Jeux de la Francophonie à Sherbrooke: le gouvernement Legault dit non

La ministre des Relations internationales, Nadine Girault
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre des Relations internationales, Nadine Girault

Le gouvernement Legault renonce, pour une question d’argent, à présenter la candidature de Sherbrooke en vue d’accueillir les Jeux de la Francophonie de 2021, tout en ne fermant pas la porte à la tenue d’une édition ultérieure des Jeux.

Le Québec a toutefois proposé un prix de consolation à la municipalité, soit la tenue d’un autre forum de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), « qui va positionner encore davantage Sherbrooke ».

La ministre des Relations internationales, Nadine Girault, a fait connaître la décision du Québec vendredi matin en rencontrant le maire de Sherbrooke, Steve Lussier.

En entrevue téléphonique, elle a indiqué que « les conditions gagnantes ne sont pas réunies pour avoir une candidature solide » aux Jeux de la Francophonie. « Pour moi, c’était important d’obtenir les Jeux de la Francophonie en respectant la capacité de payer des Québécois », a-t-elle expliqué.

La Ville de Sherbrooke avait offert 5,5 millions, tandis que le gouvernement Legault était ouvert à accorder 17 millions sur la facture totale estimée à 80 millions des Jeux, mais on exigeait de lui davantage, soit de 30 à 35 millions.

L’échéancier était trop serré et il y avait donc un risque de dépassement de coûts qui aurait dû être assumé par le Québec, en plus de la facture des mesures de sécurité, estimée à 10 millions. « C’est sûr qu’il va y avoir des dépassements », a prédit Mme Girault.

« Il faut faire attention dans quoi on s’embarque, dans ce genre d’événement, surtout quand on parle de l’argent des autres. »

Conférence ministérielle

Mme Girault a offert en contrepartie à Sherbrooke la tenue de la Conférence ministérielle de la Francophonie, soit le forum des ministres responsables de chacun des pays membres, avec leur délégation, qui vise à préparer le Sommet de la Francophonie.

« C’est un événement vraiment exceptionnel, qui va positionner encore davantage Sherbrooke » et servir à exprimer le leadership du Québec, a fait valoir la ministre.

Son gouvernement ne ferme pas la porte à l’obtention d’une autre édition des Jeux de la Francophonie. « On verra, d’une part, qui va postuler et on verra, d’autre part, le processus », a-t-elle dit, en évoquant le fait qu’il faudra en rediscuter avec la numéro 2 de l’OIF, la Québécoise Catherine Cano.

Réaction du fédéral

Dans une entrevue à La Presse canadienne, une source libérale a indiqué que le gouvernement fédéral était « déçu » du désistement du Québec.

Le porte-parole a rappelé qu’Ottawa s’était engagé à assumer la moitié de la facture et a fait valoir que le gouvernement Legault n’aurait eu à allonger qu’une dizaine de millions de dollars environ en supplément des 17 millions prévus à l’origine.

« Il n’en manquait pas beaucoup, a déploré le responsable fédéral, qui a requis l’anonymat. Nous, on était prêts à couvrir 50 % [des dépenses]. »