Les nouveaux paddocks du circuit Gilles-Villeneuve, une formule gagnante

Les membres de l’équipe Ferrari déplacent la voiture de Sebastian Vettel devant les nouveaux paddocks.
Photo: Tom Boland La Presse canadienne Les membres de l’équipe Ferrari déplacent la voiture de Sebastian Vettel devant les nouveaux paddocks.

Tout le monde semblait enchanté, vendredi, des nouveaux paddocks du circuit Gilles-Villeneuve, sur l’île Notre-Dame, à Montréal, lors de la première journée d’essais libres du Grand Prix du Canada de Formule 1.

L’élégant bâtiment blanc de béton, d’acier, de bois et de verre bourdonnait d’activité, alors que les écuries s’activaient autour de leurs bolides dans les garages et qu’au-dessus d’elles travaillaient les journalistes et qu’aux deux étages suivants, faits de grands salons, de gradins permanents et de terrasses vertes, on dégustait des petits fours et le champagne tout en regardant filer les voitures de course.

Construit en seulement dix mois au coût de 59 millions — 41 millions provenant de la Ville de Montréal et 18 millions, du gouvernement du Québec —, le nouvel édifice, qui s’appellera dorénavant l’Espace Paddock, faisait partie des conditions imposées par les autorités de la Formule 1 pour la prolongation du droit de présenter le Grand Prix jusqu’en 2029. Il vient remplacer un bâtiment deux fois plus étroit en béton qui avait une trentaine d’années et qu’il fallait chaque fois compléter par des installations temporaires, notamment pour les médias.

« Les anciennes installations étaient rendues désuètes entre autres parce qu’elles étaient beaucoup trop petites pour les équipes, qui ont beaucoup grossi au fil des ans, pas seulement dans les garages, mais aussi dans leur besoin en loges d’entreprise », explique François Dumontier, président et chef de la direction du Groupe de course Octane, le promoteur du Grand Prix du Canada à Montréal.

C’est qu’en effet, en plus de débarquer avec leurs bolides, leurs ordinateurs et des dizaines d’ingénieurs et de mécanos, les dix équipes de Formule 1 occupent chaque année environ 80 % des espaces des paddocks réservés aux entreprises ou à leurs invités et clients. Or, au lieu de l’ancienne capacité d’accueil d’environ 1800 personnes, elles pourront cette année en recevoir plus de 5000.

« Ce sont vraiment de belles installations. C’est une grosse amélioration. Merci pour cela », a déclaré en conférence de presse le chef de l’écurie Toro Rosso, Franz Tost, en réponse à une question du Devoir. « Nous avons, pas seulement les équipes, mais aussi les journalistes et les gens au marketing, beaucoup plus d’espace pour travailler. »

« C’est fantastique que Montréal se soit engagée en faveur de la Formule 1 en construisant de pareilles installations de pointe, a renchéri le patron de l’équipe Mercedes, Toto Wolff. C’est vraiment réussi. Ils sont parvenus à conserver l’authenticité de la piste et de l’île tout en y ajoutant de nécessaires équipements de service. »

Le pilote vedette de Mercedes et champion en titre, Lewis Hamilton, avait aussi eu de bons mots, en conférence de presse la veille, mais enrobés dans une critique. « C’est superbe. Ça leur a seulement pris les 13 ans que je cours pour y arriver. Avec le succès de cette course, je suis surpris qu’ils ne l’aient pas fait plus tôt. »

Espaces à louer

Selon le journaliste et chroniqueur automobile Philippe Laguë, il faut bien admettre que les anciennes installations « faisaient folkloriques ». « Disons les choses comme elles sont, la Formule 1 vend un produit de luxe. Il y a des limites à rester longtemps en dessous d’un certain niveau de confort, sans pour autant chercher à copier le faste des circuits les plus opulents comme Shanghai ou Abou Dhabi. »

Propriétaire de l’Espace Paddock, la Ville de Montréal entend bien le louer au moins 10 mois par année pour des événements d’entreprises, des fêtes privées et des congrès. « Nous avons déjà des demandes, mais nous ne pouvons pas les rendre publiques sans le demander aux promoteurs », dit Gabrielle Meloche, porte-parole de la Société du parc Jean-Drapeau, gestionnaire du bâtiment. « L’Espace Paddock est déjà particulièrement demandé par la clientèle d’affaires de Montréal, mais aussi celle provenant de l’international. [Il] est prisé pour sa grande luminosité, son panorama sur la ville, son aspect moderne, ces spécificités modulables et son accessibilité, à 10 minutes du centre-ville, mais aussi parce qu’il s’agit d’un lieu de prestige directement relié à la Formule 1. »

Premiers tours de roues

Réalisées par une journée ensoleillée devant des gradins bien garnis, les deux premières séances d’essais libres du Grand Prix du Canada font espérer une lutte au sommet entre les Mercedes, qui dominent outrageusement la compétition depuis le début de l’année, avec six victoires en six courses, et les Ferraris, qui devraient être bien servies par cette première course de la saison où la puissance des moteurs pourrait être le facteur déterminant.

La première séance a, en effet, été dominée par les deux flèches d’argent, pilotées par le Britannique Lewis Hamilton et le Finlandais Valtteri Bottas. Mais en après-midi, ce sont les voitures rouges du jeune Monégasque Charles Leclerc et de l’Allemand Sebastian Vettel qui ont mené la ronde, alors que Lewis Hamilton et le pilote Red Bull Max Verstappen sont, chacun leur tour, allés taper dans le mur.

La vedette locale, le Québécois Lance Stroll, pilote de l’écurie canadienne Racing Point, est parvenue à enregistrer le 10e temps de l’après-midi.

Les équipes auront une troisième et dernière période d’essais libres en matinée samedi pour raffiner leurs réglages avant la séance officielle de qualifications de l’après-midi en vue de la course de dimanche.