David Lemieux ne comprend toujours pas ce qui s’est passé à New York

La déception est grande pour David Lemieux, qui a assuré à son promoteur qu’il a suivi à la lettre le plan de match établi par son équipe.
Photo: Sarah Stier / Getty Images / Agence France-Presse La déception est grande pour David Lemieux, qui a assuré à son promoteur qu’il a suivi à la lettre le plan de match établi par son équipe.

David Lemieux cherche toujours à comprendre ce qui s’est passé le week-end dernier alors qu’il a dû être hospitalisé en raison des effets de la déshydratation causée par sa perte de poids, forçant l’annulation de son combat prévu contre Tureano Johnson.

« Je l’ai vu [lundi]. Pour lui, il n’y a qu’un mot : déception, a indiqué mardi Camille Estephan, président d’Eye of the Tiger Management. On est dans l’inconnu, car on ne sait pas pourquoi son corps a réagi de la sorte cette fois-ci. Pourtant, on avait suivi le même protocole à son dernier combat et tout avait fonctionné. On fait des tests et on attend de voir ce que les spécialistes vont dire. »

Pour le promoteur, il ne fait aucun doute que l’avenir de Lemieux doit passer par les super-moyens, soit à 168 lb.

« On en a parlé brièvement. Pour moi, mon idée est faite. Ce que je veux préciser, c’est qu’il a fait le poids, mais son corps a réagi, lui a envoyé le message qu’il n’est plus capable de faire ça. Il faut écouter son corps. Je ne suis pas médecin, je suis le gars de finance et de promotion dans la carrière de David Lemieux, alors je dois me fier aux spécialistes. Comme tout le monde le sait, après Québec [le combat contre Karim Achour, qui a touché une prime quand Lemieux n’a pas pu respecter le poids au contrat], je voulais qu’on passe chez les 168, mais on m’a convaincu de rester à 160. […] Je ne sais pas quoi dire de plus pour l’instant. »

La déception est d’autant plus grande pour Lemieux, qui a assuré à Estephan avoir suivi à la lettre le plan de match établi par son équipe.

« Il a fait tous les sacrifices qu’il fallait jusqu’à la dernière seconde et il n’a pas de combat. Il ne se sent pas bien par rapport à ça. Mais sa santé vient avant tout. […] On oublie parfois que des boxeurs se sont vraiment fait mal en montant dans le ring dans des situations similaires. Il faut les protéger contre eux-mêmes. David s’est obstiné longtemps avec Marc Ramsay : il voulait quand même se battre. »

S’il est trop tôt pour établir le calendrier de Lemieux pour 2019, Estephan est convaincu qu’il n’aura pas de mal à vendre son boxeur en changeant de division.

« David Lemieux est toujours très vendeur. Avec l’équipe d’entraîneurs, il faudra regarder quelle sera la marche à suivre. Moi, je vais aller leur chercher les outils. C’est différent à 168 lb, car les gars y sont plus grands. Mais si on veut se faire l’avocat du diable, on peut dire que Mike Tyson, à cinq pieds dix, « knockait des gars de six pieds six.

« Il y a des embûches dans la vie. Si tu t’y arrêtes, aussi bien tout lâcher. On va travailler fort et passer par-dessus et vous allez voir dans quelques semaines, dans un an, que ça s’est avéré positif, cette histoire-là. Oui, on voulait se battre contre Canelo, mais ce n’est pas le seul combat qui existe. »

Germain contre Claggett

Estephan n’avait pas convié les médias pour parler de l’état de santé de Lemieux, mais bien pour annoncer le combat entre le Québécois Mathieu Germain et l’Albertain Steve Claggett, le 26 janvier prochain, au Casino de Montréal.

Germain (16-0, 8 K.-O.) tentera alors de défendre pour la deuxième fois son titre nord-américain des super-légers de l’International Boxing Federation (IBF) face à Claggett (27-5-1, 17 K.-O.), qui avait fait subir à Yves Ulysse sa première défaite, en octobre 2017, par décision partagée.

On ne sait pas pourquoi son corps a réagi de la sorte cette fois-ci. Pourtant, on avait suivi le même protocole à son dernier combat et tout avait fonctionné.

« Il a ma ceinture : on n’a pas le choix de se battre, a déclaré Claggett par vidéoconférence au sujet du titre qu’il avait remporté face à Ulysse. Je pense que nos deux styles feront un bon combat. Il permettra de montrer aux amateurs de boxe canadiens qui est le meilleur boxeur au pays. »

« Steve Claggett dit qu’il va me passer le K.-O. Mais sur quelle planète il vit ? s’est questionné Germain. Je vais le retourner sur les bancs d’école. Je vais lui montrer ce qu’est un bon QI de boxe. »

La demi-finale aura une autre ceinture à l’enjeu, alors que Sadriddin Akhmedov (6-0, 6 K.-O.) aura l’occasion de mettre la main sur la ceinture junior du World Boxing Council (WBC) des super-mi-moyens contre un adversaire qui reste à déterminer. Le titre est actuellement vacant.

Le poids lourd Arslanbek Makhmudov (5-0, 5 K.-O.), Clovis Drolet (8-0, 5 K.-O.), Vincent Thibault (7-0, 2 K.-O.), Kim Clavel (5-0, 1 K.-O.), Raphaël Courchesne (4-0, 2 K.-O.), François Pratte (8-0), Kaemy Savoie (1-0) ainsi que le jeune boxeur de Québec Lexson Mathieu, qui effectuera ses débuts chez les professionnels, seront également en action.