Le patron de Mercedes Toto Wolff redoute un Brexit «dur» pour la Formule 1

Le 29 mars, le Royaume-Uni doit quitter l’Union avec ou sans accord. Les équipes de F1 se prépareront alors en vue du deuxième Grand Prix de la saison à Bahreïn, le 31 mars.
Photo: Lluis Gene Agence France-Presse Le 29 mars, le Royaume-Uni doit quitter l’Union avec ou sans accord. Les équipes de F1 se prépareront alors en vue du deuxième Grand Prix de la saison à Bahreïn, le 31 mars.

La politique, et non les moteurs ou l’aérodynamique, inquiète vraiment le patron de Mercedes, Toto Wolff, alors que son équipe aborde la nouvelle saison de Formule 1 en quête d’un sixième titre d’affilée.

C’est la possibilité imminente d’un divorce difficile du Royaume-Uni avec l’Union européenne qui poserait le plus de problèmes.

« C’est un scénario cauchemardesque que je ne veux même pas envisager », a précisé Wolff, lundi, lors de la première journée d’essais hivernaux de la F1 en banlieue de Barcelone.

« Si on assistait à un Brexit sans accord comme cela a été discuté, je pense que cela aurait un impact majeur sur nos activités en prévision des courses ainsi que le développement et la préparation de nos voitures. »

Le mois dernier, le Parlement britannique a rejeté l’accord conclu par la première ministre, Theresa May, avec les 27 autres membres de l’UE.

Le 29 mars, le Royaume-Uni doit quitter l’Union avec ou sans accord. Les équipes de F1 se prépareront alors en vue du deuxième Grand Prix de la saison à Bahreïn, le 31 mars.

Il est difficile de prédire ce qu’un divorce sans condition négociée impliquerait pour ce qui est des questions juridiques et commerciales, mais la plupart s’accordent à dire qu’il pourrait y avoir un risque de perturbation considérable du commerce et du statut juridique des étrangers.

Outre Mercedes, dont l’usine est située à 120 km au nord-ouest de Londres, les équipes Red Bull, Renault, Williams, McLaren et Racing Point sont également implantées au Royaume-Uni.

Wolff craint qu’un Brexit « dur » procure un avantage aux équipes installées sur le continent européen. Cela comprend Ferrari, le plus sérieux rival de Mercedes ces dernières années, mais inclut également l’autre équipe italienne, Toro Rosso ; Haas, installée aux États-Unis ; et Alfa Romeo, basée en Suisse.

« Le Brexit est une préoccupation majeure pour nous et devrait l’être pour tous ceux d’entre nous qui vivent et travaillent ici », a encore dit Wolff.

Il craint les perturbations qui affectent non seulement le mouvement des équipes, mais également l’expédition et la livraison de pièces automobiles ainsi que le mouvement du personnel de Mercedes, composé de 26 nationalités différentes.

« Nous obtenons des pièces et des services à la dernière minute du Royaume-Uni, et toute perturbation majeure dans le domaine des frontières ou des taxes douanières nuirait considérablement à l’industrie de la Formule 1, a-t-il poursuivi. Nous avons un accès fantastique aux talents au Royaume-Uni. Ce que la Silicon Valley représente pour les États-Unis, la Formule 1 l’est pour le Royaume-Uni. Il existe actuellement un risque que le Royaume-Uni ne demeure pas aussi concurrentiel qu’il l’est aujourd’hui. »

Le directeur de l’équipe Red Bull, Chris Horner, s’inquiète également, mais estime que le secteur s’ajustera.

« Vous pouvez prévoir un scénario apocalyptique du Brexit ou vous pouvez peut-être voir à quel point il va affecter notre vie quotidienne, a déclaré Horner. S’il n’y a pas d’accord, aucun arrangement, nous devrons faire avec. »