Joey Saputo est descendu dans le vestiaire après la défaite de samedi

L'entraîneur-chef Wilmer Cabrera s'est dit peu étonné de la visite du propriétaire de l'équipe, Joey Saputo.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne L'entraîneur-chef Wilmer Cabrera s'est dit peu étonné de la visite du propriétaire de l'équipe, Joey Saputo.

Plus ça change, plus c’est pareil chez l’Impact de Montréal. Le propriétaire, Joey Saputo, est bel et bien descendu dans le vestiaire après la défaite de 1-0 contre le FC Cincinnati, a confirmé l’entraîneur-chef, Wilmer Cabrera, lundi après-midi.

Cabrera, qui peine à connaître du succès depuis son embauche à la fin du mois d’août, a d’abord semblé mal à l’aise de discuter de la plus récente sortie de Saputo, lundi, au Centre Nutrilait. « C’est le propriétaire, et il voulait nous encourager, les joueurs, nous, les entraîneurs, et le staff technique », a d’abord évoqué Cabrera.

Le Colombien âgé de 52 ans s’est ensuite repris, en utilisant une image pour expliquer sa pensée. « C’est simple. Il est le propriétaire et il est venu dans le vestiaire pour s’exprimer, a-t-il confié. Mais vous savez, je n’y vois aucun inconvénient. Quand tu es le propriétaire d’une maison et que tu veux parler aux membres de ta famille, et bien tu le fais — même si ta femme dit non. Mais vous savez, ce club est habitué à cette manière de faire ; ce n’est pas la première fois que ça se produit. Il n’y a donc rien eu d’étrange. »

Quant à savoir s’il avait déjà été témoin d’une telle scène au cours de sa carrière, Cabrera a rappelé son passé sportif en Amérique du Sud, où les choses sont souvent beaucoup plus crues.

« Je sais que vous avez tous vu Narcos, a-t-il d’abord mentionné, en référence à la populaire série sur Netflix qui porte sur les cartels de la drogue sud-américains. J’ai déjà fait partie d’un club en Colombie, à Cali, donc je sais ce que ce genre d’intervention signifie. Je connais ce genre d’environnement. À l’époque, c’était difficile, c’était très difficile. Et ça faisait peur. Ça [l’intervention de Saputo], ce n’était rien. Ça me va. »

Cabrera a poursuivi ses explications sur sa façon de voir les choses en s’ouvrant un peu plus sur sa philosophie à la tête de l’Impact. Une approche passive, qui prône davantage le statu quo que le changement.

« Vous savez, je n’ai pas accepté ce boulot pour changer la culture de ce club, ou de la ville, a-t-il dit. C’est plutôt moi qui me suis adapté à eux. Et je ne veux rien changer. J’aimerais seulement me servir de mes outils pour permettre aux joueurs, ainsi qu’au club, de connaître du succès. En fin de compte, je serai jugé en fonction de ça. »

Cabrera était accompagné en conférence de presse par Samuel Piette. Évidemment, le milieu de terrain québécois a été invité à commenter lui aussi la sortie de Saputo, qu’il a vue d’un oeil plutôt positif.

« C’est sûr que [son intervention] n’était pas pour nous féliciter — nous venions de perdre, a reconnu Piette. Il voulait remettre les pendules à l’heure, car nous traversons tous une période difficile, autant lui que [le président] Kevin Gilmore. Il a dit qu’il est toujours derrière nous, et qu’il n’a pas lancé la serviette. Dans 48 heures, nous aurons la chance, en 180 minutes, de renverser toutes les mauvaises émotions que nous avons vécues au cours des dernières semaines et d’aller chercher quelque chose de positif. »

L’Impact, dont les chances de participer aux séries éliminatoires de la MLS sont pratiquement anéanties à la suite de cette défaite crève-coeur contre un club d’expansion, pourrait certes racheter sa saison, mercredi soir. Il disputera alors le match aller de la série finale du Championnat canadien contre son ennemi juré, le Toronto FC.

Le onze montréalais a cependant une impressionnante pente à remonter s’il veut connaître du succès contre les Torontois. En plein marasme, il n’a remporté que 2 de ses 12 derniers matchs en MLS, en plus d’avoir été blanchi pour la septième fois sur sa pelouse cette saison.

En comparaison, les Torontois connaissent une belle séquence dernièrement, puisqu’ils n’ont pas subi la défaite depuis le 3 août, toutes compétitions confondues. De plus, ils ont remporté les trois derniers titres canadiens, et cinq des huit plus récents.

Piette a donc voulu envoyer un message clair aux partisans : ses coéquipiers et lui ne lanceront pas la serviette, et ce, même s’ils seront les négligés au cours de cette finale du championnat canadien.

« Ce n’est pas un secret pour personne, en ce moment nous traversons une période très difficile, a admis Piette. Mais comme l’entraîneur l’a dit, c’est une finale, à laquelle nous n’avons pas pris part l’an dernier. C’est une finale qui peut apporter de bonnes choses, comme un trophée pour le club. Si nous sommes capables d’obtenir un bon résultat ici, et ensuite à Toronto, alors ce sera un point positif à la saison. »

« Personnellement, je peux vous assurer que personne dans ce vestiaire n’a jeté la serviette, que ce soit pour le championnat canadien ou la saison en MLS. Je sais que nous nous sommes compliqué la tâche avec le match de samedi, mais ce n’est pas terminé. Après tout, ce n’est pas comme si nous devions gagner nos trois derniers matchs en MLS avec un écart de cinq buts. Je demande donc aux partisans de nous supporter jusqu’à la fin, et ensuite on fera les constats », a-t-il conclu.