Séoul demande au CIO de bannir un drapeau japonais controversé aux Jeux de Tokyo

Des manifestants sud-coréens déchirent un énorme drapeau japonais du soleil levant lors d'un rassemblement anti-japonais marquant l'anniversaire de la libération de la Corée du régime colonial japonais de 1910-1945.
Photo: Jung Yeon-je Agence France-Presse Des manifestants sud-coréens déchirent un énorme drapeau japonais du soleil levant lors d'un rassemblement anti-japonais marquant l'anniversaire de la libération de la Corée du régime colonial japonais de 1910-1945.

La Corée du Sud a demandé mercredi au Comité international olympique d’interdire lors des Jeux de Tokyo 2020 l’utilisation d’un drapeau japonais controversé, considéré dans une grande partie de l’Asie de l’Est comme un symbole de l’agression militaire nippone pendant la Seconde Guerre mondiale.

« Nous avons expliqué l’histoire derrière le drapeau et demandé à ce qu’il soit banni durant les Jeux », a déclaré le ministère des Sports de la Corée du Sud, où le ressentiment reste vif à l’égard de la colonisation par le Japon de la péninsule coréenne entre 1910 et 1945.

Le drapeau, dit du Soleil levant, avec des rayons de soleil rouges — distinct du drapeau officiel du Japon avec un simple rond rouge sur fond blanc — est utilisé comme étendard de la force maritime d’autodéfense japonaise depuis 1954.

Mais pour les voisins du Japon, il renvoie à l’étendard arboré lors de la colonisation nippone.

Ce drapeau représente « un symbole politique clair » qui réveille des souvenirs douloureux des atrocités commises en temps de guerre par le Japon, a ajouté le Ministère, les comparant aux « cauchemars que la croix gammée nazie donne aux Européens ».

La semaine dernière, les organisateurs des Jeux olympiques de Tokyo avaient assuré que le drapeau n’avait aucune signification politique et affirmé qu’il serait autorisé lors de la compétition l’été prochain.

Ces différends historiques entre les deux voisins empoisonnent leurs relations depuis des lustres et ont entraîné début août la mise en place de restrictions commerciales réciproques.

Le gouvernement japonais est furieux que des tribunaux sud-coréens exigent d’entreprises japonaises qu’elles dédommagent des Sud-Coréens qui avaient été forcés de travailler dans leurs usines durant l’occupation japonaise jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

En Corée du Sud, certains parlementaires ont milité en faveur d’un boycottage des Jeux olympiques de Tokyo et d’une interdiction de voyager dans le pays, en raison des risques de radiations supposés, huit ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Le Comité olympique sud-coréen a annoncé le mois dernier qu’il avait déposé une plainte auprès des organisateurs des Jeux de Tokyo concernant les risques de radiations sur les sites autour de Fukushima, ainsi que la possibilité que des aliments cultivés dans la région soient servis aux athlètes du village olympique.