Le Canada amorce la défense de son titre au Championnat mondial de hockey junior

L’attaquant québécois Maxime Comtois est le seul à avoir déjà porté les couleurs de l’équipe à ce tournoi.
Photo: Chad Hipolito Associated Press L’attaquant québécois Maxime Comtois est le seul à avoir déjà porté les couleurs de l’équipe à ce tournoi.

Depuis plus de 40 ans, le Championnat mondial de hockey junior constitue une tradition du temps des Fêtes et nul doute que les joueurs du Canada voudront poursuivre leur tradition de succès lorsque le tournoi est présenté devant leurs partisans.

Après avoir dramatiquement vaincu la Suède en finale du tournoi, en janvier 2018, le Canada amorcera la défense de son titre contre le Danemark, mercredi, au Rogers Arena de Vancouver.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’air canadien ne nuit pas aux représentants de l’unifolié. Le Canada n’a jamais été exclu du podium lors des 13 représentations du tournoi au pays, gagnant au passage six médailles d’or. Il avait notamment remporté les grands honneurs en 2006, lorsque la Colombie-Britannique a accueilli l’événement pour la seule fois de son histoire.

C’est toutefois un groupe inexpérimenté qui tentera de mener le Canada vers une 18e médaille d’or, alors que l’attaquant québécois Maxime Comtois est le seul à avoir déjà porté les couleurs de l’équipe à ce tournoi. Comtois a d’ailleurs été nommé capitaine de l’équipe et il est le premier Québécois depuis Kristopher Letang, en 2007, à recevoir cet honneur.

Malgré tout, l’entraîneur-chef Tim Hunter pourra compter sur des joueurs qui n’en sont pas à leurs premiers au hockey international. Vingt des 22 joueurs ont déjà endossé l’uniforme canadien dans des tournois d’envergure internationale et 10 ont été sélectionnés en première ronde du repêchage de la LNH. Sept d’entre eux détiennent notamment les fonctions de capitaine au sein de leur équipe junior respective.

Hunter a mentionné qu’il souhaitait voir ses hommes transformer cette pression en énergie positive.

« Ces jeunes ont grandi en voulant arborer le chandail d’Équipe Canada junior le 26 décembre et de compétitionner dans cet environnement, a-t-il indiqué. C’est un privilège d’être à ce tournoi et de jouer pour le Canada. Nous voyons ça comme une belle occasion et non comme s’il y avait beaucoup de pression et de grandes attentes. »

Après avoir vaincu difficilement la Suisse lors du premier match préparatoire, le Canada a rebondi de belle façon contre la Slovaquie. Le manque de finition et quelques ratés sur les unités spéciales ont toutefois guidé la Finlande vers un gain de 5-2 lors de la dernière partie préparatoire.

Néanmoins, Équipe Canada junior ne cesse de s’améliorer et de développer une chimie selon l’attaquant Jack Studnicka.

« Il y aura tellement d’émotions à ce tournoi, des hauts et des bas, a affirmé le choix de deuxième tour des Bruins de Boston en 2017. Tu dois trouver cet équilibre émotionnel et garder les yeux sur ton jeu et ta tâche à accomplir. Il y a assurément un processus d’apprentissage et nous commençons à nous trouver un peu plus sur la patinoire. »

Lors de la première journée du camp de sélection, Hunter a insisté sur le fait qu’il s’attendait à ce que l’équipe canadienne soit une des plus rapides de son histoire à ce tournoi. Il a ajouté qu’il voulait que ses joueurs pensent et agissent avec vitesse sur la patinoire.

La créativité du Canada à l’attaque a rarement été remise en question par le passé et avec les défenseurs Evan Bouchard, qui a commencé la saison dans la LNH avec les Oilers d’Edmonton, Noah Dobson, Ty Smith et Josh Brook, un espoir du Canadien de Montréal, la rondelle devrait sortir de la zone rapidement en relance.

La clé du succès pourrait donc retomber sur les épaules des gardiens Michael DiPietro et Ian Scott. Depuis 2005, chaque fois que les gardiens du Canada ont affiché le meilleur pourcentage d’arrêts du tournoi (six fois), le pays a mis la main sur une médaille d’or.

« Les deux gardiens ont effectué de gros arrêts contre la Finlande. Nous avons alloué cinq buts alors c’est difficile à dire, a déclaré Hunter à propos de l’identité de son gardien partant. Nous allons analyser la situation. C’est pour cette raison que nous avons donné du temps de glace aux deux gardiens, parce que nous croyons en eux. Aucun d’entre eux n’est en avance sur l’autre. »

Après le Danemark, le Canada se mesurera tour à tour à la Suisse, à la République tchèque et à la Russie, dans un classique du 31 décembre qui pourrait déterminer laquelle des deux formations terminera au premier échelon du Groupe A.

La Suède, les États-Unis, la Finlande, la Slovaquie et le Kazakhstan forment le Groupe B, qui disputera ses matchs au Save-On-Foods Memorial Centre de Victoria.

