Comment relancer l'Impact en 2020?

La conquête de la coupe des Voyageurs n’efface pas le fait que l’Impact a été exclu des séries éliminatoires de la MLS pour une troisième année d’affilée.
Photo: Cole Burston La Presse canadienne La conquête de la coupe des Voyageurs n’efface pas le fait que l’Impact a été exclu des séries éliminatoires de la MLS pour une troisième année d’affilée.

La dernière semaine d’activités de l’Impact de Montréal aura fait passer les joueurs, la direction et les partisans de l’allégresse au désarroi. Et soulevé une question importante : à travers cette montagne russe d’émotions, comment relancer l’organisation montréalaise en 2020 ?

Parce que, pour reprendre le vocabulaire de Marc Bergevin, une réinitialisation est certainement de mise chez l’Impact.

La conquête de la Coupe des Voyageurs, mercredi, à Toronto, n’efface pas le fait que l’Impact a été exclu des séries éliminatoires de la MLS pour une troisième année d’affilée. Malgré la présence de trois entraîneurs-chefs différents.

Depuis 2017, la formation montréalaise présente un dossier global de 36-50-15 en 101 matchs de la MLS. Il s’agit d’une récolte de 123 points sur une possibilité de 303. On est loin du fameux seuil de respectabilité de, 500.

On a beau dire que l’Impact aura l’occasion de participer à la Ligue des Champions de la Concacaf à compter de février 2020, un tournoi certes prestigieux, mais l’échantillon des trois dernières campagnes en MLS doit mériter plus de considération que les six matchs de la formation montréalaise, entre juillet et septembre, pour s’y qualifier.

D’autant que les quatre premiers ont été disputés face à deux clubs de la Première ligue canadienne, un circuit en principe inférieur à la MLS. Et deux clubs que l’Impact n’a certainement pas déclassés.

Tout au long de sa première saison à titre de président, Kevin Gilmore a parlé d’imprégner une identité à l’Impact. L’embauche d’un directeur sportif, a-t-il plusieurs fois répété, allait en être un jalon important. Cette étape s’est concrétisée, samedi, avec la nomination du Belge Olivier Renard.

Reste à voir comment ce jeune homme de 40 ans, issu du pays qui trône au sommet du classement de la FIFA, s’y prendra pour instaurer cette fameuse identité à une formation aussi énigmatique d’un match à l’autre, d’une mi-temps à l’autre même. Et même incapable de s’imposer dans son château fort.

Par où va-t-il commencer ?

La première mission de Renard et de Gilmore sera de déterminer si Wilmer Cabrera est l’homme de la situation. Arrivé tard en août au moment où l’Impact avait amorcé sa chute, Cabrera avait une lourde mission à remplir et peu de temps pour y parvenir.

Il a réussi à faire du Championnat canadien une source de fierté et une cible à atteindre. Toutefois, son arrivée en poste et sa philosophie d’aller vers l’avant, de prendre des risques, n’ont pas fait de l’Impact une équipe plus dangereuse en attaque.

Depuis l’arrivée de Cabrera, l’Impact a marqué cinq buts en MLS en six matchs. Il a subi deux blanchissages, dont un à domicile contre le Cincinnati FC, la pire équipe du circuit Garber.

Sa seule victoire en MLS avec l’Impact a été acquise aux dépens des Whitecaps de Vancouver au Stade Saputo, 2-1, dans un contexte où la formation de la Colombie-Britannique avait disputé un match quatre jours plus tôt à San Jose. Et il avait fallu quelques petits miracles du gardien Evan Bush pour obtenir les trois précieux points au classement.

Ce qui amène aux acteurs sur le terrain. Dimanche, Bush était sur les lignes de côté et c’est Clément Diop qui s’est vu confier la tâche de gagner une rencontre que l’Impact ne pouvait ni perdre ni même annuler. Alors qu’il n’avait pris part à aucun match en MLS depuis octobre 2017. Dans le contexte, il a été solide.

« Je ne pense pas à 2020. Je pense qu’il y a encore un match la semaine prochaine contre les Red Bulls de New York. Moi, je ne prends pas de décision », a déclaré Diop, interrogé sur le fait qu’il avait ou non gagné des points en vue de la prochaine saison.

« Comme vous le savez, je suis en fin de contrat. Le club prendra les décisions qu’il a à prendre à mon sujet. Moi, j’essaie de me concentrer pour gagner contre les Red Bulls de New York si j’ai l’occasion de jouer. »

L’Impact aura aussi besoin de renfort au centre de sa ligne défensive, mais surtout à l’attaque après une saison où l’équipe a subi neuf jeux blancs, autant que l’an dernier et un de moins que le record de la concession.

Hors de la formation plus souvent qu’à son tour cette saison, Ignacio Piatti foulera-t-il la pelouse du Stade Saputo avec l’Impact pour une dernière fois dimanche prochain ? Qu’adviendra-t-il de son compatriote argentin Maximiliano Urruti, utilisé comme réserviste face à Atlanta United ?

« Si vous me demandez pourquoi nous ne participerons pas aux séries éliminatoires, c’est parce que nous n’avons pas réussi à compléter les jeux de qualité que nous avons créés, a analysé Cabrera dans un mini bilan dimanche soir. Le dernier touché du ballon, le dernier tir, la dernière passe, c’est là où nous avons laissé filer ces opportunités et où il faut faire la différence. »