F1: le Montréalais Nicholas Latifi pilotera une voiture Williams en 2020

Nicholas Latifi lors d’essais libres avec Williams à Montréal en juin dernier
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Nicholas Latifi lors d’essais libres avec Williams à Montréal en juin dernier

Pour la première fois de l’histoire de la série reine du sport automobile, deux pilotes canadiens s’affronteront en piste la saison prochaine en Formule 1.

Nicholas Latifi, qui est né à Montréal mais qui a grandi à Toronto, sera au volant d’un bolide de l’écurie Williams en 2020. Il prendra la place du vétéran pilote polonais Robert Kubica, qui avait déjà annoncé son départ, et sera le coéquipier du Britannique George Russell.

L’Ontarien de 24 ans rejoindra ainsi sur le circuit le pilote québécois Lance Stroll, qui évolue au sein de l’écurie Racing Point. Stroll a fait ses débuts en Formule 1 avec Williams en 2017.

Latifi est familier de l’équipe Williams, puisqu’il a pris part à des tests, des exercices en simulateur ainsi qu’à six séances d’essais libres avec elle au fil de la saison 2019.

« Je suis reconnaissant envers l’opportunité que m’offre Williams. J’ai apprécié ma première saison avec eux — dès la première journée à leur usine, a évoqué le fils du milliardaire Michael Latifi. L’ambiance est très agréable au sein de l’équipe et tout le monde m’a fait sentir confortable dès le départ. C’est important quand tu te retrouves dans un nouvel environnement.

« Je ne sous-estimerai pas le défi qui se dresse devant moi, puisque je serai une recrue en F1, mais je suis extrêmement motivé et très déterminé à tout donner, a-t-il ajouté. Je ferai tout en mon pouvoir pour faire progresser l’équipe et atteindre les résultats que nous visons. »

C’est historique ! Deux pilotes canadiens permanents sur la grille ; ça ne s’est jamais produit dans l’histoire de la F1.

À sa troisième saison en Formule 2, Latifi a terminé deuxième au classement général. Il a notamment enregistré quatre victoires, et grimpé à sept reprises sur le podium. « Je suis très excité à l’idée de devenir un pilote de Formule 1 à temps plein la saison prochaine, a-t-il déclaré dans un communiqué diffusé par l’équipe britannique. C’est un rêve devenu réalité, et un objectif que je m’étais fixé pendant la moitié de ma vie.

« C’est un peu invraisemblable. Je ne crois pas que je vais le réaliser avant de me retrouver sur la grille de départ (au Grand Prix d’Australie) à Melbourne l’an prochain », a-t-il ajouté, en référence à la première course de la saison, le 15 mars 2020.

La directrice de Williams F1, Claire Williams, n’a pas tari d’éloges envers le représentant de l’unifolié.

« Nous avons tous été très impressionnés par ce qu’il a accompli cette saison en F2, tant au niveau de son dévouement envers l’équipe que par son travail dans les coulisses, a-t-elle expliqué. Nicholas est devenu un membre respecté et établi chez Williams, et nous avons hâte de travailler avec lui dans son nouveau rôle, tandis que nous luttons pour retourner en milieu de peloton. »

D’ici aux premiers coups de roue officiels de Latifi au volant d’une voiture Williams en 2020, Latifi participera aux essais privés organisés par le manufacturier de pneus Pirelli au circuit d’Abou Dhabi la semaine prochaine.

Il se rendra ensuite à Barcelone afin de prendre part aux essais hivernaux, qui se dérouleront d’abord du 19 au 21 février, puis du 26 au 28 février, sur le circuit de Catalunya.

Dumontier au septième ciel

Les écuries de Formule 1 se préparent à disputer la dernière épreuve de la saison, le Grand Prix d’Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, dimanche.

Le promoteur du Grand Prix du Canada, François Dumontier, est sur place depuis quelques heures, et il a confié à La Presse canadienne jeudi avoir assisté à la rencontre chez Williams au cours de laquelle Claire Williams a annoncé l’embauche de Latifi au reste de l’équipe. Un moment très émouvant, selon Dumontier.

« C’est historique ! Deux pilotes canadiens permanents sur la grille ; ça ne s’est jamais produit dans l’histoire de la F1. Si on parlait aux 22 promoteurs des courses en F1, je suis certain qu’ils voudraient tous avoir un pilote de chez eux, inscrit au championnat, a-t-il dit au bout du fil. C’est l’une des raisons qui expliquent ma présence à Abou Dhabi. »

En ce sens, Dumontier ne cache pas qu’il salive déjà à l’idée de pouvoir compter sur deux pilotes canadiens pour faire la promotion du Grand Prix du Canada de l’an prochain.

« Deux pilotes canadiens, ça nous offre des ouvertures que nous n’avions pas auparavant, a-t-il dit. Nicholas, il est né à Montréal et il a déménagé à Toronto avec sa famille quand il était jeune. Toronto, nous n’avons jamais caché que c’est un marché qui est important pour nous. On va travailler avec Nicholas, car il pourra jouer un rôle très important au niveau promotionnel ; il va nous donner plus de visibilité, dans le reste du Canada. »

Quant à la possibilité de voir des gradins Nicholas Latifi pousser aux côtés de ceux Lance Stroll sur le circuit Gilles-Villeneuve l’été prochain, Dumontier s’est fait plus discret — pour le moment.

« Il nous reste encore de l’espace pour agrandir. Nous ne sommes pas encore revenus aux années de Jacques Villeneuve [pour ce qui est des foules], mais il y a encore de la place pour de nouvelles tribunes. On va s’asseoir avec le clan Latifi et regarder ce qu’on peut faire à ce niveau-là », a-t-il mentionné.