Andre De Grasse et Aaron Brown ont les yeux rivés sur le titre canadien au 100m

Andre De Grasse (à gauche) et Aaron Brown vont s'affronter aux Championnats canadiens d'athlétisme, vendredi à Montréal.
Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne Andre De Grasse (à gauche) et Aaron Brown vont s'affronter aux Championnats canadiens d'athlétisme, vendredi à Montréal.

Bien qu’ils soient de bons amis à l’extérieur des pistes, Andre De Grasse et Aaron Brown n’ont qu’un seul objectif en tête lorsqu’il est question de l’épreuve de 100 m : battre l’autre.

Les deux sprinteurs auront la lourde tâche de déterminer lequel d’entre eux est l’homme le plus rapide du pays, lorsqu’ils s’affronteront vendredi soir, aux Championnats canadiens d’athlétisme, de retour à Montréal pour la première fois en 21 ans.

Devant la foule montréalaise, Brown tentera à tout prix de défendre son titre de champion canadien, acquis l’an dernier aux dépens de Bismark Boateng et De Grasse. Brown et De Grasse tenteront ainsi de se qualifier en vue des Championnats mondiaux à Doha, au Qatar.

« C’est plaisant d’être en compétition. Il s’est vraiment amélioré cette année. Je vois ces temps, il a battu son record personnel à Lausanne. Je sais que je dois être au sommet de ma forme et que je dois être prêt », a avoué De Grasse.

« Les résultats [de De Grasse] à Ostrava m’ont poussé à faire la même chose à Lausanne, a reconnu pour sa part Brown. Je l’ai vu encore à Londres. Je sais de quoi il est capable et je sais ce qu’il faut pour gagner ici. »

Pour Glenroy Gilbert, entraîneur-chef d’Athlétisme Canada, la motivation de triompher va bien au-delà des comparaisons entre les deux Ontariens.

« Ils sont encore plus motivés par le besoin de gagner. Parce que la victoire signifie que l’un des deux est l’homme le plus rapide au Canada, a-t-il souligné. Alors ils veulent à tout prix remporter ce titre. Ils ont des performances similaires cette saison, cependant, le stress, la température et la capacité de courir sous la pression vont entrer en ligne de compte.

« Nous savons que les deux ont ce qu’il faut pour gagner ; alors on doit attendre et voir ce qui va se passer. »

Ce genre de rivalité rappelle à Gilbert des souvenirs de ses belles années, quand il était le coéquipier de Bruny Surin et de Donovan Bailey, dans l’équipe canadienne de relais. Aujourd’hui à la tête du programme canadien d’athlétisme, il voit beaucoup de similitudes entre les anciennes gloires canadiennes et ses jeunes poulains.

« Leur rivalité était similaire. Elle était nationale, mais elle se transportait aussi sur la scène internationale. C’est le même principe, a-t-il affirmé. Ils étaient des amis, mais ils étaient des rivaux et de fins compétiteurs ici, comme ailleurs dans le monde. »

Bien que le but ultime de Brown et de De Grasse soit le même, les motivations des deux jeunes hommes diffèrent.

Pour De Grasse, ce sera l’occasion de peaufiner ses résultats et poursuivre son ascension au cours des derniers mois. Après deux années difficiles marquées par diverses blessures, l’athlète originaire de Scarborough a réalisé son meilleur chrono de la saison en Ligue de diamant en franchissant 100 m en 9,99 secondes la semaine dernière, à Londres.

« C’était véritablement un pas dans la bonne direction pour moi, a soutenu De Grasse, qui a décidé de faire l’impasse sur le 200 m à Montréal. Je n’ai pas couru sous les 10 secondes depuis longtemps. C’est bon pour la suite des choses, parce que c’est une longue saison. Je peux m’améliorer tous les jours. »

Les nombreux changements effectués par De Grasse au cours des derniers mois, notamment sa décision audacieuse de quitter son entraîneur Stuart MacMillan pour poursuivre son chemin avec Rana Reider, pourraient également être à l’origine de ses récents succès.

« Je m’entraîne fort et de façon intelligente, j’ai une nouvelle entraîneuse et je suis dans un environnement différent. Je fais les choses différemment que ce que je faisais par le passé. C’est pour le mieux, a-t-il admis. Je sens que j’avance et je suis en santé. D’être capable de faire de nouveau concurrence aux gars les plus rapides, ça m’a beaucoup aidé.

« Je suis vraiment proche des meilleurs résultats de ma carrière. Je sens que je suis capable de faire mieux. Je me sens bien. »

De son côté, Brown compte bien se servir de ses performances de ce week-end pour effectuer quelques ajustements en vue de la fin de la saison. Bien que les attentes soient élevées en vue de la confrontation, le Torontois n’entend pas se mettre davantage de pression sur les épaules.

« C’est le genre d’environnement dans lequel tu veux courir, parce que mes objectifs personnels vont bien au-delà des Championnats canadiens, a-t-il mentionné. Je veux être compétitif aux Championnats du monde, alors ça va me servir de baromètre pour voir où j’en suis. D’être nez à nez avec un gars reconnu à l’échelle internationale, qui a obtenu des médailles aux niveaux les plus élevés de notre sport, c’est bon pour moi et pour ma confiance. »

Pour Brown, comme pour Gilbert, il s’agira d’une bataille plus difficile sur le plan mental.

« Physiquement, ils sont prêts. C’est maintenant une bataille mentale, a expliqué Gilbert. Qui va être assez fort mentalement pour s’en tenir au plan de match et qui va être en mesure de le réaliser le mieux ? Il est là le test. »

En attendant d’être témoins de la confrontation entre les deux sprinteurs, les spectateurs auront la chance d’encourager Geneviève Lalonde lors de la finale du 3000 m steeple, en soirée. L’Acadienne est actuellement détentrice du titre de championne nationale qu’elle a remporté à deux reprises. Les finales féminine et masculine du 5000 m se dérouleront par la suite.