Les quatre meilleures équipes de chaque groupe lors de la ronde préliminaire accèdent à la phase d’élimination, alors qu’il y aura un croisement entre les adversaires pour les quarts de finale. La finale se déroulera le 5 janvier, au Rogers Arena.

Le Canadien sera bien représenté

Pour la première fois de son histoire, le Canadien pourra observer sept joueurs au Championnat mondial de hockey junior. Et ce nombre aurait pu gonfler à neuf s’il avait décidé de prêter l’attaquant Jesperi Kotkaniemi à la Finlande et si son compatriote Joni Ikonen n’avait pas été blessé.

À l’attaque, Nick Suzuki (Canada) et Ryan Poehling (États-Unis) devraient se voir octroyer des responsabilités accrues au sein des deux premiers trios de leur équipe. Jacob Olofsson (Suède) et Jesse Ylonen (Finlande) pourraient aussi s’avérer des rouages importants malgré leur première participation à ce tournoi.

En défensive, le Canada fonde beaucoup d’espoir sur Josh Brook du côté gauche. L’arrière droitier bénéficiera probablement de toute la confiance de l’entraîneur-chef Tim Hunter, qui le dirige aussi avec les Warriors de Moose Jaw. Du côté d’Alexander Romanov, qui a fait écarquiller les yeux lors de la série Canada-Russie dans la Ligue canadienne de hockey, il pourra maintenant montrer tout son savoir-faire devant un public international.

Devant le filet, Cayden Primeau pourrait hériter du poste de gardien numéro un des États-Unis. Bien connu du programme de développement américain depuis quelques années, Primeau partagera le filet avec le vétéran de 19 ans Kyle Keyser, mais aussi l’espoir de 17 ans Spencer Knight, qui pourrait être sélectionné en première ronde du prochain repêchage de la LNH.

Des visages déjà connus

Le Championnat mondial de hockey junior s’annonce très relevé cette année, car plusieurs joueurs de la LNH et de la Ligue américaine de hockey ont été prêtés à leur pays. Sans compter les joueurs évoluant dans la Ligue continentale de Russie. D’autres ont même disputé quelques matchs dans le circuit Bettman avant d’être retournés dans le junior.

Surpenamment, ce sont les Tchèques qui comptent le plus grand nombre de joueurs ayant joué chez les professionnels en Amérique du Nord depuis le début de la saison. L’attaquant Filip Chytil a amassé 13 points en 35 parties avec les Rangers de New York avant d’être cédé à la République tchèque. Les attaquants Filip Zadina, Martin Necas et Martin Kaut, tous des choix de première ronde, ont quant à eux joué dans la Ligue américaine.

Le Canada (Evan Bouchard, Maxime Comtois et Jaret Anderson-Dolan), la Finlande (Henri Jokiharju, Urho Vaakanainen et Eeli Tolvanen) ainsi que la Suède (Erik Brannstrom, Rasmus Sandin et Isac Lundestrom) suivent avec trois joueurs chacun.

Klim Kostin, pour la Russie, et Tobias Geisser, pour la Suisse, jouaient également dans la Ligue américaine avant de se joindre à leur équipe nationale.

Comme c’est le cas chaque année, des joueurs d’âge junior devront passer leur tour pour ce rendez-vous du temps des Fêtes. Les Canadiens Robert Thomas (Blues de St. Louis) et Michael Rasmussen (Red Wings de Detroit), le Suédois Rasmus Dahlin (Sabres de Buffalo), les Finlandais Jesperi Kotkaniemi (Canadien) et Miro Heiskanen (Stars de Dallas) et l’Américain Brady Tkachuk (Sénateurs d’Ottawa) n’ont pas été prêtés par leur équipe de la LNH et ils devront regarder le tournoi dans le confort de leur salon.

À surveiller

– La Suède montre un dossier de 44-0 en ronde préliminaire lors des 11 derniers tournois. Elle n’a toutefois gagné qu’une seule médaille d’or durant cette séquence, lorsque Mika Zibanejad a touché la cible en prolongation en 2012.

– Les États-Unis pourraient devenir le seul pays à gagner une médaille lors des quatre dernières représentations du tournoi.

– Dominant partout où il passe, l’attaquant américain Jack Hughes voudra consolider son titre de meilleur espoir en vue du prochain repêchage de la LNH. L’attaquant finlandais Kaapo Kakko et le défenseur suédois Philip Broberg tenteront eux aussi d’en mettre plein la vue même s’ils ne sont âgés que de 17 ans.

– Deux joueurs retiennent également l’attention en vue du repêchage de 2020 : l’attaquant canadien Alexis Lafrenière et l’attaquant finlandais Anton Lundell. Tous deux âgés de 17 ans, Lafrenière est devenu le neuvième plus jeune joueur de l’histoire d’Équipe Canada junior et il pourrait être le premier choix au total en 2020 tandis que Lundell est déjà vu comme un espoir du top-10.

– Menée par son quatuor de vétérans à l’attaque, est-ce que la République tchèque pourrait retourner sur le podium pour une première fois depuis 2005 ?