est la priorité absolue. »

Une étude diffusée en mars 2019 portant sur les commotions cérébrales au soccer, qui avait été réalisée par des chercheurs de l’hôpital St. Michael’s, a démontré que la plupart des blessures à la tête avaient été provoquées par un contact entre deux joueurs.