Le report des Internationaux de tennis d'Australie est écarté malgré les feux

Novak Djokovic, président du Conseil des joueurs de l’ATP et no 2 mondial
Photo: Tertius Pickard Associated Press Novak Djokovic, président du Conseil des joueurs de l’ATP et no 2 mondial

Les Internationaux d’Australie pourraient-ils ne pas avoir lieu pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, au moment où les incendies continuent leurs ravages ? Leurs organisateurs ont écarté cette hypothèse mardi, assurant avoir pris toutes les mesures pour protéger les joueurs.

Le premier tournoi du Grand Chelem de la saison doit se tenir du 20 janvier au 2 février à Melbourne, une ville enveloppée depuis plusieurs jours d’un nuage de fumée toxique lié aux incendies dévastateurs à l’Est. Les qualifications débuteront, elles, à partir du 13 janvier.

Novak Djokovic, président du Conseil des joueurs de l’ATP et no 2 mondial, avait demandé dimanche aux organisateurs du tournoi d’envisager un report du tournoi si les incendies, qui ont fait au moins 24 morts, et la fumée menaçaient la santé des joueurs.

Le patron de la Fédération australienne, Craig Tiley, a affirmé mardi ne pas envisager une telle mesure. « Au vu des informations dont nous disposons pour le moment — avec les qualifications qui ont lieu la semaine prochaine — les prévisions sont bonnes. Nous ne prévoyons aucun retard et nous avons mis en place des mesures supplémentaires afin de garantir que l’Open d’Australie puisse se dérouler comme prévu ».

M. Tiley a affirmé que, même si les images des feux étaient bouleversantes, il n’y avait aucun danger pour les habitants de Melbourne. « Les incendies les plus proches sont à plusieurs centaines de kilomètres de la ville », a-t-il dit, soulignant que la santé et la sécurité des joueurs, du personnel et des partisans étaient une priorité.

« Nous avons consacré des moyens supplémentaires considérables pour l’analyse, le suivi et la logistique […] tout au long du tournoi », a-t-il ajouté.

« Sur place, il y aura des experts en météo et en qualité de l’air qui analyseront tous les données disponibles en direct et évalueront en temps réel la qualité de l’air au Melbourne Park », a détaillé M. Tiley.

La présence d’une éventuelle fumée toxique sera traitée de la même manière qu’une chaleur ou une pluie exceptionnelle, les arbitres pouvant interrompre le match si la surveillance atmosphérique fait apparaître qu’il est trop dangereux de continuer.

Le Melbourne Park possédant trois stades équipés d’un toit et huit courts intérieurs, les risques d’un retard dans le calendrier semblent minimes.

Ces feux ont été un des principaux sujets de conversation lors de la phase de poules de la Coupe ATP qui se déroule actuellement à Perth, Brisbane et Sydney.

Des joueurs internationaux et de nombreuses personnalités sportives se sont mobilisés pour collecter des dons.

Pour chaque as réalisé lors du tournoi, 100 dollars australiens sont versés aux victimes. Certains joueurs ont, à titre individuel, promis de donner plus.

L’Australienne Ashleigh Barty, no 1 mondiale, a ainsi indiqué qu’elle reverserait à la Croix Rouge l’ensemble de ses gains au tournoi WTA de Brisbane, qui peuvent potentiellement atteindre 250 000 dollars en cas de victoire finale.

Titrée à Roland-Garros en 2019, la joueuse de 23 ans a déjà signé un chèque de 18 000 euros en novembre en faveur d’une association de protection des animaux, durement touchés par le cataclysme.

« Nous devons nous rappeler que cela dure depuis longtemps dans tout le pays », a-t-elle souligné.

« La première fois que je m’en suis rendu compte, c’était en rentrant de la finale de la Fed Cup [en novembre à Perth]. Nous avons pu voir une partie de la fumée et des incendies depuis l’avion, donc on a vraiment pris conscience [de l’ampleur des incendies] », a-t-elle ajouté.

« Le pire est encore à venir pour le moment », a prévenu Barty.