L’ex-chroniqueur sportif Guy Émond est mort mercredi à l’âge de 77 ans

En marge de son travail, Guy Émond a aussi été chanteur de musique country.
Photo: «Des chevaux, des hommes et du cash» / Source Historia En marge de son travail, Guy Émond a aussi été chanteur de musique country.

L’ancien chroniqueur sportif québécois Guy Émond est mort en fin de nuit, mercredi, à l’âge de 77 ans.

La nouvelle a d’abord été rapportée par Le Journal de Montréal, pour lequel M. Émond a travaillé pendant de nombreuses années. Elle a ensuite été confirmée à La Presse canadienne par le barbier Ménick, l’un de ses plus fidèles amis depuis de nombreuses décennies.

« J’étais allé le voir il y a quelques semaines avec des amis, dont Rodger Brulotte, car nous étions assez proches de Guy et qu’il nous a beaucoup aidés dans notre jeunesse, a raconté Ménick. Ses amis étaient importants pour lui, et on savait qu’il n’allait vraiment pas bien. Il commençait à perdre la mémoire et était en fauteuil roulant. Je pense, d’une certaine façon, que le Bon Dieu lui a rendu service. »

L’ex-chroniqueur souffrait de diabète depuis longtemps. Il a passé les dernières années de sa vie dans un centre d’hébergement de Joliette, dans Lanaudière.

« On ne peut pas dire qu’on ne s’y attendait pas, a évoqué le promoteur Yvon Michel, précisant que l’un de ses fils, Jean-Marc, a déjà travaillé pour le groupe GYM. Évidemment, “Ti-Guy”, c’était un monument, un communicateur incroyable. Il avait une passion peu commune pour la vie en général, mais surtout la boxe.

« L’an dernier, j’étais à Sotchi [en Russie] pour un congrès de la boxe internationale, et Roberto Duran se souvenait de Guy Émond et m’a demandé de ses nouvelles, tellement la relation avait été marquante entre ces deux-là en 1980, lors de son combat contre Suger Ray Leonard [au Stade olympique], a ajouté Michel. C’était un gars extrêmement intense, dans tout ce qu’il faisait, que ce soit bien ou un peu moins. Mais c’était un gars qu’on avait appris à aimer et à respecter. »

Michel a notamment souligné ses talents de communicateur.

« Il était un fan fini d’Eddie Melo et de Roberto Duran, a rappelé Michel. Il avait un talent pour communiquer sa passion de façon contagieuse, autant pour la boxe que les courses de chevaux. Et effectivement, quand tu l’écoutais, tu ne pouvais faire autrement que d’embarquer. C’était un véritable verbomoteur — il parlait très rapidement, parce que ça roulait très rapidement dans sa tête —, et j’appréciais particulièrement ses histoires liées à la boxe. On ne s’ennuyait jamais avec “Ti-Guy”.»

Le collègue d’Émond au Journal de Montréal Serge Touchette abondait dans la même direction. Il s’est souvenu d’un homme qui raffolait particulièrement des bagarres, notamment au hockey.

« Il était tout simplement drôle. Il n’essayait pas de l’être, il l’était, tout simplement, a dit Touchette. Que ce soit sur un terrain de balle ou à la patinoire, il vivait tout de manière tellement intense. Il devenait possédé — c’est quasiment le mot.

« Vous savez, les bagarres, ça l’excitait au plus haut point, a-t-il ajouté. Je me rappelle une fois, c’était au Forum ou au Garden à Boston, et une bataille venait d’éclater. Il était pratiquement en transe, c’était effrayant. À tel point qu’il s’est ramassé la moitié du corps dans le vide, au-dessus de la galerie de presse. C’est le journaliste Gus Lacombe qui l’a empêché de tomber. Il adorait les bagarres, particulièrement celles entre Pierre Bouchard et Stan Jonathan. »

Quant à Ménick, il s’est souvenu d’Émond comme étant rassembleur. Il s’est dit attristé d’avoir appris que l’ancien chroniqueur vivait ses derniers moments, lors d’un entretien au téléphone mardi avec l’un des fils de M. Émond.

« Guy, c’était un gars de gang, a évoqué Ménick. Il venait ici se faire couper les cheveux, et chaque fois qu’il faisait un événement il m’appelait pour m’inviter. Guy Émond était une inspiration pour tout le monde, même si à un certain moment il s’est oublié là-dedans. C’était un gars de sports, un gambler, et pour lui, la vie consistait à s’amuser et rendre son entourage heureux. »

Au long de sa carrière, qui a commencé au début des années 1960, Guy Émond s’est fait largement connaître au Québec, surtout pour ses chroniques et ses propos très colorés. Sa chronique quotidienne dans Le Journal de Montréal abordait une multitude de sujets, surtout le hockey, la boxe et les courses de chevaux, mais elle contenait aussi une foule de potins et d’observations sur une multitude de personnes, connues ou non.

Le Canadien a d’ailleurs publié un message, accompagné d’une photo de Guy Émond, pour lui rendre hommage sur son compte Twitter officiel en fin de matinée. L’ex-directeur général du Tricolore, Serge Savard, n’a d’ailleurs pas tari d’éloges à son endroit.

« Guy, c’est le premier journaliste que j’ai connu lorsque je suis arrivé à Montréal à l’âge de 15 ans, a relaté Savard. Il s’assoyait avec nous dans l’avion, dans l’autobus et il participait à nos parties de balle promotionnelles. Je l’ai aussi fréquenté dans le domaine des courses de chevaux, parce qu’il en était maniaque. C’était aussi un très grand ami du lutteur “Mad Dog” Vachon. C’était un passionné de tous les sports. »

En marge de son travail, Guy Émond a aussi été chanteur de musique country et un joueur assidu de balle molle, ayant participé à une foule de matchs et de tournois servant à recueillir des fonds pour des organismes de charité.

Guy Émond laisse dans le deuil ses deux fils, Dany et Jean-Marc, trois petits-enfants et deux arrière-petits-enfants.