Dopage: l’AMA «plus solide» que jamais, selon son président

Cette crise, a rappelé Craig Reedie (à gauche), a mené à la création au sein de l’AMA d’un service de «renseignement et enquêtes».
Photo: Laurent Gillieron / Keystone Associated Press Cette crise, a rappelé Craig Reedie (à gauche), a mené à la création au sein de l’AMA d’un service de «renseignement et enquêtes».

L’Agence mondiale antidopage (AMA) est « plus solide » que jamais après avoir relevé le défi de la « crise du dopage en Russie », a estimé lundi son président sortant, Craig Reedie.

Dressant le bilan de ses six années passées à la tête de l’AMA, le Britannique âgé de 78 ans a affirmé que le « sport propre » avait été « l’objet de menaces sans précédent, aux proportions parfois déconcertantes » depuis 2014.

« Au cours des six dernières années, j’ai été particulièrement fier de voir comment l’AMA a relevé les défis qui se sont dressés sur son chemin, à commencer par la crise du dopage en Russie », a écrit M. Reedie, dont le mandat prend fin mardi.

Cette crise, a-t-il rappelé, a mené à la création au sein de l’AMA d’un service de « renseignement et enquêtes », qui a joué « un rôle déterminant » dans la décision récente de l’organisation d’exclure la Russie de grandes compétitions sportives mondiales pour avoir falsifié des données antidopage.

L’agence russe antidopage Rusada a annoncé vendredi avoir contesté cette exclusion.

Au bout du compte, il reviendra au Tribunal arbitral du sport de statuer sur le dossier, a souligné M. Reedie.

« Mais tout au long de ce processus, l’AMA a démontré qu’elle avait la volonté, l’expertise et les outils juridiques nécessaires pour composer efficacement avec ce niveau inégalé de tricherie et de corruption », a déclaré le président sortant.

L’AMA a décidé le 9 décembre d’interdire à la Russie de participer pendant quatre ans aux principaux événements internationaux, notamment les Jeux olympiques 2020 et 2022 et le Mondial-2022 de foot. Seuls des sportifs russes triés sur le volet pourront participer aux compétitions, mais sous drapeau neutre et sans que l’hymne national soit joué.

L’AMA a estimé que la Russie avait « manipulé » les données du laboratoire antidopage de Moscou qui lui ont été transmises en début d’année, un énième rebondissement dans un scandale qui a démarré avec la révélation en 2015 d’un dopage institutionnel pratiqué depuis 2011 et impliquant hauts fonctionnaires, agents secrets et fioles d’urine trafiquées.

« Pendant ces années, nous avons fait plus que simplement affronter la tempête. L’AMA est nettement plus solide aujourd’hui qu’à tout autre moment de son histoire », a conclu M. Reedie.

Élu en novembre, le nouveau président de l’AMA, l’ex-ministre polonais des Sports et ex-coureur de 400 m Witold Banka, entre en fonction le 1er janvier.