Justine Dufour-Lapointe a vécu une année de premières; Chloé songe à la retraite

Bien qu’elle n’ait réussi que deux podiums cette saison, Justine Dufour-Lapointe s’est dite satisfaite de sa sixième position au classement général de la Coupe du monde.
Photo: Rick Bowmer La Presse canadienne Bien qu’elle n’ait réussi que deux podiums cette saison, Justine Dufour-Lapointe s’est dite satisfaite de sa sixième position au classement général de la Coupe du monde.

Elle n’est peut-être plus l’adolescente un peu téméraire qu’elle était à 16 ans, mais la vétérane Justine Dufour-Lapointe a indiqué qu’elle avait vécu plusieurs nouvelles expériences déstabilisantes cette saison sur le circuit de la Coupe du monde de ski acrobatique. Des défis qu’elle a relevés avec brio.

« J’ai dû vivre plein de nouveaux chapitres, de nouveaux moments ; des choses que je n’avais jamais eu la chance de vivre », a confié, en entretien téléphonique mercredi, l’athlète qui fêtera son 25e anniversaire le 25 mars.

Bien qu’elle n’ait réussi que deux podiums cette saison — le bronze à Mont-Tremblant en janvier et au Kazakhstan il y a quelques jours —, la Québécoise s’est dite satisfaite de sa sixième position au classement général de la Coupe du monde. Elle a également pris le cinquième rang dans l’épreuve individuelle aux Championnats du monde de Deer Valley.

« J’ai commencé la saison avec une blessure à une épaule, une situation que je n’avais jamais vécue. Mais je suis passée par-dessus ça, et j’ai réalisé qu’une fois que tu y parviens, alors il n’y a plus rien pour t’arrêter. De plus, j’ai dû apprendre à faire en compétition mon nouveau saut, le “Cork 720” — saut désaxé avec deux vrilles complètes —, et ça m’a rendue très fière. Ç’a vraiment été une saison remplie d’émotions. Je suis extrêmement fière d’avoir pu repousser mes limites et m’être sortie de mes “bottines” tout au long de la saison. C’est un tout autre chapitre qui s’ouvre maintenant devant moi. »

Même si quatre des cinq bosseuses qui l’ont devancée au classement général sont plus jeunes qu’elle, Justine Dufour-Lapointe assure qu’elle ne ressent pas le poids des années. Elle compte d’ailleurs mener une charge l’an prochain contre ses principales adversaires — Perrine Laffont, Jaelin Kauf, Jakara Anthony et Yulia Galysheva, pour ne nommer qu’elles — en utilisant systématiquement son “Cork 720”.

«Je veux l’utiliser à toutes les compétitions. Après les Mondiaux, j’ai réussi à le faire au Japon et au Kazakhstan, et c’est là que je me suis dit : “O.K., là on le rentre dans notre routine”, a-t-elle confié. Ensuite, la prochaine étape, ça sera de l’utiliser dans les épreuves en parallèle. »

La cadette des soeurs Dufour-Lapointe a également admis qu’elle avait dû s’adapter à la nouvelle structure de Ski acro Canada, après que Michel Hamelin, qui dirigeait jusqu’à l’an dernier le programme senior féminin, eut accepté de chapeauter aussi le programme senior masculin.

« Il y a eu de grands changements, de grands bouleversements au niveau du staff. Ce n’était pas très sécurisant au départ, mais on a su s’ajuster et aujourd’hui le système fonctionne bien. Avec le recul, je constate que c’est très plaisant de travailler avec les garçons — surtout lorsqu’on me complimente sur mon “Cork” », a-t-elle résumé en riant.

Chloé Dufour-Lapointe contemple la retraite

D’autre part, la soeur aînée de Justine Dufour-Lapointe, Chloé, n’a pas caché ces derniers jours qu’elle songeait à accrocher ses skis. Elle imiterait ainsi sa soeur Maxime, qui a pris sa retraite l’année dernière. La principale intéressée, qui est âgée de 27 ans, assure cependant que rien n’est coulé dans le béton — pour le moment.

« J’en ai parlé, parce que j’ai plusieurs options devant moi, mais je vais prendre le temps de me reposer avant de prendre ma décision, a dit celle dont la deuxième passion est la mode. En début de saison, je penchais plus vers ça [la retraite], mais aujourd’hui j’en veux encore, j’ai le goût de le faire. Ceci étant dit, si je veux faire un autre cycle olympique, il reste encore trois années devant moi, et je ne veux pas arriver aux JO essoufflée. C’est donc important pour moi de prendre le temps d’y réfléchir. »

Chloé Dufour-Lapointe n’a pas grimpé sur le podium en Coupe du monde depuis le 28 janvier 2017, et elle en a été écartée au cours des deux dernières campagnes. Ainsi, sa 10e place au classement général de la Coupe du monde en 2018 l’avait ébranlée, dit-elle, mais elle a rebondi en force cette saison — elle a fini septième au cumulatif en 2019 — et hésite maintenant à officiellement tirer la « plogue ».

Une chose est certaine, advenant le départ à la retraite de Chloé, Justine Dufour-Lapointe a reconnu qu’elle ressentirait un énorme vide dans sa vie d’athlète.

« Nous sommes rentrées hier, donc nous ne nous sommes pas encore assises avec nos entraîneurs pour dresser le plan de la saison prochaine. Mais la décision lui revient, et peu importe, il faut qu’elle pense à elle.

« Mais j’aurais de la difficulté à m’imaginer seule sur le circuit. J’ai toujours eu mes deux grandes soeurs à côté de moi, donc déjà d’en perdre une cette saison, ç’a créé un gros trou. J’ai vécu tellement de beaux voyages, de belles expériences, comme d’aller au Japon et de visiter Disneyland. Ce sont des moments tellement marquants. Donc, c’est certain que ce ne serait plus jamais pareil. »

Les soeurs Dufour-Lapointe ignorent toujours si elles participeront aux Championnats canadiens à Val St-Côme, les 23 et 24 mars, même si elles y seront pour rencontrer de jeunes athlètes. Elles s’accorderont par la suite quelques semaines de repos ce printemps.