Quelle place Carey Price mérite-t-il dans l’histoire du Canadien?

Il serait malhonnête d’imputer uniquement à Price cette traversée du désert.
Photo: Christian Petersen Getty Images / Agence France-Presse Il serait malhonnête d’imputer uniquement à Price cette traversée du désert.

La question de la place de Carey Price dans la grande histoire du Canadien demeure délicate, même s’il a rejoint Jacques Plante au sommet de la colonne des victoires avec 314.

L’époque où les attentes envers le Tricolore étaient la conquête de la coupe Stanley ou rien d’autre fait bel et bien partie du passé alors que la disette du Canadien a atteint le quart de siècle.

Il serait malhonnête d’imputer uniquement à Price cette traversée du désert. Pourtant, le fait que Price n’ait pas remporté de coupe Stanley au cours de ses onze premières saisons avec le Canadien demeure probablement la seule chose qui manque à son palmarès pour faire taire ses détracteurs.

« [Price] n’a pas joué à une époque où l’équipe était parmi les meilleures année après année, a rappelé Réjean Houle, qui a gagné cinq coupes Stanley avec le Canadien. Un gars comme Jacques Plante a gagné des coupes Stanley, mais il y avait combien de joueurs devant lui qui sont au Temple de la renommée ? »

Un gars comme Jacques Plante a gagné des coupes Stanley, mais il y avait combien de joueurs devant lui qui sont au Temple de la renommée ?

« J’ai joué au sein des équipes des années 1970 où il y avait une dizaine de joueurs qui sont au Temple de la renommée. C’est certain que Ken Dryden a aussi été intronisé, mais un gardien moyen qui va jouer derrière une équipe comme la nôtre aura des chances d’avoir un bon rendement. À l’inverse, un très bon gardien qui ne compte pas sur une bonne équipe devant lui aura de la difficulté à avoir une bonne moyenne. »

Ce qui peut jouer contre Price est le fait qu’il n’ait gagné que quatre séries depuis le début de sa carrière avec le Tricolore, comparativement à douze pour Plante, seize pour Patrick Roy et dix-neuf pour Dryden. Mais encore là, le contexte et les règles ne sont pas les mêmes que lors des décennies précédentes.

« C’est difficile de gagner une coupe Stanley, particulièrement aujourd’hui quand il y a plus d’équipes, plus de parité », a rappelé l’ancien gardien des Capitals de Washington Olaf Kolzig, qui a perdu en finale face aux Red Wings de Detroit en 1998.

« Je ne crois pas qu’un joueur puisse être jugé en fonction du nombre de coupes Stanley qu’il a gagnées. Le gardien a un rôle important, mais il ne peut pas tout faire seul. 

« Pour moi, même si Carey Price ne gagne pas la coupe Stanley d’ici la fin de sa carrière, il mérite d’être élu au Temple de la renommée dès sa première année d’éligibilité. […] Regardez ce qu’il a accompli sur la scène internationale quand il avait un bon club devant lui. Et en sortant des juniors, il est allé à Hamilton et a gagné la coupe Calder.

« Je ne veux pas dire que le Canadien n’a pas une bonne équipe, mais simplement que c’est très, très difficile de gagner une coupe Stanley. Il y a beaucoup de choses qui doivent tomber en place. »

Je ne crois pas qu’un joueur puisse être jugé en fonction du nombre de coupes Stanley qu’il a gagnées

Le cas Luongo

Le cas de Roberto Luongo pourrait être comparé à celui de Price.

Luongo a récemment devancé Ed Belfour au troisième rang de l’histoire de z a atteint la finale en 2011 avec les Canucks de Vancouver, mais a plutôt vu les Bruins de Boston soulever le précieux trophée. Âgé de 39 ans, Luongo a aussi eu du succès quand il a porté les couleurs du Canada sur la scène internationale. Il ne fait pas de doute que Luongo sera élu au Temple de la renommée après sa carrière.

« Et je crois que Carey a accompli plus de choses en moins de temps », a déclaré Kolzig, qui a connu Price avant même qu’il soit repêché en tant que propriétaire de son équipe junior, les Americans de Tri-City.

La bonne nouvelle pour Price est que le plateau qu’il a atteint mardi en battant les Kings de Los Angeles 3-1 n’est pas la fin pour lui. Il n’est âgé que de 31 ans et son contrat arrivera à échéance seulement le 1er juillet 2026. Il lui reste beaucoup de temps pour distancer les Dryden, Roy et Plante, continuer de faire sa place dans l’histoire de la LNH et, qui sait, peut-être aider le Canadien à soulever la coupe Stanley.

« Je ne crois pas que Carey voudrait être comparé à ces gars-là [Dryden, Roy et Plante], parce que tout ce qu’il veut, c’est gagner, et il n’a pas encore atteint son objectif, a affirmé l’analyste au réseau TSN Pierre McGuire. Une fois qu’il y arrivera, qu’il aura gagné la coupe Stanley, ce sera probablement le plus grand exploit de sa carrière. »

Sa place parmi les grands de l’histoire du Canadien ne ferait alors plus de doute.