Olivier Renard arrive avec l’Impact en prônant l’humilité et le travail d’équipe

Le nouveau directeur sportif de l'Impact de Montréal, Olivier Renard
Photo: Capture d'écran de la conférence de presse, Impact de Montréal Le nouveau directeur sportif de l'Impact de Montréal, Olivier Renard

Une première injection de sang nouveau au sein de l’Impact de Montréal s’est confirmée mardi avec la présentation d’Olivier Renard à titre de directeur sportif. Si d’autres doivent suivre, sur le terrain, dans les bureaux du personnel technique ou les deux, elles seront effectuées de façon méthodique et sans précipitation, a laissé sous-entendre le nouvel homme de confiance de Kevin Gilmore.

Lors d’une conférence de presse courue au Centre Nutrilait, Renard a aussi laissé transparaître un désir de travailler en collégialité plutôt que de vouloir imposer sa vision coûte que coûte dans une équipe, une ligue et même une ville dont il connaît peu de choses.

« C’est sûr que quand quelqu’un vient de l’étranger et qu’il est un petit peu inconnu au bataillon, il faut faire ses preuves. Maintenant, il faut rester humble, savoir qu’il y a beaucoup de difficultés. C’est un championnat étrange et particulier, mais c’est pour ça aussi que j’ai besoin d’une équipe à côté de moi pour me guider dans les grandes lignes de ce qui peut se faire et ne pas se faire ici dans le championnat MLS. […] Un homme seul ne sait pas tout faire. Il faut vraiment que tout le monde soit derrière le projet », a déclaré Renard.

Ce premier contact entre Renard et les médias montréalais est survenu moins de 48 heures après que l’Impact eut été exclu des séries éliminatoires pour une troisième année consécutive.

Après un départ convenable dans un contexte pas facile, alors que la formation montréalaise devait disputer ses six premières parties à l’étranger, l’Impact a amorcé une dégringolade que le nouvel entraîneur-chef Wilmer Cabrera, appelé en relève à Rémi Garde à la fin du mois d’août, n’a pas réussi à stopper.

L’Impact s’est consolé avec la conquête du Championnat canadien, qui lui assure une participation à la Ligue des Champions de la Concacaf à compter de février. Cependant, l’exclusion de l’équipe des séries laisse planer beaucoup de questions en vue de 2020, notamment sur l’avenir de Cabrera.

« Il y a un match dimanche. On va terminer la saison en espérant une bonne prestation et les trois points », a déclaré Renard, interrogé sur le temps qu’il compte se donner pour régler la question de l’entraîneur-chef.

« Après le prochain match, il y a un long laps de temps. Moi, je veux prendre le temps de bien connaître les personnes, de voir comment les gens se sentent ici. Après on va avancer tout ensemble par rapport aux sensations », a-t-il ajouté.

Cette façon méticuleuse d’agir, Renard semble aussi vouloir l’employer pour établir l’identité de l’équipe, un thème sur lequel Kevin Gilmore est revenu maintes et maintes fois depuis son arrivée à la présidence de l’Impact en janvier.

« Ce serait très maladroit de ma part de venir de l’étranger et de dire je vais décider de l’identité du club demain. C’est impossible. Je vais prendre connaissance d’où je mets les pieds, du style de vie, de caractère, d’humour pour pouvoir décider d’une ligne de conduite. C’est plus une ligne de conduite qu’une identité », a fait remarquer Renard.

Ce qui semble plus clair, par ailleurs, c’est qu’il veut imprégner à l’équipe une identité qui sera distincte de celle du Bologne FC.

« C’est vrai qu’on a le même père — le proprio — mais on n’a pas la même mère, c’est plus un demi-frère, a imagé Renard. On a la chance de pouvoir profiter des connaissances d’un football européen, d’un championnat réputé comme l’Italie, d’avoir des joueurs comme les jeunes qui sont entrés chez vous maintenant. Si on ne le fait pas, c’est qu’on est fou. Maintenant, on n’est pas le club satellite de Bologne. Il faut avoir notre propre identité. La façon dont nous voulons construire cette équipe va être claire. Mais ça, ça va prendre du temps aussi. Généralement, quand tu changes un petit peu ce que tu as envie de faire, ça prend parfois deux Mercato. C’est un peu le laps de temps que j’ai mis dans mes équipes précédentes », a-t-il précisé.

C’est au cours de l’été, par l’entremise de Walter Sabatini, que Renard et l’Impact ont eu leurs premiers contacts. De fil en aiguille, Renard s’est laissé tenter par le défi, même s’il venait d’accepter un poste avec une équipe à Anvers.

De son côté, Gilmore a constaté que Renard répondait à cinq exigences sur six. La seule que le Belge ne cochait pas, c’était l’expérience en MLS. Ce détail ne semble pas inquiéter le président de l’Impact, qui a qualifié Renard de pierre angulaire de la vision de l’organisation et de membre de la nouvelle génération de dirigeants.

« On voulait quelqu’un qui parlait français, qui parlait anglais, qui parlait italien, qui avait de l’expérience de la MLS, qui avait de l’expérience internationale, qui avait de l’expérience comme directeur sportif. Donc six critères. Olivier rencontre cinq des six critères que je viens de mentionner. Si on gagne cinq de nos six matchs régulièrement, c’est une bonne fiche. »

« Sur l’aspect MLS, a ajouté Gilmore, Vassili Cremanzidis a une expérience incroyable. Il connaît non seulement la convention collective, il connaît les dg, il connaît les joueurs. Donc, ça va être une collaboration très importante, sinon pas une collaboration parfaite d’après moi. »