Novak Djokovic a frôlé la perfection face à Lucas Pouille en demi-finale

Djokovic n’a jamais ralenti la cadence contre le Français Lucas Pouille.
Photo: Peter Parks Agence France-Presse Djokovic n’a jamais ralenti la cadence contre le Français Lucas Pouille.

Le Serbe Novak Djokovic a frôlé la perfection dans son match de demi-finale à l’aréna Rod-Laver vendredi. Il n’a pas raté grand-chose. Il en était presque incapable, en fait.

Il s’agissait d’une performance si impeccable, si fantastique, qu’il était facile de conclure qu’un seul homme sur la planète — l’Espagnol Rafael Nadal — a une chance d’empêcher Djokovic de devenir le premier joueur de l’histoire à gagner les Internationaux d’Australie pour une septième fois. Comme par hasard, c’est cet homme que Djokovic affrontera en finale dimanche.

Djokovic n’a jamais ralenti la cadence, pas une seule seconde, tout en commettant seulement l’inimaginable total de cinq erreurs directes, chemin faisant vers une victoire de 6-0, 6-2, 6-2 contre le Français Lucas Pouille.

Les trois manches n’ont duré que 83 minutes.

« Je suppose que vous êtes mené par une force quelconque qui prend le dessus, et vous vous sentez divin. Vous avez l’impression de vous retrouver dans une dimension différente », a décrit Djokovic.

« C’est une sensation assez incroyable que nous essayons tous d’atteindre et de conserver. Probablement que le plus grand défi, je pense, sera de répéter cela, de trouver la manière d’y demeurer aussi longtemps que possible. »

Ce fut une prestation hors pair. Hors de l’ordinaire.

« Quand il joue de cette façon, oui, il est le meilleur au monde. C’est sûr », a résumé Pouille, 28e tête de série.

Dimanche, Djokovic fera donc face à son vieux rival, Nadal, pour la 53e fois de leur histoire sur le circuit masculin, et la 8e dans une finale du Grand Chelem.

Ce sera Djokovic, le favori et détenteur de 14 titres du Grand Chelem, dont les deux derniers, contre Nadal, deuxième tête de série, qui compte 17 sacres lors de tournois majeurs. Roger Federer, avec 20, est le seul à les dépasser.

« Il n’y a aucun doute que je voudrais acheter un billet », a lancé Djokovic à la foule.

Le Serbe détient un léger avantage de 27-25 contre Nadal lors de leurs affrontements, bien que Nadal domine 4-3 en finales du Grand Chelem.

La seule autre fois qu’ils ont croisé le fer lors du match ultime à Melbourne Park, en 2012, Djokovic l’avait emporté 5-7, 6-4, 6-2, 6-7 (5), 7-5 en 5 heures 53 minutes, faisant de ce match la plus longue finale de l’histoire des tournois du Grand Chelem.

« Ce fut une expérience sans pareil, a déclaré Djokovic en parlant de cet affrontement. J’espère que l’issue sera la même pour moi. »

De la façon dont les deux hommes jouent en ce moment, ce rendez-vous pourrait bien devenir un autre classique. « Rafa, a déclaré Pouille, a l’air assez formidable aussi. »

En effet, Nadal a été remarquable lors de sa victoire de 6-2, 6-4, 6-0 contre Stefanos Tsitsipas jeudi soir. À la recherche d’un deuxième titre en carrière à Melbourne, Nadal n’a toujours pas concédé un seul set depuis le début du tournoi.

Vingt-quatre heures plus tard, Djokovic a joué comme s’il avait voulu lancer le message suivant à Nadal : « Tout ce que tu peux faire, je peux le faire encore mieux. »

Djokovic en était à une 34e participation à une demi-finale d’un tournoi majeur et il a signé une dixième victoire d’affilée. Pouille, 24 ans et dont l’entraîneure est sa compatriote et ancienne numéro un mondiale Amélie Mauresmo, vivait pareille expérience pour la toute première fois.

Le plan de match, a relaté Pouille après son échec, était d’attaquer et de jouer le rôle d’agresseur pendant les échanges. On repassera…

« J’essayais de trouver une solution, mais j’en ai été incapable. Je n’ai pas pu mettre une stratégie en place. »

Par un temps nuageux et légèrement venteux, le vaste écart en matière d’expérience et de réalisations est rapidement devenu évident, alors que Djokovic a signé un septième triomphe en autant de tentatives à Melbourne Park.

Il n’a également jamais perdu en finale en Australie, ses six titres le plaçant à égalité avec l’Australien Roy Emerson (entre 1961 et 1967) et Federer.

« Tout a fonctionné comme je l’avais imaginé avant le match, a déclaré Djokovic. Et même davantage. »

À l’exception d’une chute commise alors qu’il tentait de changer de direction, qu’est-ce qui n’a pas fonctionné pour Djokovic vendredi ?

Il a gagné 25 des 34 points au deuxième service de Pouille et réalisé sept bris. Il a gagné 45 points sur 53 à son service sans jamais faire face à une seule balle de bris. Il a même inscrit un as sur une deuxième balle.

Qu’il ait commis si peu d’erreurs tout en prenant assez de risques pour réaliser 24 coups gagnants est remarquable.

Il a fallu plus de 30 minutes à Pouille pour gagner un premier jeu. Lorsque c’est arrivé, les spectateurs ont crié, croyant possiblement qu’ils verraient un duel plus compétitif et plus long.

Ça ne s’est jamais matérialisé.

On était loin de l’édition de 2018 des Internationaux d’Australie quand Djokovic s’est incliné au quatrième tour en raison d’une douleur au coude droit.

Peu de temps après, il s’est fait opérer. Puis, s’est amorcée la remontée jusqu’au sommet.

« C’était très improbable, il y a 12 mois, que je serais ici aujourd’hui, un an plus tard. Je l’ai déjà dit, j’ai toujours beaucoup cru en mes moyens, et la confiance en soi finit toujours par l’emporter. »