Deux années d’introspection ont mené à la nouvelle image des Alouettes

«La décision première était d’explorer notre identité, de trouver quel était l’ADN des Alouettes», a expliqué le président du club, Patrick Boivin.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne «La décision première était d’explorer notre identité, de trouver quel était l’ADN des Alouettes», a expliqué le président du club, Patrick Boivin.

Les Alouettes de Montréal dévoileront vendredi leur nouvelle image de marque, l’aboutissement de près de deux années d’introspection et d’analyses qui ont servi à définir l’ADN du club et sa place au sein de la communauté. Son président, Patrick Boivin, et toute son équipe sont fébriles à quelques jours de la présentation du résultat de tout cela.

« Le logo, l’image, tout le volet esthétique, c’est un peu une finalité. La décision première était d’explorer notre identité, de trouver quel était l’ADN des Alouettes, a-t-il expliqué au cours d’une longue entrevue accordée à La Presse canadienne depuis son bureau de la rue Robert-Bourassa. Ce qu’on remarquait, c’est que tout le monde avait du mal à définir ce qu’étaient les Alouettes à ses yeux. Une des conclusions auxquelles on est parvenus, c’est qu’on se définissait trop par le produit sur le terrain. Ça ne peut pas être que ça, car une équipe sportive va connaître des hauts et des bas.

« L’autre constat parallèle à tout ça, c’est qu’on a besoin de renouveler nos partisans. On a bâti une bonne base de partisans, mais pas autant que nous aurions dû. Là, on a une nouvelle génération de partisans qu’il fallait reconquérir. Elle ne consomme pas le sport de la même façon. Il fallait trouver de quelle façon les approcher, pas seulement leur dire de venir voir une équipe qui gagne, car à travers les cycles du sport, ça pouvait nous faire défaut. […] On a par le fait même découvert qu’au niveau esthétique, il y avait peut-être une occasion de se renouveler. »

Les Alouettes ont offert un avant-goût de ce dont aura l’air le nouvel uniforme en publiant une photo du secondeur et joueur par excellence de la dernière campagne Hénoc Muamba, à l’automne. Muamba porte les nouvelles couleurs du club — un bleu et un rouge plus éclatants, avec des accents de blanc — sans toutefois dévoiler le nouveau logo.

« Ce n’est pas un amalgame de plusieurs concepts. Comme ce n’était pas un exercice esthétique, trouver notre ADN nous a permis de ressortir les éléments qui composeront le logo et le look, a expliqué Boivin. On a essayé d’autres couleurs — le blanc et le noir, notamment —, mais on est revenus au bleu, blanc, rouge. Après, il fallait trouver comment l’ajuster pour une nouvelle génération. Mais on a conservé cette essence bleu, blanc, rouge, qui est très montréalaise, très Alouettes. »

Ce qui est principalement ressorti de cette introspection est le caractère résilient de l’organisation, qui n’est pas sans rappeler celui des Montréalais et des Québécois, souligne le président.

« Le slogan (Toujours game) qu’on a utilisé depuis un certain temps […] nous a permis de nous ancrer dans notre univers montréalais. Il y a un élément de résilience qui est très identifié aux Alouettes : on est une franchise qui a joué dans plusieurs stades à Montréal. On est partis, puis nous sommes revenus. On joue maintenant dans un stade où on doit faire preuve de résilience. À différentes étapes de notre histoire, on s’est battus. Cet aspect-là est très important. »

Boivin est très lucide quant à ce que peuvent apporter une nouvelle image de marque et un nouvel uniforme : elles ont leurs limites.

« Non seulement [offrir de bonnes performances] ça aide, c’est primordial. Mais tout ce processus a fait abstraction des résultats. Il fallait comprendre qui nous étions afin de le mettre en marché. Les résultats des deux dernières années ne viennent certainement pas nous aider. Mais cette réflexion-là allait être faite quand même.

« Ce n’est pas une question d’oublier les vingt dernières années, mais d’aller vers quelque chose de nouveau. On a bon espoir que les gens verront les améliorations que l’on a vues dans la deuxième moitié de saison. On est persuadés que la progression se poursuivra en 2019. »

Évidemment, ces deux dernières saisons de 3-15 et de 5-13 ont eu des répercussions. Le copropriétaire Andrew Wetenhall l’a d’ailleurs expliqué en novembre : il est impératif que les ventes connaissent une croissance afin que l’aventure des Alouettes ait du sens financièrement pour son père, Robert, et lui. Mais Boivin et son groupe ne ressentent pas davantage de pression.

Par contre, la nouvelle configuration du stade Percival-Molson — quelque 7000 sièges seront bloqués et les places disponibles seront rassemblées plus près de l’action — fait en sorte que les Alouettes ont revu leurs objectifs de ventes.

« Par rapport à nos projections, ça va bien. Mais ça ne veut pas dire que ça va bien dans l’ensemble, nuance-t-il. Nous sommes toutefois assez lucides pour savoir où devraient se trouver nos ventes en 2019. Par rapport à cette évaluation, nous sommes un peu en avance. »

Trouve-t-il les partisans trop sévères à l’endroit des Alouettes ?

« Les gens sont sévères parce qu’ils ne sont pas indifférents. Quand ils ne le seront plus, quand l’indifférence s’installera, ce sera plus dangereux.

« Les gens consomment différemment, également. Même si nous avions eu de bonnes fiches sur le terrain au cours des deux dernières années, je ne suis pas certain que nous aurions quand même 17 000 abonnés de saison comme par le passé. Je ne suis pas certain que les gens sont prêts à s’engager pour dix matchs au complet. »

En attendant, l’organisation se prépare à présenter avec faste sa nouvelle image. Le dévoilement aura lieu à la Société des arts technologiques, dans une formule 5 à 7 à laquelle des joueurs des éditions actuelles et précédentes ainsi que des personnalités publiques participeront.