Dopage: la Russie victime d’un «complot», selon le chef de la Rusada

Le directeur de l’Agence antidopage russe, Iouri Ganous, a récemment accusé à deux reprises les autorités sportives de son pays d’avoir manipulé des données électroniques remises à l’AMA.
Photo: Vasily Maximov Agence France-Presse Le directeur de l’Agence antidopage russe, Iouri Ganous, a récemment accusé à deux reprises les autorités sportives de son pays d’avoir manipulé des données électroniques remises à l’AMA.

Les données électroniques suspectes issues de l’ancien laboratoire russe et remises à l’Agence mondiale antidopage (AMA) ont subi des « milliers » de manipulations, a expliqué mardi le directeur de l’Agence antidopage russe, Iouri Ganous, tout en assurant que son pays a été la victime d’un « complot ».

Le gendarme antidopage avait sommé fin septembre la Russie de s’expliquer sur les « incohérences » constatées dans les données électroniques des contrôles de l’ancien laboratoire de Moscou, et qui laissaient supposer une manipulation, notamment l’effacement de contrôles positifs.

« Il y a eu des milliers de changements, c’est très grave. Nous avons été trahis, c’est une sorte de complot », a affirmé mardi M. Ganous, cité par l’agence Interfax, impliquant que ces changements ont pu être faits pour protéger d’« anciens athlètes » occupant actuellement « des postes de direction » en Russie.

Selon le directeur de la Rusada, une partie de ces changements ont été fait « littéralement la veille » de la transmission des données à l’AMA en janvier dernier.

La communication de ces données par la Russie, au début de l’année, avait permis dans un premier temps de sortir en partie de la crise provoquée par le vaste scandale sur un système de dopage institutionnel ayant sévi dans le pays entre 2011 et 2015.

Des « experts légistes » doivent désormais se pencher sur la question mais « aucun calendrier fixe ne peut être déterminé » concernant le résultat de leurs travaux, selon l’AMA.

L’AMA peut en dernier recours bannir un pays de participation aux JO. Mais ces sanctions seraient, in fine, examinées et confirmées ou non par le Tribunal arbitral du sport (TAS) à Lausanne.

Les Jeux de Tokyo sont prévus du 24 juillet au 9 août 2020. Le prochain comité exécutif de l’AMA est prévu début novembre en Pologne.

Le président russe, Vladimir Poutine, a assuré début octobre que son pays se pliait aux exigences de l’antidopage mondial, mais Iouri Ganous a récemment accusé ouvertement à deux reprises les autorités sportives de son pays d’avoir manipulé des données électroniques remises à l’AMA.