La compétition de Montréal mal placée dans le calendrier

«Je suis assez excitée», a admis Camille De Serres-Rainville (à droite), qui effectue un retour à la compétition après s’être absentée pendant près d’un an à cause des blessures.
Photo: Jeff McIntosh La Presse canadienne «Je suis assez excitée», a admis Camille De Serres-Rainville (à droite), qui effectue un retour à la compétition après s’être absentée pendant près d’un an à cause des blessures.

Les Championnats des quatre continents de patinage de vitesse courte piste, qui seront présentés pour la première fois ce week-end, ne cadrent pas nécessairement dans le programme d’entraînement habituel des Canadiens. Et plusieurs l’ont souligné à l’approche des premières épreuves.

C’est le cas de la patineuse étoile Kim Boutin, qui a été contrainte de se retirer de la compétition en raison d’une tendinite au genou gauche.

« Nous considérons cette compétition-là comme faisant partie de notre cycle d’entraînement, a indiqué la triple médaillée olympique. Habituellement, c’est la période de l’année où on s’entraîne le plus. C’est la première édition (des Championnats des quatre continents), donc on va voir ce qu’il en sera à la fin du week-end. Mais c’est sûr que si cette compétition-là n’existait pas, alors nous aurions participé à des courses entre nous, à l’entraînement. »

Charles Hamelin, le vétéran de l’équipe canadienne qui sera en action en fin de semaine, pense même que l’événement aura lieu à un autre moment en 2021. « Il va quelque peu falloir refaire le calendrier, parce que les autres compétitions sont présentées aux mêmes dates depuis au moins deux ans, a noté Hamelin. Celle-ci (les Championnats des quatre continents) a été annoncée seulement l’an dernier, donc il a fallu qu’ils (les dirigeants de la fédération) la rajoutent au calendrier déjà existant. Je pense que c’est le meilleur moment où ils pouvaient la mettre, mais elle est tout de même très mal placée.

Retour de De Serres-Rainville

Il reste qu’au moins une patineuse canadienne avait encerclé les dates des 11 et 12 janvier 2020 sur son calendrier : Camille De Serres-Rainville.

La Montréalaise, âgée de 24 ans, médaillée de bronze en relais aux Championnats du monde de Sofia en mars dernier, effectuera un retour à la compétition après s’être absentée pendant près d’un an à cause des blessures.

« Je suis assez excitée, a-t-elle admis, les yeux pétillants. En plus du relais, j’ai appris mardi que j’allais patiner les distances individuelles, et je n’ai pas eu beaucoup de temps pour réfléchir à ma préparation, ma stratégie de course. Ce que j’aimerais, d’abord et avant tout, c’est m’amuser et retrouver le plaisir de patiner. J’ai hâte de voir comment je pourrai me débrouiller contre les Sud-Coréennes, puisque ce seront leurs meilleures patineuses qui seront ici ce week-end. »

Ses déboires ont commencé en février dernier, à la Coupe du monde de Dresde, en Allemagne, lorsqu’elle a été victime d’une entorse à la cheville droite. La décision de poursuivre ses activités sportives jusqu’en mai a entraîné des conséquences importantes pour sa santé : elle a développé une tendinopathie tibiale. Au printemps, la douleur est devenue intolérable et elle a dû subir une opération pour enlever un bout d’os qui provoquait une douleur aiguë. Elle a aussi reçu une injection de cortisone pour s’assurer que sa cheville était totalement guérie.

Après sa convalescence, De Serres-Rainville a repris l’entraînement en août en compagnie de ses coéquipières de l’équipe canadienne. Selon la principale intéressée, son manque de préparation l’a empêchée d’offrir sa pleine mesure pendant les Championnats canadiens, où elle a terminé 10e au cumulatif. Elle n’a donc pas été retenue pour les premières étapes de la Coupe du monde cette saison — une pilule difficile à avaler.

« Ç’a été très difficile de les regarder (mes coéquipières) patiner. Je me suis posé de nombreuses questions ; est-ce que je serai capable de revenir à ce niveau-là ? Est-ce que je serai en mesure de refaire ce que je faisais avant ? Ou même d’être encore meilleure ? » s’est questionnée celle dont le meilleur résultat individuel chez les seniors est une cinquième place au 1500 m à la Coupe du monde de Salt Lake City la saison dernière.

« Ma confiance a été ébranlée pendant cette période-là ; j’ai douté. Mais depuis que les filles sont revenues des Coupes du monde (avant les Fêtes), j’ai eu de bonnes semaines d’entraînement avec elles. Je suis sûre de pouvoir accomplir de bonnes choses en fin de semaine », a-t-elle ajouté.

L’avenir

De Serres-Rainville, une spécialiste du 1000 et du 1500 m, ignore ce que l’avenir lui réservera après les Championnats des quatre continents — « j’espère que je ferai suffisamment bien pour faire partie de l’équipe en vue des dernières étapes de la Coupe du monde à Dresde et Dordrecht », dit-elle —, mais elle assure être optimiste pour la suite de la saison.

« J’essaie de bien faire les choses, de me concentrer sur les éléments que j’ai à améliorer individuellement pour ensuite pouvoir aider l’équipe, a-t-elle dit, philosophe. Après tout, j’ai juste le contrôle sur moi. »

Alyson Charles, Claudia Gagnon, Danaé Blais et Courtney Sarault complètent l’équipe féminine, tandis que Hamelin, Steven Dubois, Cédrik Blais, Pascal Dion et William Dandjinou composent le volet masculin. Les Championnats des quatre continents se dérouleront à l’aréna Maurice-Richard à Montréal, samedi et dimanche, de 14 à 18 h.