Les «skaters» se préparent pour les Jeux aux X Games

Dans l’enceinte du US Bank Stadium à Minneapolis, les planchistes ne se sont pas privés d’envolées spectaculaires et d’acrobaties d’un haut niveau de technicité avec une idée en tête: aller aux Jeux.
Photo: Sean M. Haffey Getty Images Agence France-Presse Dans l’enceinte du US Bank Stadium à Minneapolis, les planchistes ne se sont pas privés d’envolées spectaculaires et d’acrobaties d’un haut niveau de technicité avec une idée en tête: aller aux Jeux.

Surpris puis partagés, les planchistes à roulettes se sont finalement faits à l’idée de rejoindre le monde de l’olympisme lors des prochains Jeux, en 2020, à Tokyo. Réunis lors de leur grand rendez-vous, les X Games, à Minneapolis, ils se préparent à sortir le grand jeu dans un an.

« Les Jeux, je veux vraiment y aller ! Le skateboard va changer les Jeux olympiques pour tout le monde, pour ceux qui regardent. Ça va envoyer ! », lance à l’AFP l’Américain de 18 ans Jagger Eaton, une des pointures mondiales en street. Le street, un parcours sur des obstacles inspirés du mobilier urbain, est l’une des deux épreuves au programme des JO avec le park terrain, plus connu des initiés sous le nom de bowl (des figures à réaliser dans une sorte de cuvette).

Dans l’enceinte du US Bank Stadium à Minneapolis, chère à l’équipe de football américain des Vikings, les planchistes ne se sont pas privés d’envolées spectaculaires et d’acrobaties d’un haut niveau de technicité avec une idée en tête : aller aux Jeux. Impensable il y a seulement deux ans, quand la planche à roulettes se lançait dans une opération de structuration pour remplir les critères de l’olympisme.

Avec ses codes de langage, ses tenues vestimentaires si particulières, son mode de vie et la façon très libre de s’entraîner, le skateboard est aux antipodes de l’univers des JO. « Certaines personnes considèrent le skateboard comme un vrai sport, d’autres non. Ça m’est égal comment on l’appelle. Tout ce que je peux dire, c’est que c’est très différent des autres sports, c’est très individuel, chacun ici a son propre style et fait des tricks [figures] différents », défend le phénomène du street aux 10 médailles d’or aux X Games, Nyjah Huston.

Avant, «skater» tenait du «lifestyle», et maintenant, c’est un sport avec des règles antidopage

Même s’ils ont l’esprit libre, les planchistes ont cependant l’habitude des formats compétitifs, à commencer par leur événement de référence, celui qui les a fait rêver depuis leur plus jeune âge : les X Games, créés en 1995 par la chaîne de télé américaine ESPN pour célébrer les sports extrêmes et alternatifs, mais dont la participation se fait sur invitation. « Les choses deviennent plus sérieuses maintenant. Avant, skater tenait du lifestyle, et maintenant, c’est un sport avec des règles antidopage, où il faut faire attention à sa santé, où il faut aller chercher des points pour se qualifier pour les Jeux olympiques. C’est différent d’avant », souligne la vedette féminine de ce sport né dans la rue, la Brésilienne Leticia Bufoni.

Edouard Damestoy, sacré champion du monde en juillet de vert (une épreuve très aérienne dans une structure en U), espère justement « vivre quelque chose de différent » s’il se qualifie pour les Jeux olympiques. « En tant que skater, on n’a pas encore rêvé des JO. Quand ça arrive, ça se présente plus comme une opportunité. Être athlète olympique, c’est quand même quelque chose de cool à dire », expose le Français de 22 ans, qui pense que les figures plaquées en planche à roulettes vont « offrir au public des choses complètement différentes de ce qu’on a eu l’habitude de voir aux JO ».

Mais d’ici Tokyo, le chemin est encore long. Et si les planchistes ont accepté l’idée d’un cadre, tout n’est pas réglé. « Le skateboard a plus à voir avec un lifestyle, c’est ce qui le rend si différent de tous les autres sports. Alors, faire des compétitions en uniforme et porter tous le même, c’est quelque chose qui sera vraiment dur pour nous, parce que le skateboard vous donne la liberté d’exprimer votre style. On ne s’y oppose pas, mais on travaille étroitement avec les marques pour être sûr qu’on aura quelque chose qu’on veut vraiment », prévient Bufoni.