De nouveaux obstacles à un retour du baseball à Montréal

Le maire Kriseman de Saint Petersburg estime que le Tropicana Field profitera du développement du quartier dans lequel il s'inscrit et qu'il demeure un lieu idéal pour accueillir les Rays à temps plein.
Photo: Julio Aguilar Getty Images via Agence France-Presse Le maire Kriseman de Saint Petersburg estime que le Tropicana Field profitera du développement du quartier dans lequel il s'inscrit et qu'il demeure un lieu idéal pour accueillir les Rays à temps plein.

Le maire de Saint Petersburg vient de mettre des bâtons dans les roues du projet de villes soeurs de l’homme d’affaires montréalais Stephen Bronfman.

Par voie de communiqué mercredi, Rick Kriseman a annoncé qu’il refusait aux Rays de Tampa Bay la possibilité de négocier avec tout autre marché pour disputer une partie de leurs matchs locaux ailleurs qu’au Tropicana Field avant la fin du bail les liant. Ce bail est valide jusqu’à la fin de la saison 2027.

Le maire a déclaré que « les deux parties ont convenu que la meilleure approche dans ce dossier était de respecter l’entente actuelle ».

« Afin de respecter la présente entente, si l’organisation des Rays désire pousser plus loin son concept d’équipe partagée avec Montréal, elle devra le faire en ayant en tête la saison 2028, ou plus tard », a précisé le maire.

Stuart Sternberg, le principal actionnaire des Rays, n’est pas tout à fait d’accord avec lui. « Bien que nous soyons généralement d’accord avec le résumé que fait le maire Kriseman de nos conversations des derniers mois, nous souhaitons clarifier deux points, a indiqué Sternberg par communiqué. Premièrement, nous ne sommes pas d’accord sur le fait que ce soit la meilleure voie à suivre. Deuxièmement, nous avons demandé d’explorer le concept d’équipe partagée entre Saint Petersburg et Montréal, ainsi qu’entre Tampa et Montréal. »

« Nous admettons que nous devons examiner nos options pour l’après-2027 et tout ce que ça implique, mais nous croyons fermement que le concept de villes soeurs doit être sérieusement considéré. »

Après avoir gardé le silence pendant une bonne partie de la journée, Bronfman, le fer-de-lance du Groupe de Montréal, a réagi en début de soirée et n’a pas semblé découragé par les événements. « Nous demeurons résolument engagés à l’égard du concept des villes soeurs avec les Rays de Tampa Bay et de sa réalisation dans les meilleurs délais. Notre groupe continue d’avoir un vif intérêt pour le concept innovant proposé. Nous ne ferons aucun autre commentaire pour le moment. »

Le Baseball majeur, qui avait pourtant donné son aval à l’exploration de ce projet en juin dernier, n’a pas l’intention de commenter non plus.

Par ailleurs, Kriseman a précisé que les Rays ont refusé son offre de renouveler la lettre d’entente qui leur avait permis de rechercher un nouveau domicile permanent dans la région de la baie de Tampa, incluant le comté de Hillsborough et le secteur métropolitain de Tampa.

« Je continue de croire que l’organisation des Rays réalisera que la région de la baie de Tampa, plus précisément [Saint Petersburg], demeure le meilleur endroit pour jouer 81 jours par année et pour connaître du succès sur une longue période », a poursuivi Kriseman.

Sur Twitter, le maire en a rajouté.

« Ma porte est toujours ouverte si les Rays veulent discuter d’un nouveau stade à St. Pete. Mais nous ne sommes pas une ville pour une équipe à temps partiel. Nous ne sommes pas une région pour une équipe à temps partiel. Nous sommes un marché des ligues majeures. »

Le 25 juin dernier, Sternberg a présenté le projet de saison partagée avec Montréal, précisant qu’il ne voyait plus ses Rays disputer 81 rencontres à Saint Petersburg. Le lendemain, on apprenait dans une conférence de presse tenue à Montréal que l’idée venait de Bronfman.

« Je veux être clair : il ne s’agit pas d’une sortie [de Saint Petersburg], avait précisé Sternberg à l’époque. Cette idée ne m’a jamais traversé l’esprit. Ce n’est pas le premier pas vers une délocalisation vers Montréal. J’ai rejeté cette idée il y a plusieurs années et je continue à le faire aujourd’hui. Il ne s’agit pas non plus d’une stratégie de négociation. Il s’agit de trouver une façon pour les Rays de connaître du succès dans la région de Tampa Bay. Il s’agit pour Tampa Bay de garder son équipe et pour Montréal d’en obtenir une également. »

« Il s’agit d’une association permanente. D’un engagement pour plusieurs générations envers les deux communautés. […] Aujourd’hui s’amorcent des discussions, une exploration et une collaboration. »

Le 1er novembre, le Bureau du maire de Saint Petersburg a confirmé avoir reçu une demande officielle de la part des Rays pour explorer d’autres marchés. Un peu plus d’un mois plus tard, cette avenue est donc à oublier pour au moins les neuf prochaines saisons.

En juin, Pierre Boivin, président et chef de la direction de Claridge, la firme d’investissements de la famille Bronfman, avait déclaré que le Groupe de Montréal de Bronfman devrait attendre que les Rays obtiennent la permission de la ville de Saint Petersburg avant d’aller de l’avant.