«Nous sommes prêts pour le retour du baseball»

Stephen Bronfman en 2013
Photo: Andrew Vaughan La Presse canadienne Stephen Bronfman en 2013

Stephen Bronfman avait un message clair à livrer avant le premier des deux matchs préparatoires entre les Blue Jays de Toronto et les Brewers de Milwaukee : son groupe est prêt et le dossier du terrain est sur le point d’être réglé.

Son groupe et le développeur immobilier Devimco travaillent à un partenariat dans le but d’acquérir et de développer ensemble un terrain de quelque 900 000 pieds carrés du bassin Peel, où le Groupe de Montréal souhaite installer un éventuel stade de baseball.

« Serge Goulet et Devimco sont d’excellents développeurs qui connaissent bien Griffintown, a-t-il dit devant le salon Gary-Carter. Le terrain qu’on a choisi tous ensemble, c’est la prochaine étape du développement de Griffintown et ça fait beaucoup de sens. Nous serons proches du réseau de train électrique [REM]. Je pense que c’est un très bon site. Ce n’est pas encore tout ficelé, mais c’est la prochaine étape. Je serai très excité d’en faire l’annonce quand ce sera le temps. »

« C’est un gros terrain. Le stade s’insérerait bien là-dedans. Il y a là l’occasion de faire un développement qui sera très bien pour les gens du sud-ouest et qui sera pour tous les Montréalais, pas juste les amateurs de sports. »

Quand ?

« J’espère le plus tôt possible. On a étudié ce site. Même si on n’a pas le baseball — j’espère que ce ne sera pas le cas —, c’est un bon site à développer. Je pense d’ici quelques mois, ce sera réglé. […] La prochaine étape, c’est d’acquérir le terrain et ensuite d’obtenir plus de nouvelles de la MLB. »

Sur ce front, Bronfman s’est permis un soupçon d’impatience.

« Ça traîne, ça traîne, ça traîne, mais on travaille, a-t-il dit au sujet des avancées dans les dossiers d’Oakland et de Tampa Bay. Ce qui est bien, c’est que je sais qu’un jour, ça va arriver. On fait ça pour le long terme, alors on peut attendre un autre six mois, une autre année, ce n’est pas grand-chose. »

« C’est encore le mot d’ordre du Baseball majeur. Miami ne va pas très bien non plus. Ils ont des dossiers problématiques et on a peut-être la solution pour eux. »

La MLB est d’ailleurs au courant de tous les développements de son groupe.

« Je fais régulièrement des mises à jour avec le Baseball majeur et je suis présentement très encouragé. On a patienté longtemps, mais cette année, avec le printemps qui arrive, je marche d’un pas plus léger », a-t-il dit, un large sourire aux lèvres.

« On est prêts. La MLB sait où nous en sommes. Ils suivent toutes les étapes. Ils lisent les journaux. Ils prennent soin de leurs marchés et ils gardent l’intérêt vivant dans d’autres, comme Portland, San Antonio, Nashville et Charlotte. Ce sont tous d’excellents marchés, mais Montréal est de loin le plus gros, a beaucoup plus d’histoire et est plus prêt que tous ces marchés. »

« Il faut être patient et ce n’est pas toujours évident, avait déclaré un peu plus tôt l’ex-maire de Montréal Denis Coderre. On pourrait parler de baseball à tous les jours pour faire les nouvelles, mais on ne veut pas faire les séries, on veut la coupe, a-t-il imagé. Il y a une belle collaboration entre Stephen et la MLB. Ça ne donne rien de choquer personne. Mais que ce soit une expansion ou une relocalisation, Montréal est toujours en tête de liste. Le commissaire [Rob] Manfred ne cesse de parler de Montréal. Tout est en place ; Stephen l’a dit à plusieurs reprises. »

« On a été capables d’amener les Jeux olympiques, l’Expo 67, on a déjà mis 2,3 millions dans le stade pour les Expos. […] On est une ville de créativité, à Montréal. On est une des capitales du monde des start-ups. On peut faire ça. »

Pas inquiet de la flambée des salaires

Les derniers contrats accordés à Manny Machado (300 millions $US), à Bryce Harper (330 M $) et à Mike Trout (430 M $) ont fait couler beaucoup d’encre à travers la planète baseball, y compris à Montréal, où certains croient que les Expos 2.0 ne pourraient pas faire compétition aux équipes accordant ce genre de contrat. Bronfman n’est pas de cet avis.

« C’est [un modèle d’affaires] viable. Ces entreprises sont financées par des groupes de médias. Je pense qu’on peut attirer de bons joueurs et bien capables de monter une équipe compétitive », a-t-il avancé.

« Il y a de très grands marchés, puis d’autres marchés qui gèrent de très bonnes équipes de baseball, a-t-il ajouté plus tard dans la conversation. Je ne dis pas que nous ne pourrions jamais signer un Mike Trout, mais ça dépend de votre modèle d’affaires. Tout est possible. Maintenant, allez-vous attirer un joueur comme celui-là ? Avant, les Expos pouvaient développer leurs joueurs, mais pas les garder. Le modèle d’affaires a bien changé. De nos jours, les Expos garderaient leurs meilleurs joueurs. »

Un partage de revenus qui rapporterait 219 millions de dollars aux Expos — montant que toutes les équipes ont reçu avant la saison 2018 — n’y serait certainement pas étranger.

« Bien des choses ont changé depuis 2004 », a simplement rappelé M. Coderre.

Par ailleurs, M. Bronfman a laissé entendre que les amateurs de baseball pourraient bientôt voir une maquette d’un éventuel stade.

« On travaille là-dessus. Nous aurons ça bientôt. J’aime être transparent, mais je ne dis pas de mensonge. Je n’aime pas mener les gens en bateau. »