Les cyclistes devront composer avec la rareté de l’oxygène au Tour de France

La course qui se mettra en branle samedi comprendra trois étapes qui culmineront à plus de 2000 mètres d’altitude.
Photo: Christophe Ena Associated Press La course qui se mettra en branle samedi comprendra trois étapes qui culmineront à plus de 2000 mètres d’altitude.

À chaque coup de pédale, les cyclistes du Tour de France progresseront vers l’inconnu.

Pour la première fois en 116 ans d’histoire, la course qui se mettra en branle samedi comprendra trois étapes qui culmineront à plus de 2000 mètres d’altitude. Ces ascensions sans précédent joueront un rôle déterminant dans la course au titre de la Grande Boucle.

Les deux dernières étapes en montagnes, qui culmineront aux stations alpines de Tignes et Val Thorens, seront ponctuées d’ascensions au-dessus de la barre des 2000 mètres. L’autre test pour les cyclistes aura lieu lors de la 14e étape dans les Pyrénées, avec l’ascension du col de Tourmalet, à 2115 mètres.

En raison de l’altitude, la densité de l’air sera plus faible, et l’oxygène beaucoup plus rare, ce qui pourrait entraîner une panoplie de réactions physiologiques chez les participants. Par exemple, les corps endoloris des cyclistes pourraient perdre de leur puissance tandis qu’ils lutteront afin de demeurer dans le peloton au milieu des Pyrénées et des Alpes françaises.

Leurs poumons vont se contracter, rendant la respiration difficile et plus rapide afin de compenser la chute de pression. Leurs coeurs battront plus rapidement, afin d’augmenter l’apport en oxygène des cellules aux poumons pour qu’ils puissent alimenter leurs muscles et ultimement maintenir le rythme en piste.

Les bols de pâtes que les cyclistes engloutissent quotidiennement et les gels énergétiques qu’ils transportent avec eux seront éliminés encore plus rapidement par leurs corps, afin d’absorber les glucides et les sucres pour les propulser vers les plus hauts sommets, en dépit des pentes abruptes et inhospitalières où même les arbres refusent de pousser.

Et pendant le processus d’absorption de l’énergie malgré la rareté de l’oxygène, leurs cellules cracheront encore plus d’acide lactique, augmentant ainsi la sensation de brûlure dans leurs jambes et limitant leur capacité à donner des coups de pédale.

« Quand tu roules à plus de 2000 mètres, tu sens de toute évidence la différence par rapport au fait de rouler, disons, à 1000 mètres ou plus bas », a expliqué le champion du Tour de France en 2018 Geraint Thomas à l’Associated Press à l’issue d’une séance d’entraînement le mois dernier.

« Tu ne peux tout simplement pas développer la même puissance qu’au niveau de la mer, a-t-il ajouté. La densité de l’air est beaucoup plus mince là-haut, c’est certain. On s’en rend compte par exemple lorsqu’on respire ; tes poumons ne reçoivent tout simplement pas autant d’oxygène qu’à l’habitude. »

En ponctuant le Tour de France de ces ascensions vertigineuses, les organisateurs espèrent éviter d’offrir aux spectateurs une course générique et maintenir le suspens sur l’identité du vainqueur le plus longtemps possible — peut-être même jusqu’à la fin de la portion dans les Alpes, à l’occasion de la dernière journée avant le défilé sur les Champs-Élysées le 28 juillet.

« Ce sera difficile, particulièrement lors des deux derniers jours du Tour, a confié Thomas. À ce moment-là, tout le monde sera fatigué de toute façon, donc ça pourrait contribuer à séparer le peloton. »

Il est à noter que la course aura un intérêt particulier cette année en raison de la présence du Québécois Hugo Houle, qui tiendra un rôle de soutien au sein de l’équipe kazakhe Astana. Houle, qui a remporté le contre-la-montre individuel aux Jeux panaméricains de Toronto en 2015, participe au Tour de France pour la première fois de sa carrière, après deux participations au Tour d’Italie et une autre au Tour d’Espagne.

Le cycliste de Sainte-Perpétue sera accompagné du Canadien Michael Woods, d’Ottawa. Ce dernier s’est d’ailleurs souvenu d’une de ses premières courses contre Houle, lors du défunt Grand Prix OBC d’Ottawa.

« Nous avons participé aux Jeux olympiques ensemble. Il m’a beaucoup aidé, c’est une bonne personne-ressource, et j’espère que j’ai pu l’aider un peu moi aussi. Il est venu dormir chez moi à Gérone, en Espagne, au début de la saison.

« Nous sommes de bons amis. Et ce sera amusant de prendre part à notre premier Tour de France ensemble — nous ferons partie d’équipes différentes, mais je suis certain, quand nous aurons un peu de temps de libre, de discuter à l’arrière du peloton. »

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