Nostalgique, Harvey rêve d’un dernier podium aux finales de la Coupe du monde

«Je veux me battre pour un podium. C’est ça, mon rêve, terminer avec un autre podium à la maison», a avoué le skieur de fond, Alex Harvey, jeudi après-midi.
Photo: Kerstin Joensson Associated Press «Je veux me battre pour un podium. C’est ça, mon rêve, terminer avec un autre podium à la maison», a avoué le skieur de fond, Alex Harvey, jeudi après-midi.

Pour son dernier tour de piste, Alex Harvey aborde les finales de la Coupe du monde de ski de fond ce week-end à Québec avec un état d’esprit combatif et rêve de s’offrir un dernier podium devant son public pour conclure sa fructueuse carrière.

Le fondeur canadien le plus décoré de l’histoire a déjà annoncé il y a quelques semaines que les trois épreuves disputées sur les plaines d’Abraham à compter de vendredi constitueront son chant du cygne.

« Je veux me battre pour un podium. C’est ça, mon rêve, terminer avec un autre podium à la maison », a avoué Harvey, jeudi après-midi, devant les nombreux journalistes présents à la conférence de presse pour lancer l’événement.

En paix

 

Si le multiple médaillé au circuit de la Coupe du monde — 27 médailles, dont 7 victoires en 255 départs — avoue qu’il se sent quelque peu nostalgique à l’idée de disputer ses dernières courses, il se dit parfaitement en paix avec sa décision.

« C’est sûr que je suis nostalgique. Je me rappelle toute ma carrière. Il y a plein d’images qui me reviennent en tête, plein d’émotions. En même temps, je veux bien faire, je veux me battre pour un podium jusqu’au bout.

« En ce qui concerne ma décision, je l’ai prise. Et encore aujourd’hui, c’est la bonne décision pour moi. Le temps est venu. Cette saison a été difficile, surtout au niveau moral. Ma marge de manoeuvre a grandement diminué cette année et je ne suis pas prêt à repartir pour une autre saison comme celle-ci. »

Malgré tout, il évalue que sa forme est à la hausse depuis les championnats du monde de Seefeld, en Autriche. Au cours de sa carrière, il nous a d’ailleurs habitués à de solides fins de saison en mars. Sa décision de prendre une pause et de revenir à Québec en janvier en plein Tour de ski lui a permis de se ressourcer et de relancer sa saison.

Selon l’entraîneur de l’équipe canadienne, Louis Bouchard, cet intermède pourrait être un atout pour les courses du week-end.

« D’ailleurs, ça l’a déjà été parce que depuis qu’il est retourné en Europe, il s’est vraiment repositionné parmi le top 10. Il a obtenu de bons résultats, 6e aux championnats du monde, 5e à Oslo. Il semble être sur une courbe ascendante. »

Dimanche

 

Vainqueur du sprint en 2017 à Québec, Harvey reconnaît que le contexte est très différent cette fois puisqu’il ne figure pas parmi les favoris. Mais il estime néanmoins que ses meilleures chances de podium demeurent l’épreuve de dimanche, la poursuite 15 km en style libre.

« Cette distance en skate, ça a toujours été ma spécialité. L’an dernier aux finales de la Coupe du monde, j’ai été pas très fort au sprint, moyen au classique et j’étais remonté 2e lors de la dernière journée. Mais honnêtement, s’il y a un podium, je vais le prendre n’importe où. »

Un public nombreux est attendu sur le parcours en fin de semaine, une façon de témoigner son affection au fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges. En 2017, 60 000 personnes s’étaient massées sur le site. Harvey entend profiter de ce soutien sans que cela devienne une source de distraction. « C’est certain que je veux faire un bon show pour la foule. En même temps, il faut presque oublier ça. Pour donner le meilleur spectacle, il faut faire les choses comme je les ferais si j’étais quelque part dans le nord de la Finlande.

« Pendant l’échauffement en 2016 et 2017, j’aurais pu donner des high five pendant une heure. Il y avait du monde tout au long du parcours. Je suis resté dans ma bulle. Il va falloir que je fasse la même chose demain [vendredi] et les autres jours. »

La compétition couronnera par ailleurs le champion du globe de cristal de la saison. Actuellement, le Norvégien Johannes Hoesflot Klaebo devance de peu le Russe Alexander Bolshunov. Harvey mise sur Klaebo pour l’emporter.

« Bolshunov est probablement plus fort, mais Klaebo est plus fin renard, surtout pour le sprint. Il va prendre un avantage là et après il va rester à l’affût pendant la course en classique en fonction de ce que fait Bolshunov. Ce sera la même chose dimanche, il va suivre et le battre sur la dernière ligne droite. »

La compétition se met en branle avec les sprints style libre, vendredi après-midi (13 h).

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