La prolongation à trois contre trois, un cauchemar pour les entraîneurs

Brady Tkachuk a battu de vitesse Tomas Tatar et a inscrit le but vainqueur en échappée, mercredi dernier.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Brady Tkachuk a battu de vitesse Tomas Tatar et a inscrit le but vainqueur en échappée, mercredi dernier.

Tout peut basculer rapidement en prolongation dans la LNH de nos jours. Le Canadien de Montréal le sait très bien.

Mercredi, face aux Sénateurs d’Ottawa, Brendan Gallagher s’est buté à Craig Anderson après 13 secondes de jeu. Peu de temps après la mise en jeu suivante, Brady Tkachuk a battu de vitesse son couvreur Tomas Tatar et a inscrit le but vainqueur en échappée.

L’entraîneur-chef du Tricolore, Claude Julien, n’avait pas été tendre à l’endroit de Tatar et de Nick Suzuki après la rencontre, affirmant que « la paresse de la part de nos attaquants » avait coûté un point à l’équipe.

Vendredi, Julien a raconté avoir noté quatre erreurs en l’espace de quelques secondes sur la séquence qui a mené au but de Tkachuk.

Si les prolongations à trois contre trois font perdre des cheveux aux entraîneurs, elles sont divertissantes aux yeux des spectateurs.

« Il y a toujours cinq ou six chances de marquer incroyables. C’est difficile à battre comme spectacle », a mentionné l’attaquant du Tricolore Jordan Weal.

La LNH en est à sa cinquième saison depuis la décision de disputer la période supplémentaire de cinq minutes en saison ordinaire à trois contre trois. Après une période d’ajustements, les équipes sont mieux outillées aujourd’hui pour se défendre et attaquer dans cette situation.

« Les équipes essaient de trouver le moyen de paralyser le jeu, de rendre ça défensif, comme c’est toujours le cas », a dit Weal en laissant échapper un petit sourire.

« Les joueurs restent en triangle, entre les joueurs adverses et le filet. Il est donc difficile d’attaquer le filet. »

Dans une telle situation, la patience est de mise.

Weal a noté que l’équipe en possession de la rondelle a peut-être avantage à sortir de la zone offensive, puis lancer un autre assaut à pleine vitesse. De son côté, le défenseur Victor Mete n’était pas contre l’idée de continuer à circuler en zone offensive pour fatiguer l’adversaire.

« Ils ne pourront pas vous pourchasser pour toujours », a-t-il noté.

En 22 matchs cette saison, le Canadien s’est retrouvé en prolongation à huit reprises. Trois fois, le match s’est rendu à la limite, avec la présentation d’une séance de tirs de barrage. Le Tricolore a toutefois marqué un seul but en prolongation et en a encaissé quatre.

Dans une situation où tout peut chavirer rapidement, il est difficile de trouver un équilibre entre l’attaque et la défense.

« Quand vous êtes en zone offensive à cinq contre cinq, vous allez seulement penser à l’attaque, a rappelé l’attaquant Brendan Gallagher. Vous avez des responsabilités défensives, mais vous êtes mieux appuyés.

« À trois contre trois, vous devez toujours savoir où est le joueur que vous couvrez, même quand vous avez la rondelle. Vous ne pouvez pas vous retrouver en mauvaise position défensive même quand vous essayez de marquer parce que l’équipe qui s’incline est presque toujours celle qui commet la première erreur », a conclu Gallagher.